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KELATIONS DES VOYAGEURS FRANÇAIS

naufrage. Explorateur curieux, infatigable, passionné, il a su déterminer le sieur de Monts à accorder ses préférences à l'établissement sur le Saint-Laurent moyen, plutôt qu'au bassin de Port-Royal et à la presqu'île acadienne. Son coup d'œil juste a discerné les trois sites principaux: Québec, les Trois-Rivières, Montréal. S'il a fini ses excursions en 1616, ce n'est pas qu'il ait senti faiblir son zèle des découvertes; mais il a estimé suffisant le si vaste territoire qu'il a exploré, et nécessaire de le mettre au plus tôt en valeur. De fait, il a circonscrit dans ses courses les étendues habitables des provinces actuelles du Québec et de l'Ontario: il en a dessiné la carte. Colonisateur patient et prévoyant, il se penche sans cesse sur les ressources naturelles du sol... On demeure stupéfait de l'activité et des ressources de cet esprit ingénieux, obligé d'écrire et de passer la mer à tout propos, de plaider devant le Conseil le maintien du monopole, de créer des compagnies et de diriger interprètes, colons, ouvriers et ser^dteurs."

''Avant de mourir, il eut la joie d'entrevoir la prospérité prochaine de la colonie, grâce à l'affiux des excellentes familles normandes et au dévouement des missionnaires."

Ces consolations de Champlain lui vinrent en grande partie par l'influence des Relations des Jésuites, fort lues et hautement appréciées en France. ''Le thème des Relations, dit M. Marion corroborant ici le livre considérable de M. Emile Salone, traité de main de maître habile et expérimenté, expose sans art et sans recherche les données les plus imprévues: géographie et topographie, chmat et saisons, incidents de voyage, coutumes et mœurs des indigènes. Le chroniqueur attache le lecteur à sa personne car il a passé, dès le début, un douloureux hiver avec un groupe

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d'Indiens, en des circonstances éminemment pathétiques et quasi tragiques. Lui-même il a fait l'essai des premières cultures avec un merveilleux succès... Ses lecteurs lui écrivent en foule pour s'éclairer sur les ressources des belles rives du Saint-Laurent. Le chroniqueur a une réponse à tous et à chacun: nulle objection qui ne soit clairement résolue. Dès lors le résultat vient couronner ses efforts et ses espoirs. A partir de 1634, les colons, ou les familles de colons, affluent de Paris, du Perche ou de la Beauce, de la Normandie, de l'Anjou, du Poitou: petite noblesse, roturiers, artisans, ouvriers et paysans. Bien plus, les Relations étalent aux yeux des grands les œuvres nécessaires... Le Père LeJeune a su toucher le cœur de la duchesse d'Aiguillon et de Mme de BuUion, de Mme de la Peltrie, de M. de Puiseaux et de Noël Brulart de Sillery, de M. de la Dauversière etc. Ces bienfaiteurs et bienfaitrices ouvrent largement leurs bourses et payent même de leur personne en passant dans la colonie: ainsi se fondent les petites écoles le couvent des Ursulines, l'Hôtel-Dieu, la réduction de Sillery... Ce sont aussi les Relations qui ont été les inspiratrices de la Société de Notre-Dame de Ville-Marie. Elles ont stimulé le recrutemient du personnel dirigeant qui a créé le noyau de la métropole florissante de nos jours.

''Quelle œuvre surprenante! Il suffit d'un rapprochement élémentaire des dates pour la mettre en relief: en 1632 une seule famille occupe la capitale coloniale, en 1642 cinquante foyers au moins ont établi leurs feux à Québec, aux Trois-Rivières, à Ville-Marie!"

Évidemment, cinquante foyers, c'est quelque chose, mais M. Salone lui-même admet que vingt ans après, la colonisation n'avançait encore qu'à pas d'enfant en lisière, et

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