‹ L'Action canadienne-françaiseChapitre 68 sur 136 · les connaissements, les entrées de douane et d'accise · texte numérisé non relu

les connaissements, les entrées de douane et d'accise

4. les avis imprimés sur les papiers buvards distribués chaque semaine;

5. les commandes données à d'autres maisons, ainsi : two only cases P.E.K. Gin red;

6 les en-têtes des différents papiers: Canned good contract, Spices & Extracls Conlest, My Day's work, Priniing Department, Addressograph Department, etc., etc.;

7. les inscriptions placées dans le magasin. A la porte, par exemple, du bureau d'un des chefs de la maison, on peut lire sur un rideau ajustable à volonté: Ont — In the building — Not to be disturbed — Ready for coller s, etc., etc.

Et ce chef est Canadien français, et ses associés aussi, et ses employés de même. Mais tous, à une ou deux exceptions près, les premiers par la plus étrange des aberrations, les autres parce qu'on leur a enseigné ou imposé cette manière, se dépouillent, dès qu'il s'agit de commerce, de leur nationalité. Et ainsi il existe, dans cette maison, ime atmosphère vraiment mortelle pour la langue et même pour la mentalité et la fierté françaises.

Qu'allèguera-t-on contre ces faits ? Quelle défense apporter ? Plaider inconscience ou ignorance. . . .mais l'attention du gérant de la maison a été plus d'une fois attirée sur cet état de choses. — Mettre en avant l'impossibilité d'agir autrement pour réussir. . . .mais d'autres maisons qui réussissent ont adopté une toute autre attitude.

Il faut sans doute ici des exemples. Nous allons en donner un. Et cela nous permettra de voir l'autre côté de la médaille, comment quelques maisons au moins ont compris leur devoir.

La maison Patenaude-Carignan Limitée n'est établie que depuis quelques années. Elle s'est déjà créé dans le monde de l'épicerie une situation enviable. Or ses efforts ont toujours tendu à devenir im établissement bilingue. Sans doute la langue de la maison est française. C'est elle dont on se sert pour les livres, les inscriptions à l'usage des employés, les relations entre ceux-ci et les patrons et même entre la mai-

son et les fournisseurs anglais. Mais par contre tout client anglais qui s'y présente est certain d'être servi dans 8a langue; et surtout les produits de la maison portent des étiquettes bilingues. Là principalement se sont portés les efforts des chefs de la maison. ILs ont rencontré dans leur chemin plus d'un obstacle: difficulté de traduction, frais d'impression, etc. Aucun ne les a arrêtés. Ils étaient prêts à subir quelques dommages plutôt que de sacrifier leur langue. L'expérience leur a prouvé qu'on peut à la fois servir sa langue et réussir en affaires. Leur marque Frontenac, pare.xemple, pour conser^'es de légumes, raisins épépinés, etc., est devenue très populaire. Ainsi leur huile d'oUve Jeanne d'Arc.

Ce que cette maison a accomph, d'autres pourraient le faire, celle en particulier dont nous avons dû tout à l'heure étaler le triste dossier. Le mouvement d'ailleurs est en marche. Notre population réclame de plus en plus des articles aux inscriptions françaises. Nos marchands de détail le savent, les épiciers comme les autres. Ils les exigeront de leurs fournisseurs. Les manufacturiers et les négociants en gros qui, au heu d'entrer dans le courant, de le diriger même, tenteront de se mettre en travers, n'y gagneront rien. Ils ne l'arrêteront pas. C'est lui plutôt qui les emportera.

Le Comité d'Exquête.

TRIBUNE DE NOS LECTEURS

Page 1