COMTES
Nord 693,407 433,361 159,528
Sud 1,560,092 657,637. 151,190
Ecosse 180,123 139,208 91,495
Pays de Galles 121,742 94,832 140,745
Irlande 30,743
Total 5,511,970 2,830,220 1,247,211
Travail-
Indépen
listes
dants
A raison du principe majoritaire et du tour unique de scrutin, la majorité conservatrice ne représente qu'une minorité de la nation (5 millions d'électeurs sur plus de 20 millions). Cette minorité de voix se transforme en une majorité de sièges parlementaires. I;a victoire de M. Bonar Law pourrait bien être un "accident heureux".
L'Inde pendent Labour Party décimé aux élections de 1918 a pris sa revanche. L'I. L. P. comptait, il y a 4 ans, 2 élus sur 50 candidats. Aujourd'hui, il enregistre 32 succès sur 55 candidatures. Pacifistes et adversaires de la conscription regagnent la faveur des électeurs, gravement éprouvés par le chômage. Ainsi, en Ecosse, les voix tra-
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vaillistes passent de 300,000 à 500,000. Le Travail double sa représentation parlementaire, augmente ses effectifs et modifie sa composition.
Les ^'intellectuels'' et les trade-unionistes dirigeront l'opposition parlementaire en attendant de diriger le gouvernement. Leur manifeste, publié au lendemain des élections, proclame l'indépendance du parti : ''Le 'parti travailliste est V héritier des anciennes traditions radicales. Dans le passé, les radicaux assuraient les succès électoraux du parti libéral, mais c^est aux Whigs que revenait h pouvoir. Au]ou7'd'hui tous les éléments avancés... se rallient au parti travailliste... Dans la nouveVe Chambre des Communes, le parti travailliste occupera la seconde place; il a bon espoir de trio7npher aux élections suivantes sur les conservateurs.''
Plusieurs élus travaillistes sont déjà connus: M. David Kirkwood est un socialiste révolutionnaire auquel le gouvernement interdit, durant la guerre, de séjourner dans le bassin de la Clyde; M. Shinwell professe les mêmes doctrines; M. Walhead a déjà été emprisonné à la suite d'un discours violemment pacifiste; M. Sidney Webb jouit d'une grande popularité chez les socialistes; M. Georges Lansbury est un journaliste qui reprend une carrière politique interrompue en 1912. MM. Philip Snowden, Arthur Ponsonby, Patrick Hastings, etc., soutiendront M. Ramsay McDonald, élu chef du parti contre M. Clynes. Le nouveau "leader" est un ancien libéral devenu socialiste. Il connaît les secrets de la tactique parlementaire auxquels il initiera et entraînera ses partisans.
La Chambre actuelle renferme en outre un député conmiuniste et deux représentants féminins : la vicomtesse Astor, réélue à Plymouth çt Mrs. V/intringham, réélue à Louth. Les électrices ne se sont pas abstenues de voter
Elles ont refusé leurs voix aux candidats de leur sexe et soutenu conservateurs et travaillistes.
M. Bonar Law a formé, avant la dissolution du Parlement, un ministère où les membres de la Chambre Haute occupent cinq secrétariats d'État sur six. Lord Curzon et Lord Derby ont de l'expérience et du mérite. Leurs qualités les recommandaient. Les autres lords ne possèdent que leur titre et beaucoup d'argent. C'est du moins l'avis de M. Hamilton Fyfe qui raille le cabinet conservateur. Le premier ministre inaugure une politique nettement réactionnaire. Sur l'initiative des travaillistes, la Chambre des Communes étudie, le 30 novembre 1922, les mesures envisagées par le gouvernement pour remédier à la crise du chômage. MM. Hastings et Clynes font ressortir les insuffisances du projet gouvernemental. Sir John Simon, libéral, dépose une motion tendant à l'abrogation de l'Acte de sauvegarde des industries qui apportait certaines entraves au commerce britannique. Cette motion est repoussée par 271 voix contre 209 qui se répartissent ainsi :
Pour l'abrogation Contre l'abrogation
Travail.-. 122
Libéraux indépendants. 58
Libéraux nationaux.. 21 2
Conservateurs 4 269
Indépendants. 3
Nationalistes. 1
Ce vote des Communes est une indication. Le gouvernement aurait pu disposer d'une majorité de 80 voix. Cette majorité fut réduite à 62. Et encore, plusieurs libéraux étaient absents ou n'ont pas voté. Il est probable que
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toute tentative pour élargir les mesures protectionnistes, pour résoudre la question sociale, pour rétablir l'influence des Lords gravement atteinte par le Parliament Ad se heurtera à une opposition compacte formée des travaillistes et des libéraux.
Le gouvernement actuel est faible. Il se maintiendra peut-être avec des prodiges de prudence. Il ne saurait empêcher la marche en avant du parti travailliste. Ces progrès socialistes sont conformes à l'évolution politique de l'Angleterre. Depuis la Réforme parlementaire de 1832, ce pays, avec des sursauts de réaction, glisse vers le radicalisme. Le triomphe des idées socialistes entraînera, selon toute vraisemblance, l'effondrement de l'édifice impérial.
Jean Dés y.
Faute d'espace, nous sommes obligés, au dernier moment, de renvoyer à notre prochaine livraison, un article de M. Harry Bernard sur Ames et pays ges de notre collaborateur M. Léo-Paul Desrosiers. Nous voulons cire tout de suite cependant le bien que nous pensons de cet ouvrage oii se manifeste, comme toujours, l'un de nos plus vigoureux et plus souples talents.