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LES TIMBRES-POSTE BILINGUES

Un philatéliste connu nous adresse, en réponse à la question posée dans le premier numéro de rAction française, cet intéressant exposé:

Pour trouver le timbre bilingue, il semble logique d'examiner les émissions des paj^s bilingues. Naturellement et tout de suite, l'on songe à la Belgique. Or, les émissions de ce pays, de 1849 jusqu'à 1890 environ, sont exclusivement en langue française; mais depuis lors chaque timbre-poste belge porte Belgique et Belgie, et au bas du timbre, sur une petite bandelette détachable, on peut lire ne pas livrer le dimanche, niet bestellen op zondag. On a même poussé le bilinguisme assez loin pour inscrire sur le 35 centimes de 1915 Ypres, Yper et sur le 50 centimes Louvain, Leuven. Sur le dix francs, à l'effigie des trois souverains belges, on a inscrit l'admirable devise nationale: L'union fait la force, et son équivalent en flamand. Le problème est si bien résolu, si toutefois problème il y a, que les trois émissions de la Croix-Rouge ne portent pas une seule lettre en dehors des mots Belgique, Belgie, un chiffre seul indique la valeur.

Pour la Suisse, nos lecteurs voudront bien se rappeler qu'il s'agit d'un pays non pas bilingue, mais triUngue. Un mien ami, Suisse d'origine, me disait que l'allemand est la langue des cinq huitièmes des habitants de la Suisse, un huitième parlant l'italien et l'autre quart le français.

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On croira peut-être que ceux qui parlent l'idiome de la kidtiir ont imposé leur langue aux timbres-poste, à l'exclusion des deux autres. Pas du tout. Sous les administrations cantonales de 1843 à 1850, les timbres de Genève étaient français; ceux de Bâle, allemands; ceux de Zurich nous ■ paraissent bilingues. Au commencement du contrôle fédéral sur les postes, en 1849-50, on remarque des timbres allemandsfrançais. Mais en 1854 l'émission porte une figure représentant la Suisse assise. En haut le mot franco sur un côté, 5 centimes, sur l'autre o centesimi, et au bas 5 rappen.

La chose a été simplifiée encore plus que cela: aujourd'hui on se contente d'inscrire le mot HELVETIA et un chiffre montrant la valeur.

La Turquie, sur l'émission de 1913 destinée à commémorer la prise d'Andrinople, a inscrit Postes Ottomanes auprès du texte indigène. Toute la magnifique émission régulière de 1913, à l'exception du 200 piastres à l'eflagie du sultan, conserve cette même inscription.

La Roumélie orientale, aujourd'hui absorbée par la Bulgarie, avait des timbres trilingues: français, russes et arabes, et nous ne serions pas surpris qu'une quatrième inscription que nous n'avons pu déchiffrer, représentât une quatrième langue.

En Afrique, l'Abyssinie, en 1901, a surchargé ses timbres de l'émission de 1894 d'Ethiopie . En 1909, on émet une superbe série nouvelle. Pas de surcharges ici. Il s'agit bien d'un beau timbre bilingue. Postes Éthiopiennes, aux valeurs en français, en regard des inscriptions en langue indigène.

Le Congo belge a, lui aussi, débuté par des timbres exclusivement français. En 1910, on a émis les timbres bilingues, et on continue.

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La colonie française de la Côte des Somalis a eu ses timbres bilingues.

En Asie, la Perse a inscrit Postes Persanes, officiel, relais, provisoire, colis postaux, imprimés, etc., etc., suivant le cas, sur la plupart de ses timbres, à côté du texte persan.

Les timbres de Chine portent China, Chinese Impérial Post, Impérial Chinese Post, The Republic of China, etc., etc., à côté du texte chinois. En Corée, dont les timbres ont été remplacés par ceux du Japon en 1905, on a eu le coréen-anglais Corean Post, Impérial Korean Post; ensuite le timbre coréen-français Postes de Corée.

L'Empire du Soleil Levant a d'abord eu un timbre unilingue; ensuite on a inscrit la valeur 6 seti, 10 sen, plus tard Impérial Japanese Post, auprès du texte national, mais depuis 1899 on est revenu au timbre exclusivement japonais, à part les chiffres arabes indiquant la valeur. .

Plusieurs des bureaux de poste français en Chine ont l'inscription chinoise en surcharge, immédiatement audessous de la surcharge française indiquant le nom du bureau de Poste. Citons Canton, Hoi Hao, Kouang Tchéou- Wan, ]\Iongtzé, Packhoi, Tchongking, etc.

