‹ L'Action canadienne-française (volume 4)Chapitre 97 sur 123 · QUEBEC · texte numérisé non relu

QUEBEC

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En effet, le geste des fabricants de bonbons et de biscuits devrait être imité par nos fabricants de bière et de liqueurs. Ceux-ci peuvent même le faire plus facilement, puisque le nombre de leurs produits est très restreint. Quelques-uns d'ailleurs ont déjà adopté des étiquettes françaises. J'ai signalé dans ma récente chronique sur les Trois-Rivières l'initiative de la maison Rousseau qui met sur ses bouteilles : soda à la crème. Mais voici mieux encore. C'est l'étiquette : Limonade de Vichy que nous reproduisons sur la page précédente. ^

Une réunion des fabricants canadiens-français d'eaux gazeuses sera bientôt convoquée par V Action française. Nous y utiliserons cette pièce et toute autre du même genre qu'on voudrait bien nous envoyer.

FoUTflitUTeS Après les distillateurs, les Kbraires. « Pourquoi SCOlQlTêS P''6sque tous les blocs-notes de nos librairies sont-ils affligés de mots anglais ? The Favorite, Eagle, Linen paper, Note book, Litlle Chief, Wriling tablet, etc. ? Allez dono visiter les étalages de cahiers, de buvards et autres fournitures scolaires, vous serez choqué de la disproportion qui existe entre le nombre des articles et celui des clients de langue française, et pourtant toas, manufacturiers, vendeurs, Libraires et acheteurs sont de notre peuple. Imaginet-on des Français de Paris plaquant des mots allemands ou riisses pour leurs clients parisiens ? »

Ce mal est réel. Il a déjà été dénoncé (Le Devoir, 24 mars 1912) . Et aussitôt les intéressés sont venas protester. Ils ont quaUfié d'in- 4«mpestives les remarques faites et proclamé leur patriotisme. Des paroles ! Mais les astes. . . ? Nous les attendons encore. La papeterie a peu changé depuis sept ans. Qui pourra convertir nos libraires ?

Jeux de î^^ais voici un projet intére-ssant. L'Adion française,

COîteS ^^ demande notre correspondant, ne nous dotera-t-elle

pas, un jour, de « jeiLX de cartes bien français » ? Quelques lecteurs vont sans doute s'étonner de cette proposition. Des jeux de cartes français? Les cartes contiennent des figures, non des mots. EUes ne sont d'aucune langue. Mais on précise : « français par l'enveloppe, les lettres des figures et le dos. » On a dû en effet le remarquer :

^ Cette étiquette véritablement artistique est en caractères noirs et rouges sur fond crème, avec filets d'or. Noue regrettons de ne pouvoir la reproduire en couleurs.

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« la boîte annonce toujours Playing cards, etc. ; sur les coins, les figures portent J. — Q. — K. au lieu de V. — D. — R. qu'exigent nos Valets, Dames et Rois; enfin sur le dos des cartes, pour amuser ceux qui n'ont pas d'atout, on pourrait représenter quelque chose d'intéressant, des scènes historiques avec ou sans légendes, les monimients de IMaisonneuve, Montcalm, Dollard ou Frontenac, un dessin vieux-canadien de Massicotte ou Franchère, que sais-je ? On tirerait dix ou vingt mille jeux de chaque série qui s'enlèveraient vite, sans coûter plus cher que les insipides cartons roses ou bleus qui nous trichent notre langue chaque hiver. Ce ne sera pas pour cette année, mais sûrement pour 1920 si l'entreprenante Action française le veut. »

IJ entre-prenante Action française. . . C'est dit comme sans en avoir l'air, mais ça y est quand même ! Et allez donc résister à ces qualificatifs ensorceleurs, fussiez-vous débordés par vingt autres initiatives : l'Almanach, les conférences, l'exposition de biscuits, etc., etc. Aussi je crois bien que les directeurs de V Action française, à qui le projet a été soumis, feront en sorte qu'il se réalise le plus tôt possible.

Scèfie Mais arrêtons-nous. Ce diable de correspon-

txulcfyieyitdiy C ^^"^^ ^^^ ^^^^ ^"^^^ entreprenant. A le suivre jusqu'au bout, il nous mènerait très loin. Nous le retrouverons peut-être plus tard.

Et notons d'un mot, avant de terminer, la jolie scène dont le Parlement fédéral fut récemment le théâtre. Ce jour-là, notre ministre du commerce était en verve. Avait-il ouï dire que quelques-uns de ses collègues s'étaient montrés sceptiques sur sa fameuse heure de français, lors de son séjour à Paris, ou que d'autres en avaient fait des gorges chaudes? Toujours est-il qu'il voulut donner des preuves irréfutables de ses progrès linguistiques. De lui-même, sans aucune provocation, il ouvrit le bal en présentant en français le nouveau ministre des Finances. Des députés de Québec le relancèrent aussitôt: il leur tint tête avec succès à chaque assaut, si bien qu'un grand Écossais, peu habitué à ce spectacle et qui s'ennuyait de ne pouvoir prendre part à la danse, se fâcha tout rouge ! Mais sa colère est passée. Et la démonstration reste. A soixante-douze ans, on peut apprendre le français; on pont même y être obligé, fût-on député de Toronto, pour représenter dignement son pays. Alors, ne vaut-il pas mieux commencer, quand on est jeune, dans les petites écoles ... ?

Pierre Homier.

15 novembre 1919.

NOTRE CONCOURS

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