L'ACTION FRANÇAISE ET NOS COLLÈGES CLASSIQUES
La direction de V Action française énonçait dans le numéro de janvier de cette revue, sous la rubrique « Au dehors ». un projet des plus pratiques et des plus féconds, projet qu'il serait tout à fait malhetu-eux de ne pas voir se réaliser. Nous voulons parler des conférences que l'on se propose de donner en dehors de Montréal, sur l'œuvre de V Action française — car c'est bien ime œuvre — , ou sur tout autre sujet national d'intérêt particuMer pour le groupe auquel on s'adressera. Initiative inteUigente que celle-là ! Grâce à elle, le rayon d'influence déjà assez vaste de l'Action sera agrandi.
S'il est vrai cependant que toutes les classes de notre peuple ont besoin d'être mises en contact avec les conférenciers de V Action française, on ne peut nier qu'il existe certaines portions de notre race quî méritent une attention plus particulière, et sur lesquelles l'apostolat national pourrait s'exercer avec plus d'efficacité. Nous mentionnerons en premier heu notre jeimesse étudiante, celle surtout qui fréquente noi, collèges classiques.
On dit que nos collèges classiques sont des forteresses nationales, des arsenaux où s'arment les jeunes pour la lutte de demain : cela est bel et bien vrai, mais n'oublions pas non plus que nos institutions d'enseignement secondaire furent et sont encore les pourvoyeuses involontaires, mais pourvoyeuses tout de même d'apostats — ou giaère mieux — de notre nationahté. Aussi bien, ne prétendons-nous pas qu'il soit possible d'enrayer complètement la croissance de cette vermine : ce serait utopique. Mais il n'est pas moins certain que cette engeance pourrait être diminuée, affaibhe, par une guerre constante à l'esprit d'arri\Tsme ou du « laissez-moi tranquille ». On a déjà fait beaucoup en ce sens — et il convient de souhgner ici l'effort heureux de l'A. C. J. C. — mais l'on peut faire davantage. L'A. C.,J. C. quoiqu'elle s'adres-se à toute notre jeunesse étudiante, n'en peut évidemment atteindre qu'une partie
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et presque toujours la mieux disposée. Aux jeunes qui gravitent dans sa sphère d'influence, certes, elle sait inculquer avec l'esprit catholique, un sens réel et souvent profond du patriotisme. Mais le reste de nos étudiants, ceux qui soit orgueil de l'esprit, soit manque de compréhension de sa nature et de ses buts, n'ont pas voulu s'inscrire à l'A. C. J. C, faudra-t-il les abandonner à eux-mêmes ou plutôt aux corsaires des clubs politiques qui les guettent à la sortie du collège, sans lemr avoir au préalable formé une conscience nationale éclairée, sans leur avoir au moins donné les grands principes du patriotisme vrai, d'où ils puissent se guider à travers le dédale des opinions courantes ? Sans doute, mille fois non 1 Nous avons trop besoin de nos forces nationales pour laisser l'anémie ou la contamination amoindrir l'ime d'elles, surtout lorsqu'il s'agit de la jevmesse étudiante, l'espoir de notre nationalité, ce froment qui lève et dont on attend une si belle moisson. Et pourtant, chaque année, il sort de nos collèges plusieurs de ces étudiants — hélas ! beaucoup trop — dont l'unique ambition est de faire leur trouée, coûte que coûte, dussent-ûs même pour cela transiger avec un principe rehgieux et levufierté nationale ou — pour tout dire en un mot — transiger avec leur « temps de collège ».
