RELATIONS DES VOYAGEURS FRANÇAIS
a dû acquiescer avec un sourire indulgent et plein de réminiscences...
Suivrons-nous maintenant notre auteur jusqu'au Mississipi avec Nicolas de la Salle? L'espace, vraiment, commence à nous manquer et il faut bien aussi laisser quelque chose à découvrir au lecteur. Du reste, il n'est question que de coups de canon là-dedans, et l'assassinat du découvreur, courageux mais peu diplomate, attriste les pages dernières. Plus consolant est le récit des courses du chevalier d'Iberville, vrai Bayard canadien qui se repose des froids hudsoniens en relevant le tracé des bouches du Mississipi et s'en voit décoré de Tordre si convoité de Saint- Louis. En tous ces récits, dans toutes ces relations flotte l'atmosphère héroïque de la Geste de Dieu par les Francs que ceux de notre sang ne se lasseront jamais d'accomplir. Sans en avoir l'air, et avec une sim^plicité qui s'élève parfois par grands coups d'aile jusqu'au ton inspiré de la grande histoire, M. Marion emmène et garde son lecteur attaché à la vie ambulante de nos grands ancêtres, et d'un bout à l'autre de son œuvre on sent comme un rythme émouvant de gloire et de fierté. ''0 notre histoire!" s'est écrié l'un de nos grands aèdes; il semble en effet que le souffle puissant qui s'en dégage se répande invinciblement dans toute œuvre consacrée à l'un quelconque de ses aspects, découverte ou fondation, humble défrichement ou exploration lointaine. C'est à cet ''écrin de perles ignorées" que s'est attachée l'attention passionnée du jeune lauréat de la Sorbonne, et il est juste que nos encouragements affectueux ne lui fassent pas défaut dans la carrière, car la patrie canadienne, a maintenant le droit de compter, de sa part, sur un persévérant et fructueux labeur aux champs glorieux de son histoire.
Ernest Bilodeau.
308 l'action française