‹ L'Action canadienne-française (volume 5)Chapitre 61 sur 175 · PREFACE DE CHARLES MAURRAS · texte numérisé non relu

PREFACE DE CHARLES MAURRAS

Il y a sur terre diverses agglomérations d'hommes ou de peuples, "nations asiatiques", "race anglo-saxonne ", "monde latin". Les Canadiens français appartiennent à celui-ci. Ils sont les maîtres d'un patrimoine enrichi par les habitudes spirituelles du catholicisme, par les vertus latines et françaises, désormais soutenues par des traditions venues de France et enracinées au sol canadien. Nous conserverons habitudes, vertus et traditions, nous atteindrons un plein développement, si nous savons rester fidèles à nous-mêmes, grandir dans le sens de notre être, maintenir les qualités de mesure et de clarté, d'équilibre et d'ordre dont s'enorgueillit à juste titre la race française. Il nous faut pour cela puiser notre sève morale et intellectuelle au tronc latin. Il nous faut pour cela persister à faire du catholicisme la source de notre vie spirituelle. Sa doctrine et l'Eglise catholique ne doivent trouver chez les Canadiens français que de respectueux et dévoués amis. Cette vérité est sans doute admise par les nôtres qui, au dire de Charles Maurras, ont 1' "honneur et le bonheur de compter parmi les croyants au catholicisme." Elle devrait l'être aussi par les Canadiens français qui n'accepteraient ni ses dogmes ni son culte. Ressemblant en cela à Maurras, il leur resterait à garder, comme lui, à l'égard du catholicisme une attitude toute de respect et d'activé sympathie.

Héritiers du legs gréco-romain, fils de France, les Canadiens français contractèrent eux aussi leurs "habitudes spirituelles et morales entre le baptistère, la Sainte table et l'autel catholique". Aucun fils de notre race n'a le droit de méconnaître ce fait historique. Par le catholicisme et par l'esprit français, demeurons fidèles au génie latin.

Antonio Perrault.

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