JEANNE MANCE ET LA FONDATION DE MONTREAL
Nos glorieux anniversaires se groupejit en ce moment à la façon dhine gerbe exquise. L'ancienne floraison d'héroïsme s'épanouit de tous les côtés à la fois. C'est au matin du 18 mai, le souvenir de la fondation de Ville-Marie, l'évocation du geste créateur de Jérôme de la Dauversière et de Jean-Jacques Olier, de Maisonneuve et de Jeanne Mance. La sainteté, la vaillance, la claire intelligence des réalités extérieures s'unissent autour de ce fait. C'est encore, durant une belle journée de mai, la commémoration des morts du Long-Sault, la vision persistante des jeunes et purs chevaliers, de Dollard et de ses preux, « couchés dessus le sol à la face de Dieu ». Comment Ville-Marie n'aurait-elle pas vécu, puisque l'on mourait pour elle, avec une telle passion au cœur, et de l'extase plein les yeux? Ce sera enfin, au 24 juin prochain, par toute une journée d'attentive dévotion, la consécration de ces événements impérissables et le rajeunissement de nos traditions françaises, au contact des générations nouvelles, debout, aux écoutes, l'âme respectueuse et vibrante. N'allons pas nous refuser l'espoir d'une longue survivance puisque de tels réveils frémissants restent possibles chez nous.
Un peu de recueillement, en ces jours de ressouvenance, fait notre émotion pénétrante. Notre vue s'aiguise. Des perspectives ignorées sortent de l'ombre et s'illuminent. Certains actes de nos héros nous apparaissent sous un jour inconnu. Et nous interrogeons daris notre besoin de précision, les livres vénérables, ces gardiens éternels de la mémoire des âmes d'élite.
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Ainsi, me suis-je demandé au matin du 18 mai, connaît-on bien le rôle admirable de Jeanne Mance dans la fondation de Montréal ? A-t-on déjà détaché, en un relief que Von souhaiterait saisissant et fidèle, quelques-uns des incidents qui témoignent de son action fructueuse en la circonstance f
La belle figure de Jeanne Mance émerge de l'ombre dès que la fondation de Ville-Marie est décidée. L'histoire l'accueille en ses pages. En champenoise discrète et avisée, elle surgit à point nommé. Quelques lignes de M. Paillon dans son Histoire de la colonie française en Canada, rapportent cet événement avec un bonheur d'expression qui vous ravit : « A la veille du départ, dit-il, l'on s'aperçut qu'il manquait un secours indispensable, que tout l'argent qu'on avait ne pouvait procurer. C'était une femme intelligente et sage, d'un courage à toute épreuve, d'une résolution mâle, qui les suivit dans ce pays, pour prendre soin des denrées et des diverses nourritures nécessaires à la subsistance de la. colonie et en même temps pour servir d'hospitalière aux malades et aux blessés. »
Quel signalement de l'époque peut mieux évoquer l'image de notre grande Jeanne Mance ! Et quel important aveu dans la bouche d'un historien informé : Jeanne Mance est déjà déclarée indispensable à la réussite de V entreprise de Montréal.
M. de la Dauversièré ((reçoit comme un présent du Ciel », cette femme de méinte. Elle entre par ses soins dans la « Société de Notre-Dame de Montréal », Son admission suit de près celle de M. de Maisonneuve. Les membres de cette Société so7it appelés à veiller au succès de l'établissement de Ville-Marie, et doivent procurer aux colons les fonds et les vivres nécessaires. Tout ceci, en vue particulièrement d'obtenir la conversion des sauvages de la Nouvelle-France.
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Cette compagnie est peu florissante. Elle ne comprend encore que huit associés, en tenant compte de M. de Maisonneuve et de Jeanne Mance. Et il serait fort désirable qu'elle prit de V extension. Des besoins nombreux vont surgir.
Il est donné à Jeanne Mance de parer à cet état de choses, avec une rare et heureuse sagacité.
Revoyons-la à La Rochelle quelques jours avant son départ pour la Nouvelle-France. Elle s'entretient, calme et sereine, avec M. de la Dauversière. Un projet lui vient toutà-coup à Vesprit. Comme il lui païait excellent, elle s'empresse de le communiquer. Pourquoi M. de la Dauversière « ne mettrait-il pas par écrit le dessein -de Mcrdréal, ne lui en remettrait-il pas les copies, qu'il n'enverrait que lorsqu'elle y aurait joint une lettre de sa main, à Mme la princesse de Condé, à Mme la Chcvncelière, à d'autres dames et surtout à Mme de Bullion )) ?
