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LA PREMIÈRE COMMANDE

La première commande pour l'Almanach de la Langue française, édition de 1918, vient de nous arriver. C'est celle d'un excellent curé des États-Unis qui nous réclame tout de suite un millier d'exemplaires. Nous espérons que cet exemple trouvera tout de suite de nombreux imitateurs.

Le prochain almanach s'efforcera d'allier aux meilleures notes de ses prédécesseurs un caractère plus populaire que par le passé. On y trouvera, avec la liste des députés, par exemple, et maintes autres indications d'une utilité immédiate et quotidienne, des conseils d'hygiène, des recettes multiples. A tout cela s'ajouteront, naturellement, les notes les plus précises sur la question française, des éphémérides canadiennes, des chansons populaires, etc.

Nous prions nos amis d'aviser tout de suite à sa propagande. Qui ne peut autour de soi lui assurer quelque diffusion ? Plusieurs curés l'ont déjà répandu dans leurs paroisses; d'importantes maisons d'affaires l'ont expédié à leurs clients comme cadeau du jour de l'an. Ces faits ne peuvent-ils se multiplier ?

L'almanach se vendra, comme l'an passé, 15 sous l'exemplaire, $10 le cent, $75 le mille (frais d'expédition en plus), payable sur livraison. Toute commande doit être adressée au secrétariat de la Ligue des Droits du français, 98, Immeuble Dandurand, Montréal.

À TRAVERS LA VIE COURANTE

De Aîontïécil La belle saison a ramené les voyages par eau. à Québec Q'^°^ ^^ P^^^ agréable et de plus sain que le trajet entre ^Montréal et Québec sur les splendides bateaux de la compagnie Richelieu? Je me suis payé ce luxe, l'autre soir. Ce ne m'était pas arrivé depuis plusieurs années. J'y ai retrouvé la même nature enchanteresse, unique peut-être au monde: cette immense nappe d'eau profonde et calme, déroulant ses flots entre deux rives verdoyantes d'où pointent vers le ciel, de distance en distance, émergeant d'un groupe de maisons, les clochers d'argent de nos églises. J'y ai retrouvé aussi, sur le Québec, le même confort, la même propreté, le même personnel poh et prévenant.

InSCTlptionS Et cependant je n'ai pas goûté mon voyage. Il WyiiliflQUGS °^'^ même désenchanté. La cause, c'est l'angUcisation qui sévit sur les bateaux. Est-ce un fait récent ? Ou ne l'ai-je pas remarqué autrefois ? Toujoiu-s est-il que maintenant toutes les inscriptions à l'usage des passagers sont anglaises. J'ai eu beau fureter de haut en bas, et de long en large: pas une, pas la plus petite, en français.

Cela commence par la grande toile de Suzor Côté, réprésentant Champlain, au dessus du deuxième escaUer. Dans les quatre hgnes qui résument, au bas du tableau, la vie du fondateur de Québec, seul son nom est français. Complètement anglais aussi les en-têtes du papier à lettres et des enveloppes, anglaises les cartes placées près des extincteurs, anglaises les casquettes des employés, anglaises les feuiUes où est écrit le menu, anglaises enfin toutes les indications mises dans les salles et les cabines.

Inconvénients Ce dernier point est important. Ces bateaux

du système transportent beaucoup d'étrangers: des Américains, des Anglais, des Français. Que vont-ils penser de notre province en y constatant cet usage exclusif de la langue anglaise ? Et encore n'est-ce pas là le principal inconvénient du système. La plupart des voyageurs sont des Canadiens français. Quelquesuns, sans aucun doute, ne comprennent pas l'anglais. Comment alors

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connaîtront-ils les renseignements que contient, dans cette seule langue, chaque cabine et auxquels est lié non seulement le confort, mais aussi la sécurité des passagers? où se trouvent, par exemple, les appareils de sauvetage et la meilleure manière de s'en servir. Il y a là, en vérité, une lacune dangereuse.

Et qu'on n'essaie pas de rétorquer l'argimient en disant: Mais l'Allemand, l'ItaKen, le Eusse voyagent aussi parfois sur ces bateaux. Faudrat-il mettre lés avis dans toutes les langues? — D'abord, on ne saurait assimiler un voyageur de hasard à des voj^ageurs d'habitude; ensuite, ces étrangers, qui peuvent ainsi voyager dans la province de Québec, sont censés comprendre quelque peu ou l'anglais ou le français. Ce sont les deirx langues du pays. On ne s'y aventure pas ordinairement seul sans savoir l'une ou l'autre. Prenons comme exemple les bateaux qui font la traversée de la Manche, entre la France et l'Angleterre. Ils ne sont pas placardés d'indications en cinquante langues. Deux suffisent: celles des pays qu'ils desservent, l'anglais et le français.

CdïHpGSMB Ce système bilingue devrait être à la base de toutes nos d'été entreprises d'ordre public. Là où il n'existe pas, impo-

sons-nous l'obligation de le réclamer. La compagnie Richelieu nous en offre d'ailleurs l'occasion. Elle met dans chaque cabine une carte où les passagers sont invités à indiquer les améhorations qu'ils jugent opportunes. Je n'ai pas hésité à demander l'emploi des deux langues, de la française comme de l'anglaise. Pourquoi tous les Canadiens français qui font le trajet entre Montréal et Québec n'agiraient-ils pas ainsi? C'est la "campagne d'été" que VAdion française propose à ses. amis. Si vraiment ces cartes servent à quelque chose, si on tient compte des remarques sérieuses qui s'j^ trouvent consignées, comment rejeter celles-ci ? Rédigées en termes courtois, signées de noms respectables, revenant, pour ainsi dire, à la charge chaque jour, elles s'imposeront à l'attention des directeurs de la compagnie. Faisons remarquer — pour quelques braves gens — que cette campagne, comme toutes celles d'ailleurs entreprises jusqu'ici par la Ligue des Droits du français, n'est aucunement dirigée contre la langue anglaise. Elle reconnaît ses droits, mais elle voudrait qu'on reconnût aussi, à côté^ ceux de l'autre langue officielle du paj'S, la langue des pionniers du sol,

DqïIS les TU€S Ce que nous demandons à la compagnie Riche-

d* Outï CinOflt ^^^^' nous le demandons aussi à la ville d'Outre-

mont. Il nous était revenu de différentes sources

que le français y recevait parfois d'as.sez rudes accrocs. Or, l'autre

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jour, passant sur le chemin Sainte-Catherine l'idée nous vint d'examiner les plaques qui, à l'angle des rues, portent son nom. De l'avenue Laurier au chemin Belhnghani, il n'y a, d'un côté, que des St. Catherine Road; de l'autre, sur dix plaques, on trouve neuf St. Catherine road et un seul Chemin Ste-Calherine! Le fait se passe de commentaires. Il a pu échapper à l'attention du maire et de ses conseillers. Nous nous permettons de le leur signaler respectueusement.

Pierre Homier.

NOTRE ENQUETE

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