Les timbres de 1" 'Empire sur lequel le soleil ne se couche jamais" méritent une note spéciale.

Il est possible que nos lecteurs, quelques-uns du moins, soient surpris d'apprendre qu'il y a eu, qu'il y a des timbres bilingues dans l'Empire Britannique, alors qu'il n'y en a pas au Canada, psLjs qui se glorifie de ses deux langues officielles.

Pour être bien sûr de ne pas être induit en erreur, nous avons consulté les catalogues anglais Stanley Gibbons, 1915, Whitfield King, 1915, et W. S. Lincoln, 18ème et dernière

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édition. Ceci en plus des catalogues Yvert & Tellier- Champion 1917, Lemaire 1914, Maurj^ 1917, tous catalogues français très estimés, et du catalogue Scott, 1917, le Standard Postage Stamp Catalogue, le meilleur ouvrage publié aux États-Unis sur les timbres-poste.

Nous avons eu, au Canada même, lors de l'émission commémorative du troisième centenaire de la fondation de Québec, le timbre bilingue. Chaque timbre porte la légende Illème Centenaire de Québec. Le 5 sous représente Vabitation de Québecq, le 10 sous, Québec en 1700, le 15 sous, Parlement pour l'Ouest, et le 20 sous. Arrivée de Cartier — Québec

Pas d'autres timbres britanniques bilingues en Amérique, à moins qu'on fasse exception pour ceux qui portent des devises latines, comme la Guyane Anglaise par exemple: Damus Petimusque Vicissim; l'île Saint- Vincent : Pax et Justitia etc., etc. On peut difficilement appeler ces timbres bilingues vu le sens que nous donnons à ce mot. Cependant, pour les tenants du one flag, one language, etc.

HELIGOLAND — Formerly British Colony, ceded to Germany in 1890, dit Whitfield King. Citons W. S. Lincoln, ^^the Oldest Established Stamp Dealer in the World": "Heligoland is a small island in the North Sea, notfarfrom Hamburg, taken from Denmark in 1S07, and was given by the English to Germany in 1S90." Les timbres de 1875 portent "Heligoland" et la valeur en farthing ou pence et pfennig. Bilingues ? Oui.

Les Iles Ioniennes, cédées à la Grèce le 30 mai 1864, d'après Gibbons, ont eu une seule émission, celle de 1859. En anglais ? Pas du tout. En grec seulement.

C'est certainement l'Asie qui offre le plus d'intérêt, ou du moins le plus de ressources, au chercheur de timbres bilingues. Nous avons déjà cité dans la première partie de

cet article ceux de la Perse, de la Chine de la Corée et du Japon.

Hong Kong, établissement anglais, a tous ses timbres bilingues, anglais et chinois. Vous avez bien lu: tous, l'émission, ou plutôt les émissions portant les effigies de la reine Victoria, comme celles portant l'effigie d'Edouard VII et de Georges V. Tous!

LInde mériterait une étude séparée. Les timbres de l'Empire de l'Inde sont rigoureusement anglais. Mais certains États feudataires ont des timbres bilingues. D'autres ont des timbres en langue indigène seulement. D'autres encore ont débuté par des timbres unilingues, mais émettent maintenant des timbres bilingues.

Dans le tableau suivant, la colonne 1 indique les États feudataires ayant des timbres bihngues, 2 indique les timbres indigènes, 3 ceux qui ont débuté par des timbres unilingues et émettent maintenant des bilingues:

Bamra

Alwar

Bhore

Bhopal

Bundi

Dhar

Bussahir

Faridklot

Duttia (Datia)

Charkari

Jammu-Cachemire

Haiderabad

Cochin

Jhalawar

Soruth

Holkar

Jind

Jaipur

Népal

Kishengarh

Nowannugur

Las Bêla

Pountch

Rajnandgaon

Rajpeepla

Sirmoor

Travancore

Wadhwan

Le Labuan et Bornéo ont leurs timbres bihngues.