Au moyen de ce projet très simple, exécuté de point en point par AI. de la Dauversière, Jeanne Mance recrée véritablement la « Société de Notre-Dame de Montréal,^» et assure à la colonie naissante de puissantes influences.
Quelques années plus tard, elle doit organiser et affermir à nouveau la Société. Des esprits 7nalveillants ont ruiné son prestige. Elle possède une élocjuence fine et chaude, Jeanne Mance. De plus, elle voit clairement les choses, ainsi ejne le remareiue M. Dollier de Casson. Elle i-éussit à convaincre les membres de la Société de la nécessité de l'œuvre de Montréal. Elle obtient à l'assemblée du 21 mars 1650, à laciuelle elle assiste à Paris, l'assurance que leur haute protection est encore acquise aux colons de Ville-Marie.
Nommer Mme la princesse de Condé ou Mme de Bullion, n'est-ce pas rappeler les amitiés précieuses de Jeanne Mance?
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Et elle sait attacher encore plus à sa cause qu'à elle-même, les cœurs que retient sa personnalité sympathique. Elle comprend la nécessité d'en agir ainsi dans la conduite d'une œuvre. Et pour ne citer qu'un exemple, Jeanne Mance ne rend-elle pas à la colonie un service incomp . 'c en inspirant un vif sentiment de considération à la ri Madame de Bullionf L'on doit un jour, à ses dons généreux, le salut de la colonie tout entière. Nous avons à ce sujet le témoignage de M. de Denonuille, gouverneur général de l'époque. Il écrit : « Du consentement de la fondatrice, on prêta 22,000 livres, à la Compagnie de Montréal », pour lever cent hommes, afin de garantir cette île des insultes des Iroquois. Ces hojnmes l'ont sauvée en effet, et tout le Canada aussi. » Jeanne Mance demeure l'inspiratrice en tout ceci. Elle crée et dessine le plan de l'affaire. Elle use d'une diplomatie lumineuse. Qui ne se souvient de la limpidité de son raisonnement en cette circonstance, de sa merveilleuse mise au point des événements : (( Ville-Marie est perdu, sjnge-t-elle, si l'on n'obtient du lenfort. Comment alors utiliser jamais le don de Mine de Bullion destiné à l'hôpital. Sauver Ville-Marie, c'est sauver l'hôpital ? )) Prompte à l'action comme à la pensée, elle court chez M. de Maisonneuve, lui fait part de son dessein, et piépare avec lui l'ingénieux programme qu'il suivra. Il a, nous venons de le rappeler, toute l'efficacité que l'on en a désirée.
Pour la seconde fois, Jeanne Mance consolide l'œuvre de la fondation de Montréal.
La vocation providentielle de Jeanne Mance nécessite de rares dons naturels. Ils ne lui manqueiit pas. Des qualités de charme et de distinction, de la dignité, une belle loyauté dans le regard, et la voix, une humeur agréable lui constituent un ascendant personnel auquel on ne résiste pas. Jeanne Mance, souvenons-nous, reçoit les confidences spontanées de
M. de la Dauversière et du saint M. Olier. Elle provoque sans qu'elle y soit pour rien Vardente amitié de cette délicieuse Madeleine de Chauvigny. Mme de la Peltrie ne peut se résoudie à quitter Jeanne Mance au printemps de 1643, elle l'accompagne à Montréal, au jour de la fondation, et seul le commandement de ses directeurs peut la ramener à Québec et à ses œuvres. Et comment oublier V abandon confiant de M. de Maisonneuve auprès de Jeanne Mance? Elle est sa conseillère des bons et des mauvais jours. Il ne décide rien d'important qu'il ne lui ait d'abord soumis. Et que de fois, il reçoit de la bouche de cette femme forte, et sensée, le mot sauveur et attendu.
Oui, Jeanne Mance, par l'influence morale qu'elle a possédée, et qu'elle exerça au seul profit de l'œuvre de Montréal, Jeanne Mance par ses initiatives opportunes et décisives, demeure « presque à l'égal de Maisonneuve la fondatrice de Ville-Marie ». Ce jugement a été rendu un jour, par Monseigneur Gauthier, dans son vibrant discours au Congrès eucharistique international de Lourdes. Je suis heureuse de le rendre de nouveau avec lui. Et ainsi que je l'énonçais au début de cet article: Au matin du 18 mai, en l'anniversaire de la fondation de Montréal, évoquons le geste créateur de Jérôme de la Dauversière et de Jean-Jacques Olier, de Maisonneuve et de Jeanne Mance. Ville-Marie est née par les soins réuriis de ces grands cœurs, et de ces hautes intelligences.