La cause de ce mal, on l'a souvent dit, réside dans le manque d'éducation du patriotisme. On ne sait pas auguste ce que c'est que le patriotisme— faut-il en blâmer les jeimes? tant de nos sommités sociales en ignorent, du moins pratiquement, les premières notions. Ah ! l'on a bien des forumules creuses, gobées ici et là, dans les jovimaux, quelques tirades sonores apprises par cœur afin d'en imposer aux confrères un soir de discussion à la « Société Uttéraire » de l'Aima Mater, mais ce ne sont toutefois que des formules creuses et des tirades sonores : de conviction, point, ou à peu près point. On s'est arrêté à l'accidentel, tandis qu'on eût dû s'attacher à la substance de la chose. De toutes ces pathétiques professions de fidéUté à la race, il n'est resté que le souvenir nuageux de les avoir déjà faites. L'on est surpris d'y manquer si facilement, un coup aux prises avec la vie : c'est que formules, tirades et professions de foi provenaient d'xme imagination souvent brillante au lieu que de ressortir d'une âme fortement convaincue.
Et cette absence de conviction ne peut être tout attribuée à une mauvaise volonté, à une nonchalance intellectuelle ou morale de nos élèves; non, ils sont adolescents et comme tels, ont un cœur pour vibrer
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aux grandes idées et se prêter volontiers aux résolutions efficaces et généreuses.
Encore qu'il ne soit pas le plus à blâmer en cette affaire, notre personnel enseignant pourrait peut-être faire, à la dérobée, un petit mea culpa; peut-il, en effet, la main sur la conscience, affirmer qu'il n'a négligé aucune occasion de créer et de développer un sens national dans l'âme de ceux qu'il a eus sous sa charge ? qu'il a suscité, midtiplié ces occasions de faire œuvre patriotique ? Qu'il nous soit permis d'en douter. Tous nos professeurs d'histoire du Canada — et nous insistons sur ce point — ont-ils su joindre à l'enseignement des faits, quelques remarques propres à nourrir l'idée patriotique de l'élève, quelques rapprochements tendant à affiner son sens critique des questions nationales ? Au reste, leur a-t-on donné le temps nécessaire, à ces professeurs, pour développer normalement leur cours? Ne les a-t-on pas plutôt forcés à enseigner en quelques semaines ce qui n'aurait dû s'enseigner qu'en plusieurs mois? Surcharge des programmes! clame-t-on. Il n'y a pas à s'en étonner, si l'on admet pratiquement que les histoires anciennes doivent s'enseigner sur un pied supérieur à l'histoire du Canada. D'aucuns semblent prétendre, si l'on en juge par le temps alloué à leur étude, que la connaissance parfaite des conquêtes de Sésostris ou même de Philippe et d'Alexandre de Macédoine est plus utile qu'une notion claire des différents systèmes de gouvernement qui ont présidé à notre évolution poHtique au dernier siècle. Il nous semble qu'il faille remédier à ces méthodes un peu caduques et machinales. L'abbé Groulx dans son lumineux article Notre Histoire, publié dans V Action, française en 1918, indique clairement ce qu'il y a à faire en ce sens. Agissons, il en est temps.
Inutile de dire que nous sommes des premiers à payer notre tribut d'admiration à ce qu'ont accompli nos institutions d'enseignement secondaire et cela sur toute la ligne. Toutefois, il est nécessaire de progresser, de viser aux cimes et de les atteindre. Vivant au milieu des idées ambiantes du « laissez-faire » et de conciliation outrancière des derniers cinquante ans, ces semeuses d'éducation en ont été un peu les victimes, du reste, moins que bien d'autres.
* ' * En ces dernières années, grâce au choc de la vagiie persécutrice» il y a eu éveil général, chez les jeunes surtout. L'on ne s'est pas contenté non plus d'admirer l)éatement cette réaction, on l'a dirigée et on la dirige encore
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h' Action française est au premier rang parmi ceux qui ont assumé cette noble tâche. Son activité, débordant les cadres de la revue, voire même du livre, l'a poussée à devenir conférencière. Elle veut se faire toute à toas. Nul doute qu'elle ne désire avec envie jeter à pleines mains le semence féconde sur le terrain éminemment bien préparé des institutions d'enseignement secondaire; la moisson serait si belle !