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Les États de la Malaisie sont partagés en timbres unilingues anglais seulement, et timbres portant en outre des inscriptions en langues orientales:

Unilingues Bilingues

Negri Sembilau Johore

Pahang Kedah

Perak Kelantan

Selangor Trengganu Sungei Ujong

L'Egypte a eu ses timbres franco-égyptiens, elle les a maintenant anglo-égyptiens Le Soudan a ses timbres bilingues

L'UNION SUD-AFRICAINE, c'est-à-dire le Dominion formé par la fédération du Transvaal, de l'État Libre d'Orange, du Natal et de la Colonie du Cap de Bonne-Espérance, a émis ses timbres en 1910. Son premier timbre est superbe: effigie de Sa Majesté avec, dans chaque coin, les armoiries des quatre colonies unies. Les légendes: Union of South Africa, Unie van Zuid Afrika, Postage, Posfzegcl, sont suffisamment éloquentes.

En 1912, nouvelle émission, dessin différent, mais on retient les inscriptions dans les deux langues.

Il y a là, nous semble-t-il, de quoi faire une comparaison tout à l'honneur de nos frères boers. Dans l'esprit de l'humble auteur de ces lignes, c'est là le plus bel exemple du bilinguisme philatélique que l'on puisse trouver.

On trouve aussi des timbres bilingues dans les émissions du sultanat de Zanzibar. Toujours dans l'Afrique, comme vous voj-ez. Ces nègres, hein!!

Aux NoùveUes-Hébrides il existe certain accord entre la Grande-Bretagne et la France au sujet des postes. Il y a

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une émission Nouvelles- Hébrides, monnaie française, et une autre A'ew Hébrides, monnaie anglaise. Bilingues ?

Saviez-vous que lorsque les armées allemandes ont occupé une partie de la France en 1870-71, elles ont créé une série de timbres portant seulement un chiffre, indiquant la valeur et le mot Centimes.

Il est possible que quelques timbres nous aient échappé. Le lecteur qui les connaît excusera ces omissions. Si nous avons besoin d'un argument en faveur du timbre bilingue en Canada, à part ceux que peut nous fournir le présent article, nous n'avons qu'à rappeler à nos gouvernants que nous possédons la carte postale bilingue. De plus, depuis quelques jours on oblitère les lettres à la poste de Montréal avec une annonce française nous invitant à coopérer à l'emprunt de guerre.

Cet article-ci est purement documentaire. Si l'on veut passer aux faits, il faut de l'action, de l'action française.

J.-L.-Vital Mallette

Pointe Claire, le 7 mars 1917.

Nos carnets d'abonnement

Pour faciliter la propagande de la revue, l'administration de V Action française a fait préparer des carnets d'abonnement contenant dix formules de reçus qu'elle tient à la disposition de ses amis. Les réclamer au Secrétariat de la Ligue des Droits du français, 98, Immeuble Dandurand, Montréal.

A TRAVERS LA VIE COURANTE

Un TïlOt II nous revient que quelques braves gens

/J'ûYhîi'rnfin^ s'étonnent de notre campagne. L'un, par ■^ exemple, trouve madmissible, pour ne pas dire

absurde, "que nos maisons d'éducation soient critiquées pour enseigner la comptabilité anglaise"; im autre avoue qu'il ne peut se résoudre, malgré son patriotisme, "à employer le français avec le plus important de ses clients, car c'est un Anglais."

Entendons-nous, messieurs. Qui donc, ici, à l'Action française, qui donc, à la Ligue des Droits du français, s'est jamais opposé à ce que nos jeunes gens apprissent la comptabilité anglaise et nos hommes d'affaires servissent leurs clients dans leur langue ?

Lg ÎGiî^Uê Et pour commencer par ce dernier point, c'est

/Jûç rîi'ûTifc précisément pour son triomphe que nous combattons depuis bientôt sL\ ans. Nous soutenons que tout client, tout acheteur a droit d'être servi dans sa langue par le fournisseur qu'il favorise. Que nos marchands servent donc en anglais leurs clients anglais, nous en sommes; mais que, par contre, ils se fassent servir à leur tour, en français, par leurs fournisseurs.

Le hilinQ.uisfH£ ^^' ^'^^^ ordinairement là que nous man-

quons de sens pratique et de fierté nationale. Et si nous n'y prenons garde, il en sera un peu, pour nous, du biUnguisme, comme il en est trop souvent de l'union sacrée, en France, pour les cathohques: il se fera sur notre dos, à nos propres dépens.

Regardons un peu, par exemple, la façon d'agir du gouvernement fédéral. Il admet le principe du bilinguisme. Il décide même, pressé par d'énergiques revendications, de le pratiquer. Et il publie des cartes postales bilingues. Jusque là, tout est bien, mais voici où nous nous faisons proprement rouler. Ces cartes postales, le ministère des postes ne les met en circulation que dans les centres français, et il continue à ne fournir dans les centres anglais que des cartes exclusivement anglaises.