Et peid-être, l'an prochain, en cette journée du 18 mai, nous sera-t-il donné de déposer au pied de la statue de Jeanne Mance, une couronne d'honneur, un symbole gracieux de vénération et de reconnaissance? C'est mon pieux espoir.
Marie-Claire Daveluy.
1 If juin 1919.
A TRAVERS LA VIE COURANTE
Afyi^S ^ ' ^^s braves tj^pos ! Ils pourraient vous faire pendre opYljpc poiu- un mot ! Essayant d'analyser, dans la chronique du mois dernier, le produit d'une éducation mi-française, mianglaise, j'écrivais qu'elle crée « des mentalités embrouillées et des âmes serves ». Le typographe a mis, même après correction, suaves !
On admettra qu'il y a une nuance. Remettons donc : serves, car c'est bien le mot qui convient. Serves, veules, sans liens et sans racines : voilà les âmes que façonne l'enseignement « utilitaire » cher à quelques-\ms des nôtres, et c'est parce que nous avons besoin d'âmes d'une tout autre trempe, d'âmes viriles, d'âmes fières, d'âmes vaillantes que nous le repoussons avec énergie.
AtfîCS Heureusement bon nombre d'écoles ne l'ont pas encore fièïeS ^^opté- Elles lui ont préféré une éducation patriotique. Les résultats leur donnent raison, tel, par exemple, l'incident suivant. Il montre de quelle vaillance certaines âmes d'enfant sont capables. Tout dépend des sentiments qu'on cultive en elles. Je cite textuellement la lettre qui m'a été envoj'ée, n'omettant que la signature.
Montréal, le mercredi 30 avril 1919.
« Cher monsieur,
« Permettez-moi de vous relater un fait de vérité authentique arrivé sur le train réguher qui va d'Ottawa à Montréal.
« En août dernier quatre voj-ageurs, quatre enfants d'ime famille de Sainte-Gene\'iève, montaient dans une voitvire à Beaconsfield. Ils jaspinaient depuis quelques minutes; et sans doute les deux plus jeunes, qui ne dépassaient pas douze ans et qui faisaient leur premier voyage sans leurs parents, n'étaient pas sans une certaine appréhension, quand le conducteur, un unilingue enragé, arrive et leur jette un : ticket, ■please, à faire dresser les cheveux sur la tête. Les deux plus vieux, c'est-à-dire les moins jeunes, ils ont quatorze et quinze ans, font la sourde oreille. A un nouveau ticket, please, l'un d'eux répond : « Parlez français. » Du coup l'employé se fâche; il dit bien des niaiseries unihngues; il suppHe, il menace. Enfin il fait fermer les portes et parle de la pohce qui les attendra à Montréal. Au mot de pohce les plus jeunes lâchent pied. « Que va dire maman ! nous autres en prison. » Ils pleurent presque. Le conducteur passe et repasse et chaque fois la
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mélodie unilingue recommence. « Parlez français ! » C'est leur seule réponse mais combien juste écho de la voix de l'enfant du fort de Verchères. A la fin des fins un autre employé arrive, qui a suivi la scène et qui leur demande d'un air paternel: «Donnez don: vos billets, mes garçons. » Une main se tend et on lui répond : « Tenez, monsieur, vous parlez srançais, vous ! »
« Ces faits se passent de commentaires. Leur seule méditation nous vaut bien les «mots en l'air» du 24 juin. Une race qui a de tels enfants ne mem"t pas.
FoyCTS de X'est-ce pas qu'il est charmant, ce récit ? Quelle
■hnf:-'pf^'çi}ip source profonde il nous découvre où baignent les fiertés de la race! C'est d'elle qu'ont jailU les héroïsmes d'un Dollard et d'mie Madeleine de Verchères; c'est elle qu'alimente une éducation basée siu" notre histoire, nos traditions, notre foi. Vivent les foyers et les maisons d'enseignement où se donne une telle éducation, où l'atmosphère en est pénétrée, où quelque événement vient de temps en temps rappeler son importance.
