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LES ÉPICIERS EN GROS

Dans plusieurs branches de l'industrie et du commerce, le principal ennemi de la langue française c'est le manufacturier ou le négociant en gros. Anglais, il ne met sur ses produits que des inscriptions anglaises, et les petits marchands qui s'approvisionnent chez lui ont ordinairement assez à faire pour obtenir qu'on traite avec eux dans leur langue, qu'on leur envoie des factures et des voyageurs français: ils ne se risquent pas à parler de ces mscriptions unilingues.

Mais dans l'épicerie, il ne saurait en être ainsi. Cette cause première de l'anglicisation n'existe pas, ou du moins son influence est bien secondaire. Prenons par exemple Montréal. Le haut commerce est entre les mains des Canadiens français. Ce sont leurs maisons qui fournissent la plupart de nos épiciers. Elles font fabriquer elles-mêmes un bon nombre de produits. Elles ont leurs marques spéciales. Elles peuvent donc rendre française ou bilingue cette branche importante du commerce.

En est-il ainsi? Malheureusement non. Si quelques maisons en effet comprennent levu" devoir, d'autres ou l'ignorent ou même s'en moquent. Nous avons actuellement entre les mains le dossier d'une de ces maisons montréalaises, l'une des plus importantes du Canada. Il est absolument révoltant.

De parti pris, en effet, froidement, sans aucune considération pour les conséquences désastreuses que comporte leur attitude et qui leur ont été signalées, les chefs de cette maison renient la langue française. Ils la foulent aux pieds.

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Veut-on quelques pièces convaincantes ? Dans cette maison canadienne-française, sont en anglais exclusivement:

1. Les étiquettes des produits, sauf pour quelques-ims importés de France, d'Angleterre et de la Louisiane;

2. les directions données aux vendeurs — instructions to the salesmen;

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