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RELATIONS DES VOYAGEURS FRANÇAIS EN NOUVELLE FRANCE

Par Séraphin marion, docteur ès-lettres.

Il y eut trois ans tout dernièrement, en août 1920 pour être précis, un monsieur que je n'ai pas le courage d'appeler ^'quelconque", mais qui approchait déjà rapidement en tout cas, de l'âge appelé ' 'poivre et sel", se tenait avec quelque mélancolie sur le pont supérieur d'un transatlantique en train de se détacher des quais de Southampton pour se diriger vers Québec et Montréal. La mélancolie empreinte sur les traits de notre homme provenait de deux causes: isolement à bord, où il venait de monter au retour d'un court passage à Londres, et constatation que sa cabine de voyage était mal située et promettait une peu agréable traversée. On voit qu'il y avait de quoi rendre songeur; mais le ciel veille au bien des siens et il n'est pas vrai que ''sa bonté s'arrête à la littérature" ainsi qu'un fantaisiste l'a prétendu méchamment. Le voyageur à la triste figure n'avait pas fait trois tours de pont qu'il s'arrêtait, médusé et ravi, en face d'un autre passager venant en sens inverse: "Marion!" cria l'un. "Bilodeau!" s'exclama l'autre. C'étaient deux Outaouais qui se retrouvaient, pour ne plus se quitter de tout le voyage, grâce à l'amicale obligeance du plus jeune des deux (hélas!), qui mit la moitié de sa cabine à la disposition du revenant de Rome et autres parlements. Et voilà comment j'ai retrouvé Séraphin Marion, que ses fréauents succès d'étudiant à l'Université d'Ottawa avaient déjà fait connaître au journaliste occupé

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que j'étais, surtout jusqu'à cette date, où Fappel profond de Rome m'avait imposé d'assez pénibles séparations.

Et j 'avais là sous la main Marion tout palpitant encore de ses études parisiennes et de ses succès en Sorbonne! îi rentrait au pays avec la satisfaction du devoir accompli et la légitime fierté des parchemins obtenus de haute lutte. Il ne devait pas s'arrêter en si bon chemiin, ainsi qu'en témoigne le titre qui sert d'enseigne à ces notes et aux modestes aperçus que nous en voudrions donner. Après deux années, en effet, d'enseignement de notre langue au collège militaire de Kingston, on sait que Marion voulut conquérir d'autres lauriers et Qu'il soumit à l'Université de France une thèse écrite portant ce titre de 'T^elations des voyageurs français de la Nouvelle-France au XVIIe siècle." C'est ce travail, glorieusement couronné par la docte Sorbonne, qu'ont im.primé les 'Tresses universitaires de France", et dont nous voudrions dire un mot à l'indulgent lecteur.

L'avant-propos nous donnera tout d'abord, en quelques traits précis, la pensée maîtresse de l'auteur. ''En présentant au public, dit-il, la série d'études que contient cet ouvrage, l'auteur n'ose se flatter que d'une modeste ambition. Il s'est tracé le dessein de faire connaître, estimer et aimer à l'ancienne France la beauté de la Nouvelle-France, sa première colonie d'outre-mer. Il a voulu, sans nulle prétention, apporter aux thèses plus amples et plus copieusement documentées, une contribution de moindre envergure, mais d'intention également louable."

Il s'agissait donc de nous faire mieux connaître par la France, sans ignorer toutefois que d'autres travaux estimables, et même d'une plus large envergure, existent déjà

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