Je ne sais si l'Action française a signalé, à l'époque, la jolie séance organisée au Sault-au-R.'CoUet pour récompenser les jeunes écoliers qui, stimulés par leurs maîtres, avaient répandu VAlmanach de la Langue française ?' Élèves et parents en rapportèrent une très vive impression. Une initiative semblable eut heu, quelques jours plus tard, à la Pointe Saint-Charles de Montréal où se trouve un groupe ardent de patriotes sans cesse à l'affût des bonnes œuvres.
Une grande soirée Et voici que nous arrivent les échos
d' action française ^''^'^^ «''-^^^^ ^°^^'-'<' d'action française, tenue récemment au collège de Lévis.
Cette maison est coutumière des mouvements patriotiques. Les saines traditions y sont conservées avec un soin touchant. Et on fait aux œuvres nouvelles le plus cordial accueil, dès lors qu'elles sont marquées d 'un patriotisme éclairé.
Or donc, le 30 avril dernier, la société littéraire Saint-Augustin conviait tout le collège à un régal qu'elle savait lui être spécialement agréable. On allait parler d'action française, d'action française en généeral et en particulier, puisqu'il allait être question non seulementde ce que chacun peut f.iire dans les intérêts de sa langue, mais encore de ce que fait notre modeste revue. Le premier travail, en effet, que présenta un élève de philosophie et qui devait être, avec la conféren3e,la
pièce de résistance de la soirée, avait pour titre : La Ligue des Droits du français. Son auteur, M. Marie-Louis Beaulieu. raconta les humbles origines de notre œuvre, loua son but et ses moyens d'action, p\us recommanda chaleureusement à tous la lecture et la propagande de l'Action française. Après quelques déclamations patriotiques, l'abbé Elias Roy, directeur des ecclésiastiques, parla du langage des collégiens. En éducateur averti il sut indiquer à côté des fautes signalées le remède approprié. Enfin, pour couronner cette fête, le supérieur même du collège, approuvant les remarques faites sur l'importance du bon parler français annonça, pour ceux qui le cultiveraient tout spécialement, non seulement des prix à la fin de l'année, mais encore deux médailles d'or chaque mois, une au cours classique, l'autre au cours commercial.
PïO^TQTiîTUC Voilà, certes, d'excellente action française. II
de VQCClflCCS ^^^ ^ souhaiter que de telles soirées aient Heu dans toutes nos maisons d'éducation. Plusieurs ont l'habitude d'avoir une séance d'alliu^e intime, la veille de la sortie. Pourquoi ne lui donnerait-on pas ce caractère de patriotisme praticiue ? On 3' pourrait tracer, sans formules pédagogiques et comme à bâtons rompus, un joli programme de vacances.
Si la séance n'est pas possible, que chaque classe ait au moins l'heure de l'action française. Le professevir dira aux élèves en quoi consiste pour eux cette action, durant les mois de vacances. Ce sera d'abord évidemment le bon parler. Les leçons reçues vont être mises à l'épreuve. Qu'ils aient à cœur d'en sortir triomphants ! Qu'ils fassent fleurir autour d'eux, à la maison, au magasin, à la ferme, les belles expressions de notre langue !
Toilette A ce premier travail, un second peut être ajouté.
fïClfî'^Gise ^''^ physionomie, la toilette du miUeu où ils vivent sont-elles françaises? Avis des autorités fédérales, provinciales, municipales; enseignes des marchands; annonces des industriels; produits divers : épiceries, Ijiscuits, bonbons; objets d'usage commun, etc., etc; que de choses ils peuvent observer et essayer, s'il }• a lieu, de franciser. C'est par ime telle croisade, menée avec entrain et bonhomie, que nos campagnes retrouveront le cachet de distinction française que plusieiu-s ont peu à peu perdu.
Ce programme d'action ne s'accomplira pas sans incidents : -• il donnera Heu à différents exploits. Pourquoi le jeune collégien ne les noterait-il pas au jour le jour? Ne serait-ce pas là un excellent devoir de vacances ?
Les laUîéaiS Ceci m'amène à commettre ime petite
de V action française indiscrétion, à dire un mot d'mi projet que caresse V Action française et qu'elle espère réaliser sous peu. Depuis sa fondation, notre revue s'est appliquée à signaler — pour les faire disparaître — les manquements au patriotisme, les faiblesses nationales, les abandons de nos droits, surtout en matière de langue. Pris par cette besogne nécessaire, nous n'avons peut-être pas assez loué, nous avons trop laissé dans l'ombre la contrepartie de ces faits, les gestes fiers accomplis de ci de là par les nôtres. Le temps nous semble venu de combler cette lacune. Quelle initiative nouvelle surgira de cette préoccupation ? Sera-ce une séance solennelle oij l'un de nos directeurs racontera, dans un rapport vivant, les exploits de l'année et proclamera les laïuéats de l'action française ? Sera-ce diverses soirées où des délégués de 1'^. F. iront remettre à quelque héros un parchemin ou une médaille attestant sa fierté ? Que ce soit l'une de ces initiatives ou quelque autre encore, les devoirs de vacances dont nous venons de parler aideront à sa réahsation. Aussi nous permettons-nous de les recommander vivement.
