UN BILLET QU'IL FAUT LIRE
L'Action française entrera bientôt dans sa septième année. Nous avons fait quelque chemin depuis ce mois de janvier 1917 où /'Action française paraissait pour la première fois, en un mince fascicule de 82 pages. Ces progrès, nous les devons d'abord à nos collaborateurs qui, depuis sept ans, ont apporté ici le travail de leur meilleure pensée, gratuitement toujours, pour la seule beauté de la cause française. Nous les devons ensuite aux amitiés chaleureuses et profondes qui ont entouré notre œuvre et dont la correspondance de chaque jour nous apporte la vivante sympathie. L'Action française wssède depuis longtemps cette conscience réconfortante de constituer avec ses lecteurs une famille spirituelle. C'est à zette famille que nous adressons un fervent appel.
Nous croyons n'avoir rien négligé depuis sept ans pour
raire de /'Action française une revue de doctrine et d'avant-
larde. Nous avons tâché de pénétrer vigoureusement au cœur
ies problèmes où se trouve attachée la vie même de notre race.
iujourd'hui, ce nous semble, les bons travailleurs aperçoivent
lans un ordre plus lumineux, l'ensemble des tâches que la
murvivance impose. Forte de son indépendance absolue, la
mevue a pu prendre sur toutes les questions d'intérêt national,
i attitude que lui dictait la seule conscience de sa mission. Elle
k monté la garde avec quelque courage, croyons-nous, autour
\e la langue; elle a dit les mots d'ordre que l'heure commandait;
mt pendant l'année qui vient de s'écouler, elle a montré l'idéal
miprême où désormais pourra s'orienter, dans Vordre et la
fécondité, le labeur de tous.
Ces succès dont nous sommes heureux de renvoyer le
\\xeiite à nos collaborateurs et à nos amis, ne nous font pas
mtefois illusion. Nous rêvons de faire encore plus grand
ol. VIII NoX Novembre, 1922.
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parce que la cause française au Canada demande des effort toujours nouveaux. Il ne se passe point de semaine qu'u incident ou Vautre ne nous révèle la gravité de noire situation. Nous vivons en cet état que pas une seule de nos institutions, pas une seule partie de notre patrimoine n'est vraiment en sécurité. L'Action française entend bien prendre sa part des responsabilités prochaines. Elle veut se fortifier pour mieux servir. Elle n'attend que la réponse de ses lecteurs et de ses amis.
Si nous avons rencontré, pendant ce long effort de sept ans, de chaudes et agissantes sympathies, disons-le en toute franchise notre œuvre a été aussi gênée, paralysée dans son développement, par V apathie et la négligence d'un trop grand nombre. Si /'Action française n'avait eu pour subsister les services gratuits de ses directeurs, il y a longtemps qu'elle aurait cessé de paraître. Depuis sa naissance, elle a toujours traîné un ou deux milliers d'abonnés en retard. Ef c'e ainsi 2,000 et 4,000 piastr es qui d'année en année, ont manq à la caisse d'une œuvre qu'alimente le seul dévouement. Ceux qui nous lisent, ceux pour qui nous avons travaillé, croient-ils que cette situation soit tolérable f Une demi-douzaine d'hommes peuvent-ils tout accomplir et ont-ils le devoir de tout faire sans jamais compter sur l'aide des autres f Nous supplions donc les retardataires de se souvenir au moins de la justice. Nous prions surtout nos fervents amis de nous recruter des abonnements nouveaux qui nous aident à combler le déficit creusé par les négligents. L'Action française se propose di paraître en janvier avec une toilette et des rubriques nouvelles Mais il lui faut pour cela des ressources nouvelles; il lui faw d'abord vivre.
La parole est à nos amis.
Lionel Grotjlx, ptre