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LES ^'COMPAGNONS DE LA PETITE SCÈNE

Ils ont fait leur débuts, le 3 avril dernier, avec le Mort à Cheval d'Henri Ghéon. Le dife< teur de l'Action française appelé à présider cette représentation, a loué, comme il convient, l'heureuse initiative

des Compagnons de la petite scène. C'est un noble effort pour nous doter d'un théâtre pour bonne compagnie et où l'on jouera des pièces qui appartiennent vraiment à la littérature. Les artistes qui avaient fait un si beau succès à Contre le flot de Magali Michelet, auront révélé à notre public, et de la façon la plus heureuse, le théâcre d'Henri Ghéon. Qu'ils s'en tiennent à l'excellente inspiration qui les a fait se grouper. Nous croyons savoir qu'ils préparent pour la saison prochaine, un programme de représentations théâtrales où il entrera même du classique. Qu'ils ne craignent pas d'oser. S'ils parviennent à purger Montréal des troupes de trente-sixième ordre qui viennent nous servir le plus bas théâtre de Paris, ils auront rendu un immense service à la morale et à la raison latine.

La jeunesse, la lutte pour la langue, nos députés

Deux interventions courageuses méritent d'être citées à l'ordre du jour : celle du cercle de Saint-Henri de rA.C.J.C. auprès du ministère fédéral du commerce et celle de notre groupe d'étudiants d' Action française auprès de la Commission du Havre de Montréal. Les uns et les autres ont fini par gagner leur point et nous les en félicitons chaudement. Voici ce que nous raconte, pour sa part, M. Jean Bruchési :

"Le Cercle d'Action française des étudiants de l'Université de Montréal a fait récemment une démarche couronnée de succès. Il s'agit toujours de la langue française dont les droits menacés ou négUgés ne peuvent être maintenus que par une vigilance continuelle.

''Le 21 février dernier, le Cercle écrivait à M. Êmilien Daoust» commissaire du port de Montréal. "Nous avons constaté que la Commission du Port dont vous êtes l'un des membres, fait mettre en anglais seulement toutes les indications dans l'index du téléphone." On demandait à M. Daoust d'intervenir au nom de la langue française. Un long silence fut la seule réponse. Ce que voyant, le Cercle s'adressait à l'honorable Ernest Lapointe, ministre de la Marine, et renouvelait sa demande, en soulignant la première lettre adressée à M. Daoust. La réponse ne se fit pas attendre, et le 14 mars le ministre écrivait: "La Commission du Havre est tout à fait indépendante de mon ministère, mais tout de même, je me ferai un plaisir de communiquer avec eux à ce sujet". Cette fois, "la très sérieuse considération" ne fut pas un vain mot, et le 3 avril, M. Daoust annonçait au Cercle, la décision des

Commissaires du Havre qui donnaient ''instruction à la Compagnie du téléphone de publier dans les deux langues les indications concernant 1p Comfuission, dans le prochain numéro de l'index téléphonique".

"11 appert d'une lettre adressée au ministre par M. Daoust, que l'honorable Lapointe s'est occupé personnellement de la question, ce qui est tout à son honneur. Que conclure de cela, sinon qu'avec de la persévérance et une petite dose de patriotisme, on manque rarement le but ?"

Fn lisant de telle pièces, nous n'avons pu nous empêcher de penser avec beaucoup de mélancolie : voilà autant de besognes qui devraient être faites par nos députés du parlement fédéral. Ils sont plus d'une cinquantaine à Ottawa. Que font-ils ? Ce sont des associations indépendantes, ce sont leurs électeurs oui doivent faire leur travail. Nous connaissons les banales excuses derrière lesquelles on se retranche ; "Il faut user de prudence; il ne faut rien briser; il faut tenir compte des difficultés, etc.." A tous ces marchands de pusillanimité nous nous permettons de demander si une phalange de 50 députés irlandais ferait voir dans les questions nationales, l'esprit soumis et timoré de ce bloc solide de 50 députés canadiens-français. Ah ! qu'il y a tout de même des comparaisons humiliantes. Quand donc verrons-nous poindre la génération qui nous guérira de la peur et mettra sa confiance au courage !

LA REVUE

Voici de bonnes nouvelles pour nos abonnés et nos amis. L'Action française aura recruté plus de 500 abonnés depuis le mois de décembre dernier. Ce succès, nous le devons, sans doute, pour une bonne part, à notre excellent propagandiste, M. Gaston Jolicœur. Nous le devons aussi à quelques-uns de nos jeunes amis, tel Noël Dorion de Québec, qui vient de nous envoyer sa douzaine d'abonnements. Si l'espace ne faisait défaut à Jacques Brassier, qu'il serait heureux de citer quelques parties des lettres si encourageantes, trop élogieuses qu'on nous écrit. Citons pourtant celle-ci qui nous vient d'un jeune compatriote de Fribourg en Suisse: ^^L' Action française resserre de plus en plus les liens qui m'attachent au pays. Je me fais un plaisir de la passer à mes amis. Français, Irlandais, Lithuaniens ou Polonais qui tous s'étonnent de l'esprit patriotique et du zèle qui animent les ( ollaborateurs de V Action française."

Jacques Brassier.

MOT D'ORDRE laction française

^li ^ ^^^*^^ MAI 1923

de l'Action française

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