A PROPOS D'INSTRUCTION OBLIGATOIRE
Ce volimae, grand format, de cent vingt pages, contient une série d'études sur la situation scolaire de la province de Québec, envisagée surtout en fonction des projets d'instruction obligatoire. Deux des appendices se rattachent de façon particuhère aux grands thèmes traités dans notre revue : Le status scolaire des catholiques de langue anglaise dans la province de Québec et le status scolaire de la minorité protestante dans la province de Québec (réponse à M. J.-A. Nicholson, de l'Université McGill).
Ce nouveau livre de M. Magnan se vend 50 sous l'exemplaire, franco; à la douzaine, $5; au cent, $3ô, frais de port en plus.
1 Nous ferons ime petite remarque à propos d'un passage de la page 205 : l'auteur y loue les « Pères », Cartier en particulier, d'avoir introduit la religion dans nos Lois, et il oppose leur conduite sur ce point aux « Pères » de la constitution américaine qui est neutre devant les dénominations religieuses, et tout à fait un-sectarian, comme on dit. Et c'est juste. Mais l'auteur, à cet endroit, parle de l'athéisme officiel, comme si cela se rapportait aux États-Unis, ou du moins l'on peut presque inférer, à cause du contexte, qu'il s'agit des États-Unis. Ce ne fut jamais sa pensée, puisque les États-Um's, officiellement, reconnaissent l'existence de Dieu et l'invoquent. Chaque congrès s'ouvre par une prière. Dans une prochaine édition, l'auteur voudra sans doute dissiper ce qui peut prêter ici à vm malentendu.
2 A PROPOS D'INSTRUCTION OBLIGATOIRE.— La situation SCOLAIRE DANS LA PROVINCE DE QuÊBEC, suivics d'appeudices docuinentaires, par C.-J. Magnan, Québec, 1919.
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L'ANGLAIS ET LE FRANÇAIS M. l'abbé Henri Beaudé {il n'j- a guère d'indiscrétion à noter que tel est le nom véritable de notre collaborateur Henri d'Arles,) a récemment prononcé devant une assemblée des représentants du comité d'américanisation du New Hampshire et de l'association dite Canadoaméricaine, un important discours dont nous extrayons le passage ci-dessous :
« La vérité est dans cette thèse, d'une justesse absolue, irrécusable, et développée au long, avec preuves à l'appui, dans rou\Tage magistral de M. Jusserand, ambassadeur de France auprès des États-Unis, et intitulé « Histoire Littéraire du Peuple anglais. » ^L Jusserand démontre ce point d'histoire à savoir : que la langue anglaise est née de la langue française. Pendant les trois siècles qui ont sui\n la conquête de l'Angleterre par les Normands, le français a été parlé, non seulement à la cour et parmi les nobles, mais dans toute l'étendue du roj'aiime. Et n'est-il pas également prouvé que toute l'Ecosse s'était francisée d'elle-même sous la douce et pacifique influence de l'infortunée reine Marie Stuart '? Puis, par l'effet d'une de ces évolutions mystérieuses qui sont à la base de tous les parlers des peuples modernes, le français qui régnait et florissait en Grande-Bretagne a subi peu à peu une lente tran.sformation; il a en quelque sorte été jeté dans le creuset populaire et 3' a rencontré un apport plutôt faible de mots saxons; et c'est du mélange, de la fusion de ces deux idiomes qu'est sorti ce que l'on appelle l'anglais. Mais le français a prédominé dans la création de ce nouveau verbe qui est venu varier la physionomie hnguistique de l'Europe.
L'anglais est en puissance du français. Et de même que les plus grands philologues, un Ferdinand Bnmot par exemple, définissent ainsi le français : « Le français, c'est du latin parlé », — nous pouvons définir l'anglais : « L'anglais, c'est dufrattçais prononcé dijjéremmeiit. » Dans le vocabulaire anglais, l'on compte jusqu'à 25,000 mots qui ont été empruntés au nôtre et qui ont passé dans le parler britannique sans presque subir de modification. En sorte que la langue anglaise est tributaire de la nôtre dans son existence et sa formation. Et ceci explique que celui qui sait le français puisse si facilement apprendre l'anglais. Possédant le français, il maîtrise les éléments, les principes tlesquels l'anglais a jailU, il est à la source de ce parler, et, pour arriver à le connaître, il n'a plus qu'à se laisser aller au courant et qu'à descendre avec le flot originel. De même que celui qui sait le latin tient la
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clef qui lui permet de pénétrer de plain-pied dans l'édifice du français, de même celui qui sait le français a l'instrument qui lui ou^Te les portes de l'anglais. Et l'on remarque que tous ceux des écrivains anglais qui se sont donné une culture française ont une maîtrise de leur langue qui leur confère une supériorité éclatante sur les autres. Et pourquoi ? Si ce n'est parce qu'ils se sont donné la peine de remonter à la source même de leur langue et de leur art. Voici deux nations germaniques : l'Angleterre et l'Allemagne. L'une produit son plus grand poète — Shakespeare, — arrive à la suprême efflorescence de son génie national dès l'époque de la Renaissance; — l'autre ne produit le sien — Goethe — que trois siècles plus tard, à la fin du XVIIIe. — Pourquoi le développement intellectuel de l'une a-t-il été si hâtif, et pourquoi l'autre a-t-elle été si lente avant d'atteindre au sommet ? La raison en est que l'Angleterre, grâce à la conquête normande, a été pénétrée de bonne heure de ce génie latin qui a mis en effervescence le génie national; dans ce contact prolongé avec une civilisation héritière de toutes les richesses classiques, son âme s'est réveillée, assouplie, ouverte à la Beauté antique, et, à une heure donnée, Shakespeare a paru qui a incarné et synthétisé tout ce que la race saxonne devait au monde gallo-romain. Tandis que l'Allemagne, qui n'avait pas eu cette chance de subir les infiltrations lumineuses et excitatrices d'un génie supérieur, l'Allemagne, abandonnée à sa lourdeur native, n'a donné sa plus belle fleur de Beauté que des siècles plus tard.
« Cela étant, je dis que votre comité, messieurs, n'arrivera jamais plus sûrement et plus directement à ses fins. — répandre la connaissance de l'anglais, langue officielle du pays, — qu'en nous laissant bien libres d'enseigner à nos enfants le français, tout comme auparavant, et même plus largement encore. »
Ce discours, avec quelques autres pièces, sera prochainement publié en tract par la Ligue du Ralliement franco-américain et sera en vente à nos bureaux, aux prix ordinaires de notre série orange : 10 sous l'exemplaire, SI. 00 la douzaine, $8.00 le cent, frais de port en plus.
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