Il est donc à souhaiter que Messieurs les Supérieurs de séminaii'e et de collège profitent eux aussi de l'offre généreuse faite par la direction de la revue, en lui demandant, chaque année, — pourquoi pas ? — un conférencier qui puisse donner « une soirée d'action française ». Professeurs et élèves en profiteraient; l'organe de la Ligue des Droits du français aurait chance certaine de pénétrer davantage dans nos maisons d'éducation et y susciterait assurément d'heureuses améliorations : de la sorte, beaucoup des ombres que nous avons indiquées au tableau de notre enseignement « patriotique » finiraient par disparaître.
Gérard Tremblay.
NOTRE CONCOURS
A la demande des principaux intéressés, notre concoius d'abonnement est prolongé jusqu'au 31 décembre. Nous espérons qu'on voudra bien utiHser avec le plus d'activité possible ce nouveau délai et nous rappelons rapidement les principales conditions du concours.
Seize prix seront attribués, selon le nombre des points recueillis: 1 premier prix de S2.5; 1 deuxième prix de S15; 2 prix de SIO; 4 prix de $5; 8 prix de S2.50. Les prix seront attribués d'après l'échelle suivante : Abonnements de 1919, 5 points chacun; abonnements de 1920, 10 points chacun; abonnements de 1918, 10 points chacun; les trois abonnements ensemble, 30 points. Il ne peut s'agir, en tout cas, que d'abonnements nouveaux. Les renouvellements et prolongations ne comptent point, pas plus que les soldes d'abonnements en cours. La collection de 1918 sera tout de suite adressée aux nouveaux abonnés, de même que les numéros parus de 1919. La collection de 1918 se vend $2, l'abonnement de 1919 et de 1920 est de SI, payable d'avance. Les concurrents sont Ubres de rccueiUir les abonnements où ils veulent, de grouper leurs efforts, etc. Nous ferons simplement le total des abonnements et des points obtenus.
Toute la correspondance doit être adressée : Concours d'abonnetnents, l'Action française, 32, Immeuble de la Sauvegarde. Montréal. Nous prions qu'on ait soin d'indiquer, en envoyant chaque nouvel abonnement, à quel concurrent il doit être attribué.
A Lachine — La plus belle manifestation d'Action française, au mois d'août, c'est indiscutablement la commémoration à Lachine du 230e anniversaire du terrible massacre de 1689, organisée par le Cercle Savaria de l'A. C. J. C, sous le patronage de V Action française. Il y a eu messe en plein air, célébrée par Mgr Forbes, avec sermon de M. l'abbé Perrier, puis, dans ime grande réunion publique, discours de M. l'abbé Olivier Maurault, P. S. S., sur les origines françaises du canal de Lachine (que l'on voulait en même temps rappeler) et du R. P. L. Côté,0 M.I., sur le massacre, dévoilement de plaques commémoratives, et, le soir, nouvelle réunion publique, avec allocutions du maire, du curé, du R. P. Sigouin, S. J., et de M. J.-C. Martineau, de l'A. C. J. C.
Une brochm-e spéciale racontera cette belle, pieuse et instructive manifestation.
Nos CONFÉRENCES — Le très beau succès obtenu cette année et Tan dernier par nos conférences du Monument National nous commandait de les continuer. Nous ne pourrons que le mois prochain donner des détails précis sur la hste des oratem's et les conditions d'organisation, mais nous pouvons tout de suite dire que la série aura pour titre général : N'ohlesse oblige et qu'on entendra quelques-unes des voix les plus aimées du public canadien français. LTne échelle de prix sera instituée de façon à mettre les cartes à la portée de toutes les bourses. Un système de numérotage sera adopté, qui assiu'era à chacun un siège déterminé.
Nous prions nos amis de répandre tout de suite la bonne nouvelle et d'inviter leui's amis à surveiller les indications que nous donnerons dans notre prochain niunéro et dans la presse quotidienne. Les premiers arrivés auront naturellement toute chance d'être les mieux servis.
