‹ L'Action canadienne-française (volume 5)Chapitre 142 sur 175 · PARTIE DOCUMENTAIRE · texte numérisé non relu

PARTIE DOCUMENTAIRE

Ministère des Postes

Ottawa, le 14 septembre 1922.

M. Anatole Vanier, fSecrétaire général

Ligue d'Action française, Montréal.

.Cher monsieur;

Je dois accuser réception de votre lettre du 11 courant, adressée iau Ministre des Postes, par laquelle vous suggérez le terme "Livraison î contre remboursement" pour désigner le nouveau service appelé en i anglais "Cash on delivery."

En réponse, je dois vous dire que le ministère vous est très obligé ; de la suggestion que vous faites et votre lettre sera référée aux f onctionmaires du ministère qui s'occupent de la préparation de nos formules.

Votre tout dévoué,

(Signé) Arthur Webster,

Secrétaire.

Un de nos lecteurs, membre d'une communauté religieuse, eut récemment besoin de l'atlas du Canada ; il en fit la demande au ministère de l'Intérieur. Le géographe-en-chef témoigna à son correspondant le plus grand empressement en lui expédiant l'atlas. Il l'accompagna de la lettre suivante:

Department of the Interior Chief Geographer

Ottawa, Sept, 5th 1922.

Sir,

I am instructed by the Honourable the Minister of the Interior, ■to forward to you a copy of the Atlas of Canada. I hâve the honour to be, Sir,

Your obedient servant

(Signé) J.-E. Chalifour,

Chief Geographer.

(Please sign and return the attached rcceipt to the Chief Geographer).

Le Révérend Frère R. remercia le géographe-cn-chof, niais ne put s'empêcher d'ajouter qu'il regrettait d'être invité à apposer sa signature sur une pièce officielle rédigée en anglais.

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Le géographe-en-chef, qui n'est pas apparemment l'obéissant

serviteur qu'affiche sa formule, fut visiblement ennuyé par la réflexion

du bon Frère. Aussi prit-il la plume, ou plutôt un dactylographe du

gouvernement fédéral, et rédigea la riposte suivante:

Department of the Interior Chief Geographer

Ottawa, 9 septembre 1922 Révérend Frère;

J'accuse réception de votre lettre du 6 courant. Je regrette d'avo à noter votre remarque au sujet de la langue française. Il est bier beau de parler le français, surtout dans la province de Québec, mafc c'est surtout du devoir de ces mêmes Français de la province deprotégei ies droits de la langue, les employés du gouvernement ne peuvent se charger de cette tâche.

Votre bien dévoué, (Signé) J.-E. Chalifotjr.

Géographc-en-Chef.

Révérend Frère R. XXX P.Q.

Puisque M. Chalifour n'a pas plus le sens de ia solidarité française que celui de son devoir de fonctionnaire, qui lui commandait de signale à son chef ce sujet de plainte, nous nous sommes adressés au ministi lui-même. S'il se produit quelque incident nouveau, nous en ferons part à nos lecteurs. Anatole Vanier.

M. Fielding et le français.

Ceux qui échangent de ce temps-ci leurs titres d'emprunt de 19rï ne peuvent obtenir de coupures françaises, auprès de notre ministère des finances à Ottawa. Et voilà comment l'on sabote la confédé/atior pour s'étonner ensuite que les Canadiens français se désaffectionneni de ce régime. Est-ce encore, est-ce toujours de l'ignorance? N'est-ce pas plutôt de la pure inscience ? Que les Canadiens de langue française protestent énergiquement, par tous les moyens. Il faudra pourtam savoir, un jour ou l'autre, si l'Acte de 1867 reste encore une al.iance un pacte d'honneur, ou si une race a le droit de confisquer à son profil les privilèges des autres, et, pour nul autre motif, semble-t-il, que k satisfaction de son orgueil.

A nos Lecteurs

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