LES QUARANTE-HUIT PAGES DE U ACTION FRANÇAISE
Nous sommes messager de bonnes nouvelles: Z'Action française, à partir de janvier prochain, paraîtra sur quarantehuit pages au lieu de trente-deux. En dépit de la hausse du papier, cela ne comportera aucune augmentation des tarifs d'ahonnement. — Vous avez donc fait un héritage, nous dirat-on peut-être, ou votre appel pour que grandisse ^Action française a subitement provoqué de munificentes réponses f — Pas du tout. Les réponses, généreuses par Vintentioii, sont peu nombreuses encore, 7ie figurent que pour un chiffre modeste dans nos états de compte et personne n'a eu jusqu'ici la gracieuseté de coucher rAction française sur son testament. Le plus clair de notre actif, c'est toujours la bonne volonté, le dévouement de nos collaborateurs et de nos amis. — Mais alors f — Alors, nous escomptons cette bonne volonté et ce dévouement; nous faisons appel à des bonnes volontés et à des dévouements nouveaux.
C'est de quoi, jusqu'ici, a vécu T Action française; c'est de quoi elle devra vivre et grandir.
Bonnes volotités et dévouements peuvent d'ailleurs se traduire sous des formes indéfiniment variées. Ils peuvent se traduire en collaboration directe, en propagande pour l'abonnement et les annonces, en souscriptions pures et simples. Chacun donne ce qu'il a, et les directeurs de la revue n'ont aucun scrupule à solliciter les offrandes des autres. A cette cause ils donnent leur temps, leur travail, sans en avoir tiré, sans compter en tirer un sou.
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Nous prions 7ios lecteurs, sHls estiment que ^Action française fait de la bonne besogne, qu^cUe mérite de grandir, de se poser, tout simplement, la question suivante: "N'ai-je pas là, tout près de moi, un, deux, trois, dix amis peut-être, auxquels il me suffirait de dire un mot pour les faire s'abonner f"
Des propagandistes ont fait cela dès le début, alors qu'on n'avait que des espérances à offrir, alors que le public pouvait se dire: '^Combien de temps cette revue durera-t-elle ? N'est-ce pas, comme tant d'autres, une entreprise mort-née f" La besogne est dix fois plus facile maintenant que dix numéros de la revue sont là, attestant toute sa vitalité. Elle sera plus facile encore demai7i, puisque le propagandiste pourra dire: Z'Action française voiis offre cette année près de quatre cents pages de texte, elle vous en donnera l'an prochain près de six cents ... Le fait est que tous les nouveaux abonnements devraient être pris pour les deux années.
L'expérience prouve que très souvent le propagandiste répond à l'intime désir de celui auquel il s'adresse. — Ah ! oui, /'Action française, lui dit-on, il y a déjà longtemps que je voulais m'y abonner, mais je n'en trouvais point l'occasion.
Nous avons obtenu un succès dont nous sommes heureux, mais qui reste absolument en deçà de ce à quoi nous avons le droit d'aspirer. Il est des villes où nous n'avons que deux ou trois souscripteurs, tandis que, dans telle localité d'importance à peine égale, nous en avons trente ou quarante. Il faut que l'équilibre soit rétabli dans le bon sens. Dans de grandes villes comme Québec et Montréal, nous n'avons encore exploité qu'une fraction du champ qui s'offre à nous. ,
Nous prions nos amis de nous donner un coup d'épaide. Que ceux qui ont déjà travaillé redoublent leur effort ! Que ceux qui n'ont pas eu le temps ou l'occasion de mettre la main à la pâte réparent le temps perdu ! Rien ne vaut le travail volon-
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taire, et il suffirait d'un mouvement ^ensemble pour doubler et tripler notre tirage.
C'est la Cause qui en profitera !
Dans un autre domaine aussi, dans celui de Vannonce, nos amis peuvent efficacement nous aider. Pour maints articles, la revue est une excellente tribune de publicité. L'un de nos meilleurs amis nous C07ifessait, il n'y a pas longtemps, que de toutes ses annonces, c'était celle de /'Action française qui lui avait le plus rapporté. Et puis, dans le cas d'une revue comme celle-ci, on peut sans vergogne faire appel à la sympathie. Qu'on jette ce motif dans la balance !
Cet appel à la sympathie, nous n'avons aucune hésitation à le répéter sous sa forme la plus directe. Nous le faisons chaque jour à nos collaborateurs, qui donnent leur temps et leur travail. Pourquoi ne l'adresserions-nous pas à ceux qui possèdent de V argent?
Cet argent, nous voyons si clairement combien il serait facile de lui faire produire des fruits de salut ! Nous voyons si bien comment telle somme, relativement minime, nous permettrait de donner à la revue une extension nouvelle, d'adresser à quelques centaines d'intéressés une circulaire qui déterminerait un mouvement bienfaisant, d'assurer le lancement d'un livre de propagande ! Nous voyons si bien combien il suffirait d'une souscription importaîite ou de quelques modestes soiiscriptions combinées pour donner à iiotre oeuvre un nouvel et puissant essor !
L'Action française, de Paris, a réuni par souscriptions, la plupart minimes, près de cinq cent mille francs pour conjurer la "crise du papier". Nous n'avons pas de si hautes ambitions ! Il nous suffirait d'infiniment moins pour faire de très utile besogne.
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Avec quelques piastres, fécondées par le dévouement, nous avons réussi à mettre sur pied notre revue, à fonder la permanence de notre ligue. Qu'on nous permette de multiplier nos ressources, et nous croyons pouvoir promettre que le résultat ne décevra pas les espérances de nos amis.
... Si d'aventure Von s'avisait de penser qu'il est un peu hardi de tendre ainsi la main, nous répondrions simplement: C'est pour la langue française ! Pour elle, un homme comme M. Massé s'est laissé jeter au cachot, des commissaires d'écoles, de petites institutrices ont risqué la prison. Pourquoi, pour elle et pour sa gloire, aurions-nous honte de mendier?
Omer Héroux.
Novejnhre ramène V anniversaire de la mort d' ANTHONY FREELAND.
Pour honorer la mémoire du champion de la justice,
A'J^ction française
a cru ne pouvoir mieux faire que de
demander à M. Samuel Genest
d'évoquer son image.
M. Genest a bien voulu accepter.
Son arlicle paraîtra le mois prochain.