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Est-ce juste ? Ainsi entendu, le bilinguisme ne devient-il pas une arme contre nous ? n'est-il pas un paravent trompeur derrière lequel se déchire, comme un vulgaire "chiffon de papier," la charte de nos droits?

Chez les CheVCllieTS Ce mauvais exemple, des associations,

rlû Cninmh ^® simples invididus peuvent être portés à

l'imiter. J'assistais, l'autre soir, dans la salle des Chevaliers de Colomb, au Conseil La Fontaine, à la séance annuelle du Cercle catholique des Voyageur de commerce. Sur de grandes pancartes, on pouvait lire: Vestiaire — Checking Room. Parfait! Mais les conseils anglais des Chevaliers de Colomb emploient-ils ainsi les deux langues dans leurs salles ? Y a-t-il, rue Mountain et carré Beaver Hall, des affiches bilingues? C'est inutile, me dira peut-être quelqu'un. Pas plus inutile qu'à la rue Sherbrooke et non moins juste. Autre fait à l'éloge du Conseil La Fontaine. Ouvrez l'almanach des adresses du téléphone de Montréal. A la lettre C, vous trouverez: Chevaliers de Colomb, Conseil Lafontaine; à la lettre K, Knights of Columbus, Lafontaine Council; mais avec cette différence qu'à la lettçe C, ce conseil est le seul inscrit, tandis qu'à la lettre K, il y en a cinq autres: Maisonneuve Council, St-Henri Council, Canadian Council, Dominion Council, Verdun Council. Ici encore donc, le bilinguisme, cette chose excellente, se pratique. . . . sur notre dos. Et ce qu'il y a de plus grave cette fois c'est que non seulement les conseils anglais ne sont pas biUngues, mais que même trois sur quatre des conseils français se sont laissé inscrire uniquement avec des noms anglais. Pour le bon renom des Chevaliers de Colomb, nous espérons que cette anomahe disparaîtra dans le prochain almanach. On peut avoir de boimes raisons pour ne se faire inscrire qu'une fois: que ce soit alors dans sa langue.

MuisOfl de Chez les simples particuliers — peut-être parce

rnmWPrCP '^^'^^ ^o^* moins indépendants de leurs chents — le bihnguisme, bien compris, fait plus d'adeptes. Il n'est pas encore reconnu par tous, mais maintes maisons qui hier encore le dédaignaient s'j' sont maintenant ralliées. Nous en avons cité quelques-unes dans notre dernière chronique, plusieurs autres nous ont été signalées depuis. Ainsi la maison Birks dont le catalogue est rédigé en très bon français, la Northern Electric Co., les chocolatiers Neilson et Willard, les fabricants du col Arrow et, pour nous borner, une maison d'Ecosse, McVilie & Price. Encore un coup, le nombre de ces maisons augmentera ou diminuera suivant que nous, leurs clients français, nous accomplirons ou négligerons notre devoir.

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KnCOTC (lu Le cadre de cette chronique ne me permet pas T//7/ 'r/ryi d'aborder aujourd'hui la question de la comptabilité. Je me contente de noter, en terminant, un nouveau fait qui vient de se produire au Vatican et s'ajoute à celui que nous avons rapporté le mois dernier. Voici le récit qu'en donne la Croix de Paris, du 26 janvier dernier: "Rome. — Un groupe de cent marins anglais, à peine arrivés, demandèrent au.ssitôt une audience du saint-père. Ils furent particulièrement heureu.x de trouver à Rome le cardinal archevêque de Westminster, pour être présentés par lui à Sa Sainteté et lui voir exprimer leurs sentiments au souverain pontife Benoît XV leur adressa en français quelques paroles affectueusement paternelles, leur souhaitant de revoir heureusement- leur patrie et leur foyer."

Encore en français ... . décidément cela devient inquiétant! Ainsi, pour ma part, je ne puis m'empêcher de songer que tel personnage ontarien, tenu, par ses fonctions, de se présenter de temps en temps au Vatican, pourrait bien être obligé de converser lui aussi avec le souverain

pontife en français ? Fasse le ciel que, passant des lèvres du pape

sur les siennes, notre langue lui soit alors si douce, si enchanteresse qu'il jure à son noble interlocuteur de s'en faire désormais, en terre canadienne, l'intrépide chevalier!

Pierre Homier.