Le catalogue Un mot, avant de terminer, pour signaler le Pathé catalogue de la Compagnie Pathé. Cette maison
est d'origine française. Elle a son principal siège d'affaires à Paris. Mais comme ses quartiers-généraux canadiens ont été établis à Toronto, elle était exposée à commetre cette faute dans laquelle tant d'autres maisons parisiennes sont tombées : le catalogue original français envoyé au Canada, traduit en anglais, puis servi de la sorte aux Canadiens français, ou encore retraduit, à leur usage, en Parisian French, i.e. en français torontonien. Heureusement la faute, cette fois, a été évitée. Et c'est un bon catalogue français que nous offre la maison Valiquette, représentant à Montréal de la Cie Pathé.
Nous notons ce fait d'autant plus volontiers qu'im de nos correspondants se plaint justement du mauvais français d'une grosse maison montréalaise, d'origine américaine celle-là, et qui écoule chez les nôtres un grand nombre de « gramophoncs ». Aux remarques qu'il a cru devoir faire, on a répondu que notre métropole ne possédait guère de traducteurs compétents... Il est des gens qui essaient ainsi de se tirer d'un mauvais pas par quelque faux fuyant ridicule. Ceux-ci n'y réussiront pas. La Ligue des Droits du français vient de leur faire connaître son adresse. . . et quelque autre chose aussi.
Pierre Homieh.
An pays de DoUard — M. l'abbé Maurault raconte ailleurs le deuxième pèlerinage de V Action française au pays de DoUard. Tous les rêves que formulait M. l'abbé Groulx, au mois de mai 1918, en annon(;ant que l'Action française voulait dissiper l'oubli qui, depuis si longtemps flottait sur le théâtre du combat de 1660, sont à la veille de se réaliser. Il voulait qu'un monument se dressât face à VOutaouis : c'est déjà fait; il voulait que les foules apprissent le chemin du Long-Sault : cela aussi est fait; il voulait que les jeunes gens allassent au pays de Dollar d « prêter leur serment à la patrie » : cela est à la veille de se faire. Nous avons vu les collégiens de Rigaud accompagner en corps les pèlerins du 24 mai. Quelques joiu-s plus tard, un groupe d'écoliers de Beauharnois se rendait à son tour au Long-Sault. J,e 24 juin, des centaines de collégiens, élèves des divers collèges de la région de Montréal, reprendront, par l'Outaouais aux rives peuplées de souvenirs historiques, la route des compagnons de Dollard. Ce pèlerinage se fera sous le patronage de l'Action française, le premier secrétaire-général de la Ldgue des Droits du français, M. le docteur Gauvreau, nous fera l'honneur d'y prendre la parole en notre nom, mais nous tenons à préciser que tout le mérite de cette initiative re\âent aux collégiens eux-mêmes.
Notons brièvement que le voyage se fera par le vapeur Empress (départ de Lachine à 8 heures 20, le matin, après l'arrivée du train qui part de Montréal, gare Bonaventure, à S heiu-es 2 — on peut aussi partir par tramway et descendre à la 32e avenue) ; que le prix du billet, aller et retour, est de SI. 2.5 et que les billets sont en vente chez Oranger Frères, au Devoir, à V Action française, aux presbytères du Saint-Enfant Jésus et de Saint-Stanislas, à Montréal. MM. l'abbé Fauteux, du Saint-Enfant Jésus, et Charbonneau, de Saint-Stanislas, sont à la disposition de ceux qui désireraient des renseignements supplémentaires.
La rumeur ajoute qu'un autre groupe se propose de faire tout prochainement aussi le pèlerinage du Long-Sault. La route est ouverte, l'habitude se crée. Ce n'est pas le seul lieu historique vers lequel V Action française ambitionne de pousser jeimes et vieux.
