POUR SURVIVRE
La proportion française diminue toujours au Canada, et c'est notre faute : nous ne sommes plus que 25% de la population, et nous continuons à déserter aux Etats-Unis. Pour survi\Te il nous faut le nombre, le territoire et la qualiié.
I — NoiinS obtiendrons le nombre — an gardant en vie les enfants qui naissent, grâce à l'hygiène, aux gouttes de lait, pouponnières, etc;
b) En établissant nos familles chez nous ... A quoi sert-il, du point de vue de notre accrois.sement numérique, d'élever des dix ou douze enfants, si nous les donnons tout élevés à l'étranger ? Nous avons perdu deux millions de compatriotes, en soixante ans . . . Les immigrants d'Europe viennent prendre notre sol fertile de l'Ouest, de l'Ontario, même de Québec. . . 4% de notre province seulement sont habités. .. JXous sommes confinés aux bords du Saint-Laurent. Multiplions nos fermes à proportion des familles . . .
II — Emparons-nous du territoire — Nos familles rurales se doublent tous les vingt ans : nous de\Tions doubler aussi l'étendue de nos terres de temps à autre. . . Il n'en est rien : nous n'avons pas doublé depuis 1860 ! Nos gars désertent pour les usines, où ils sont trop souvent la proie des meneurs et des révoltés. Au lieu de les laisser devenir des prolétaires, des non-propriétaires et des agitatevus, lançonsles à la conquête de fermes nouvelles dans nos régions de colonisation. Les victoires sont nobles et faciles contre la forêt. Quand on voit les peuples d'Europe s'égorger pour des territoires grands comme une couple de nos comtés, ne de^Tait-on pas comprendre l'importance de s'emparer du sol ? Des millions d'acres fertiles au nord de Québec, d'Ontario et au INIanitoba ont été explorés par nos décou\Teurs. L'auteur du Clash admet que. nous .sommes partout chez nous. Conquérons donc cela à notre foi et à notre langue. Nous sommes le quart de la population canadienne : occupons- nous le quart du territoire ? Non, loin de là! et c'est notre faute ! — Que les futm-es cartes du Canada contiennent des milhers de nos paroisses, là où rien ne se lit encore.
III — Gardons notre qualité — Nous sommes de la vieille race agricole des Vendéens et des Normands. Que nos fils de cultivatem-s aient donc tous la chance de se prociuer des terres. La campagne est notre château-fort : conservons-la, étendons-la. EUe nous a sauvés après
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1760. Elle donne les familles fortes, nombreuses, imies, de foi simple et de travail consciencieux. Oh ! les l^eau-x hommes que nous ont volés les manufactm'es américaines !. . . La physionomie pure de notre race se retrouve sur les fermes. Là sont les héritiers du bon esprit de la vieille France, — qu'admirent leè Européens en visite. Ils résistent à l'américanisation; ne leiir montrons pas trop d'anglais: cela les pousse encore plus à déserter le sol. Plusieurs de nos citadins sont de purs « Amcricains parlant français : » nos ruraux sont canadiens-français jusqu'à la moelle. Multiplions ces groupes si précieux, si forts. Développons la coopération dans les vieilles paroisses; prêchons la colonisation; demandons au gouvernement des réserves prêtes à concéder, des chemins de pénétration, des embranchements, des aides de toutes sortes, afin que nos campagnes reprennent le dessus, et que les désertions cessent. 11 y va de la survivance de notre race.