‹ L'Action canadienne-française (volume 5)Chapitre 4 sur 175 · UNE MÉTHODE DE TRAVAIL PERSONNEL · texte numérisé non relu

UNE MÉTHODE DE TRAVAIL PERSONNEL

existence religieuse, nationale et sociale, quelques-unes des manifestations de notre vie française dans le monde artistique et littéraire, ses conquêtes déjà faites et celles qui restent à opérer dans le domaine économique : telle est la variété des articles inédits qui s'offrent à notre attention recueillie. Il n'est pas nécessaire d'insister sur leur admirable unité. Et je n'ai rien dit de l'illustration. Il me semble qu'elle atteste un souci bien intéressant à noter : celui de développer chez nos lecteurs canadiens le goût de l'image bien faite, de l'enluminure expressive, qui suggère, en marge de pages pleines de pensées, des perspectives charmantes du côté de la poésie et du rêve. Puisqu'il est admis que tous nous reconnaissent une âme saine, depuis que Maria Chapdelaine l'a révélée au monde, il reste à utiliser cette santé au labeur d'une culture et d'un art plus parfait. Les deux articles Deux tableaux, par Louis Deligny et A la recherche d'un type d'église canadienne, par Emile Venne, indiquent que notre critique d'art existe et qu'elle peut orienter les talents. L'article de M. Venne donne à réfléchir, et, si notre indigence le fait gémir, l'auteur est loin d'être trop pessimiste, lui qui parvient à trouver une certaine poésie dans les jeux de lumière du soleil d'hiver sur les tôleries de nos clochers. Il y a dans ces quatre pages des aperçus historiques, comme plus d'un professeur d'histoire du Canada a dû souvent souhaiter d'en trouver pour élucider ces questions : à quel souci d'utilité ou d'art ont obéi ceux qui ont érigé ici les monuments de notre piétié ? Y a-t-il une tradition en ce sens, d'où vient-elle et où s'achemine-t-elle ? La thèse posée est très ample, au surplus, car elle ne couvre pas que le champ ouvert à l'architecture, c'est toute la question du régionalisme dans l'art qu'elle ébauche. C'est à relire et à méditer. L'auteur ne devrait pas se contenter de ces courtes pages : il a quelque chose à nous dire encore, rien de plus

30 l'action française

certain, el dont profiteront bien des gens, à part les architectes et les curés. L'Almanach a plus d'un autre mérite. Tous ses autres articles fixent pour l'histoire un aspect de notre vie nationale en Tan de grâce 1922. Ceux qu'intéresse la thèse de Paul Gaultier, Le rire et la caricature, pourront l'appliquer aux dessins de M. Henri Letondal. Les hommes d'affaires pourront consulter les pages de réclame: elles sont d'une parfaite tenue dans leur français correct, ce qui ne nuit pas aux affaires. Les amateurs de beaux livres de chez nous seront inexcusables, s'ils ne savent pas garder sous le pouce un volume qui tient à l'affiche le meilleur de la librairie de Y Action française. La chronique a tenu à ne pas méconnaître ces mérites qui tous recommandent la diffusion d'un excellent volume de propagande. Mais il importait surtout de rappeler à ceux qui, au sortir de l'école primaire ou au début de leur vie professionnelle, ne savent trop comment organiser leur vie intellectuelle, qu'un simple petit livre conçu par des gens qui savent ce qu'ils veulent et où ils vont, peut suffire à indiquer une méthode très pratique de culture personnelle. Vos études sont finies ? Dites plutôt : elles commencent.

François HERTEL.

L'Action française publiait en novembre un appel du comité de propagande canadienne-française à Paris. Déjà des souscriptions généreuses nous ont été adressées ainsi qu'en témoignaient deux listes contenues dans nos livraisons précédentes. Cette fois nous mentionnons deux offrandes nouvelles : Groupe Pie X, de l'A.C.J.C., 100 francs; C.- Eugène Bertrand, Edmonton, 10 francs. La revue publiera dans les prochains numéros les souscriptions reçues avant le 15 de chaque mois et transmettra volontiers au comité de Paris les envois qu'on voudra lui faire tenir.

Page 1