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Nos publications — Xos publications ont été si nombreuses ces derniers temps que nous avons à peine trouvé le moj^en de les signaler. On lira plus loin quelques notes svu- La Naissance d'une Race et les Rapaillages de M. l'abbé Groub:, ainsi que sur le Pour la défense de nos lois françaises de M. Antonio Perrault. Presque en même temps paraissait dans notre Bibliothèque le Canada apostolique de M. Henri Bourassa. Nous en publierons, le mois prochain, une appréciation détaillée. Notons tout de suite que cette « revue des œuATes de missions des commimautés franco-canadiennes » a déjà obtenu im succès presque sans précédent au pays. Plus de douze mille exemplaires de ce volume sont, au moment où nous publions ces lignes, entre les mains du public canadien. C'est assez dire l'intérêt qu'il suscite.
D'autres études sont en préparation.
Pour les vacances — Nous l'indiquons déjà par notre grand concours : noLis voudrions que les vacances, au lieu d'être poiu- notre propagande et notre action lui moment de relâche, marquassent une période d'intense activité. Et tout veut qu'il en soit ainsi. Grand nombre de nos amis s'en vont à la campagne, voyagent dans des milieux où notre œuvre est peu connue : quelle magnifique occasion de nous recruter de nouveaux amis, de faire connaître les façons diverses dont l'on peut nous aider, de populariser, par exemple, notre service de librairie, de jeter les bases de conférences pour l'automne prochain !
Que chacun, en partant pour ses vacances, se dise — et se redise souvent au cours de ces deux mois : Que puis-je faire pour l'Action française ?
Les Rapaillages — Il faut pousser à la propagande de toutes nos publications, mais il est indiscutable que celle qui, actuellement, prête le plus à la propagande rapide, est l'édition populaire des Rapaillages. Avec elle, et par les mêmes méthodes, on devrait pouvoir répéter le succès de VAlmanach. Songez qu'elle se vend seulement 25 sous l'exemplaire, S2..Ï0 la douzaine, S20 le cent, S92.50 les cinq cents, S175 le mille (port en plus) — ce qui laisse ime marge de $75 par mille aux groupes qui voudront en organiser la propagande sur une grande échelle.
L'édition de luxe des Rapaillages, comme la Naissance d'une Race, l'œuvre de Lamarchc, le Canada apostolique, est un beau livre de bibliothèque, un fort joli cadeau.
Pour la défense — U Action française, par son sen-ice de librairie, tient à la disposition de ses clients tous les bons li^■Tes, elle facilite la constitution des bibliothèques paroissiales, etc., mais elle se fait une spécialité surtout de la diffusion des li%Tes et des brochures de défense nationale. EUe est dépositaire au Canada de toutes les brochures de la Ligue de Ralliement français en Amérique, elle est en relations avec l'Association d'Éducation de l'Ontario et les sociétés similaires. Elle s'occupe particulièrement aussi de la diffusion des brochures qui peuvent servir notre cause dans les milieux anglais. Ce qu'elle n'a pas sous la main, elle s'efforce de se le procurer. Qu'on s'adresse avec confiance à ses bureaux.
Xotre enquête — Un certain nombre de nos amis ont bien voulu répondre à notre demande de l'autre jour et nous donner, avec leurs noms, l'indication des services qu'ils croient pouvoir rendre à l'œmTe commime. Que d'autres veuillent bien suiATe leur exemple.
II s'agit d'organiser la coopération des efforts.
Xotre Almayiach — Nous sommes actuellement à préparer notre Almanach de 1920. Xous nous efforcerons de le faire plus vivant, plus varié encore que les années précédentes. Avis aux propagandistes. Qu'ils songent tout de suite à ce qu'ils pourraient faire autour d'eux.
Il faut dépasser de beaucoup le succès de l'an passé.
L'abonnement de 65 — L'abonnement de Sô a obtenu un trè gros succès. On sait à quoi il se résume : Vous versez S5 à V Action française et, de ce moment, vous recevez, sans avoir à les demander, toutes les publications nouvelles de l'Action française, sauf la re\nie, jusqu'à épuisement de la somme souscrite. Si vous désirez plusieurs exemplaires d'un ouvrage qui vous plaît particuhèrement, vous n'avez qu'à jeter à la poste une carte postale. Vos Sô épuisées, si le système vous convient, vous n'avez qu'à renouveler votre souscription pour que les envois continuent.
Ce système évite beaucoup d'ennuis, de lettres et de timbres inutiles .
Jean BEArcHEMix.
JOURNAUX, LIVRES ET REVUES