« CoMME.XT SERVIR » — Ce Sera le titre de notre prochaine série d'articles, celle qui fera suite aux Précurseurs et commencera en janvier prochain. Elle posera le problème de nos obh gâtions envers la race et de la façon dont chacun, suivant son poste, doit s'en acquitter. Le cultivateur et l'artisan, le professionnel et l'homme d'affaires, le prêtre et la mère de famille, d'autres encore seront mis en cause. Nous in\neerons des personnes représentatives de chaque groupe à nous donner leur avis motivé.
Nous avons tout Heu de croire que le succès et l'intérêt de cette enquête égaleront ceux des deux précédentes.
Nos pirBLi CATIONS — A part la revue, nous avons toute une sérit d« publications nouvelles sur le métier. Nous pourrons, dès la prochaine
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livraisou, en annoncer quelques-unes. On s'apercevra que nous n'avons pas perdu nos vacances.
Mais il ne faut pas oublier les œuvres fléjà parues. Toute une campa'gne de\Tait être entreprise, avec la fin des vacances, pour les faire pénétrer partout où elles sont encore ignorées et nou> recommandons particulièrement â l'attention de nos amis rAbnanach, qvi est actuellement en préparation.
L'Oeuvre dv Livre fraxçai* — Personne ne songe à contester l'importance de cette propagande par le livre. La Société Saint-Jean- Baptiste de Montréal, qui a lancé l'Oeuvre du Livre français et dont l'intelligente initiative a fait pénétrer dans les groupes français des autres provinces des centaines de mille brochures et re%'ues. \'ient de lancer au public un nouvel appel. Elle prie qu'on lui adresse tous les livres et revues dont on peut disposer au profit des Canadiens français des autres pro\'inces. Elle acceptera naturellement aussi les livres neufs, et ceci nous amène à proposer à ceux de nos amis qui désireraient favoriser cette œuvre mie combinaison qui leur permettra d'augmenter sensiblement l'efficacité de leur offrande.
Sur toute commande de SIO et plus qui nous sera adressée pour l'Oeuvre du Livre français — et que noiLS ferons tenir à la Société Sait- Jean- Baptiste — nous accorderons une prime de 20%, c'est-à-dire que, pour SIO par exemple, l'on pourra commander §12 valant de volumes et brochures, au prix fort. Siu- toute commande de S25 et plus, nous accorderons 259c. Xoas étabUrons nous-mêmes la liste des volumes, si on préfère nous laisser ce soin.
Souscriptions de propagande — Nous nous permettons d'insister sur l'importance, d'une façon générale, des souscriptions de propagande. Il est ime foule d'endroits où tel ou tel livre d'Action française serait d'une très grande utilité, pourrait éveiller des reflexions salutaires, devenir principe d'action; il est telle initiative dont la réaUsation serait fructueuse, mais pour faire les envois nécessaires, pour prendre les initiatives urgentes parfois, il faudrait souvent des ressources que nous ne possédons point. Notre action, en dépit du dévouement de nos amis, est forcément, dans imo certaine mesure, conditionnée par l'état de notre budget.
Abonnements de §ô — Nos an( iens lecteurs connaissent le système des abonnements de $5, qui a obtenu un si vif succès et qui a l'avantage d'éviter beaucoup d'ennuis et de frais de correspondance. Ou remet $5 à l'administration de VAclion française et celle-ci envoie au .souscripteur.au fur et à mesure qu'elles parais.<«ent,toute.e les publications
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nouvelles (sauf la revue de VAciwn française). Si le souscripteur désire commander des œuvres déjà parues ou doubler sa commande de publications nouvelles, il n'a qu'à jeter à la poste une carte postale. Lorsque son crédit est épuisé, on l'avertit et il n'a qu'à envoyer un nouveau $5 pour que les envois se continuent.
Aboxxemexts de SIO — Le succès de l'abonnement de $5 et le développement de notre service de librairie ont exigé une nouvelle création. Certains lecteurs désirent recevoir, sans avoir à faire de commande spéciale, non seulement nos propres publications, mais les Canadiana dont nous sommes les distributeurs. Pour ceux-là nous instituons l'abonnement de .?10, dont le fonctionnement sera le même que celui de l'abonnement de Sô. Jean Beauchemin