PETITES NOTES

Le 25 mars dernier, le docteur Gauvreau donnait à V Association des Employées de bureau une conférence sur la Ligue des Droits du français. Présenté par la présidente, Mlle Daveluy, comme "le. chevalier de la plus aimable dame qui soit au monde: la langue française", notre dévoué secrétaire général fit connaître à ses auditrices le mouvement d'action française dont il est l'un des chefs et leur montra, par des exemples pratiques, comment elles pourraient y prendre part.

Notre dé.sir est de multiplier ces conférences, d'avoir un groupe de ligueurs conférenciers. Nous espérons y parvenir.

Encourager nos annonceurs, c'est encourager notre revue et l'œuvre dont elle est l'organe.

LA LIGUE DES DROITS DU FRANÇAIS

Le premier mars dernier, la Ligue des Droits du français tenait, dans ses nouveaux locaux, sa réunion générale annuelle. Comme les précédentes, celle-ci se fit sans grand apparat extérieur mais avec toutes les caractéristiques d'une œuvre vraiment agissante, agrandissant de jour en jour, pour ainsi dire, le cercle de son influence et destinée à exercer, au sein de notre nationalité, une action profonde.

Pas de discours. Deux brefs rapports, puis un échange de vues bien conduit et pratique entre les ligueurs présents.

Le chef du secrétariat donna le compte-rendu du travail de l'année. Interventions nombreuses auprès des corps pubHcs ou des compagnies commerciales, presque toujours suivies d'heureux effets; pubhcation de l'almanach, tiré cette fois à 2.5,000 exemplaires, et de la revue l'Action française auxquels le public a fait vm accueil si sympathique; traduction de catalogues et de circulaires pour plusieurs maisons, dont plusieurs ontariennes; conférences, articles de journaux et de revues ; -telles furent les principales manifestations pubhques de l'activité de la Ligue.

Non moins succinct fut le rapport du trésorier. S'il n'accuse pas de très beaux dividendes — notre œuvre n'est pas de celles que la guerre enrichit — du moins, grâce au dévouement des rédacteurs de l'almanach et de la revue, heureux de servir gratuitement la langue française, grâce aussi à la générosité de quelques amis — tel le propriétaire de l'immeuble Dandurand — la hideuse banqueroute n'est pas encore à nos portes. Pour cette année donc, au moins, la Ligue traverse sans trop d'avaries, la crise ... du papier, matière essentielle dans la fabrication de ses munitions. Et puis il y a l'appel du camarade Héroux: Pour que l'Action française grandisse. Quelque bonne âme, à qui Dieu a départi l'amomde la langue française et . . . quelques pièces d'or, l'entendra bien d'ici l'an prochain.

Les règlements de la Ligue veulent que tous les deux ans il y ait élection de deux directeurs. MM. Anatole Vanier et Léon Lorrain sortaient de charge cette année. L'assemblée aurait voulu les rééhre tous les deux. M. Lorrain, à cause de ses nombreuses occupations et de la part qu'il doit prendre à la rédaction de la revue, s'est obstinément soustrait à cet honneur. L'abbé Lionel Groulx fut alors proposé et acclamé. Le bureau de la Ligue .se trouve donc maintenant ainsi constitué: MM. le docteiu- Joseph GamTeau, Pierre Homier, Omer

Héroux, Louis Hurtubise, Anatole Vanier et l'abbé Lionel Groulx. M. C.-E. Parrot demeure chef du secrétariat.

M. Léon Lorrain était directeur de la Ligue depuis sa fondation, à laquelle il avait pris part. 11 fut un de ses ouvriers les plus actifs et les plus dévoués. Nous ne saurions laisser passer l'occasion de lui marquer ici toute notre reconnaissance. Il continuera d'ailleurs, dans le comité de rédaction de la revue, à mettre au service de la langue française ses précieuses qualités. Quant à M. l'abbé Groulx, inutile de faire son éloge. Qu'il nous suffise de dire notre joie de le voir devenir un des chefs de notre petite phalange. Il nous apporte une âme vaillante et magnifiquement douée. Notre œuvre s'honore et se grandit en le recevant comme directeur.

Les élections terminées, l'assemblée déUbéra sur différents projets qui lui furent soumis. Et chaque ligueur rentra chez lui, plus attaché que jamais aux traditions de sa race ainsi qu'à sa résolution de travailler à les maintenir sur notre sol.

TRIBUNE DE NOS LECTEURS

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