CANADIEN-FRANÇAIS
Un de nos amis, actuellement en Europe, nous écrit: "Le substantif Canadien-français, écrit avec un c majuscule, un trait d'union et un f minuscule, me sourit de moins en moins. Quelles raisons a-t-on donc fait valoir pour adopter cette orthographe ? Quel exemple" a-t-on trouvé pour s'y autoriser ? Nulle part, je n'ai vu un précédent à cette façon d'écrire. S'il n'y avait pas de trait d'union, français étant adjectif s'écrirait bien sans majuscule, mais unis par un trait, les deux mots sont considérés comme substantifs. D'ailleurs quelles que soient les raisons des partisans de cette orthographe, eussent-ils la logique pour eux, tout cède devant l'usage. Or l'usage en France est d'écrire avec deux majuscules. Pas un Français, à ma connaissance, n'a encore écrit notre nom comme nous l'écrivons nous-mêmes, dans des ouvrages
publiés. Moi-même, je vous l'ai déjà dit, j'ai vu plusieurs fois mon orthographe corrigée par les éditeurs de revues ou de journaux français. Je ne vois pas quel avantage nous avons à maintenir une orthographe contre laquelle semble s'insurger le sens de la langue. Je suis persuadé que nous n'imposerons jamais aux Français ni l'orthographe ni la prononciation d'un seul mot et que nous avons grandement tort de nous y essayer."
NOTRE PARLER
Des Trois-Rivières, M. Ls-D. Durand nous écrit: "Il arrive souvent que des personnes de langue anglaise nous disent que le français du Québec n'est pas le même que celui qui se parle en France, qu'il lui est inférieur, que c'est un patois. Quelques-unes corsent l'histoire en affirmant avoir rencontré tel ou tel "Français de France" qui déclarait n'avoir pu comprendre le français que parlent les gens du Québec.
"N'y aurait-il pas moyen, Monsieur le Directeur, de trouver, à la Revue, quelqu'un de bonne volonté, qui se chargerait de réimir en un seul article toutes les opinions émises sur le sujet, soit dans la presse ou ailleurs, par des personnages comme Labori, Bazin, Arnould et tant d'autres ?
"Ce serait une excellente façon de condenser en quelques pages ce qui peut mieux que toute autre chose convaincre les personnes de bonne foi et incapables de juger par elles-mêmes à cause de leur ignorance de la langue française : des témoignages de gens compétents."