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QUEBEC, LONDRES ET L'ORIENT

Dans le Québec, la langue française est à la fois victime d'un manque de sens politique et d'un défaut de courtoisie. Le défaut de courtoisie se trouvant chez les Anglais, on ne peut guère y rem.édier. Il faut aller en Angleterre pour trouver des égards à l'endroit du français. Demandez à Londres, et notamment à la gare Charing Cross, des billets pour la France et vous constaterez que l'on vous remet des billets bilingues. Ici, quand la loi Lavergne fut votée, on vit les compagnies de chemins de fer et de transport protester et combattre la loi au Parlement !

Comme c'est chez nous que se trouve le manque de sens politique, nous pouvons donc travailler à l'acquérir. Faut-il dire qu'il existe ailleurs le sens politique ? Prenons deux exemples en Orient. A peine les Anglais avaient-ils reçu le mandat de la Palestine que leur langue était placée sur les timbres-poste. A peine le traité de Lausanne avaitil été signé, que les Turcs exigeaient que leur langue fût employée dans toutes les légendes des cinémas de Constantinople, qu'ils ordonnaient également l'usage du turc dans les raisons sociales !

Quand aurons-nous assez de sens politique pour réclamer unanimement l'emploi du français dans le Québec? Sans doute certaines personnes le font. Mais les nouvelles expériences de notre excellent ami, M. C. Manseau, prouvent qu'un trop petit nombre de Canadiens français exigent, comme lui, l'usage du français. Il lui a fallu montrer les dents, cet été, pour avoir des menus français ou bilingues, sur les chemins de fer de l'État et dans les bateaux de la compagnie Canada SteamsMp, et aussi pour se faire répondre

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en français par certains employés de ces mêmes compagnies. M. Manseau nous pardonnera bien de l'avoir nommé, mais nous voulons en le félicitant, inviter tous les Canadiens français à suivre un exemple concret. Il faut que petit à petit ce sens politique, que possèdent les gouvernants des États souverains, passe dans l'esprit de nos gens, et qu'ils sachent exiger unanimement ce que les Anglais nous refusent parfois par manque de courtoisie. Et surtout que le rouge ne leur monte pas au visage quand un subalterne anglais — c'est souvent un Irlandais — ajoute la sottise du sophisme à l'obstination passive ! Qu'ils répliquent alors que ce qui est bon en Palestine pour les Anglais n'est pas mauvais ici pour les Canadiens français !

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