UN CLERGÉ NATIONAL
La Revue dominicaine a publié, sous la signature du R. P. Rodrigue Villeneuve, l'Oblat bien connu, deux articles remarquables sur le clergé national.
Un clergé de même race et de même langue que ses ouaiUes, est-ce là, dans la constitution de l'Eglise, un élément essentiel, et les fidèles y ont-ils un droit strict ? Non, répondent à la fois la raison, l'histoire et la discipline catholique. A cette première réponse cependant une seconde vient aussitôt s'ajouter qui la complète et l'éclairé: ce clergé toutefois est ordinairement une condition de l'étabhssement et des progrès de la société cathoUque. Ainsi apparaît-il aux yeux de l'Église. Aussi "sa prudence, sa clairvoyance et son humanité douce autant que forte favorisent, partout où c'est possible, la création et la continuation d'un clergé national."
Fortement documentés, s'inspirant aux meilleures sources, écrits avec "modération et sagesse", ces articles jettent une vive lumière sur ime question des plus importantes. On ne saurait la traiter désormais sans y recourir. Xous regrettons de ne pouvoir ici qu'at irer sur eux l'attention de nos lecteurs. Donnons-en au moins la si substantielle conclusion. "Que personne n'exige donc un clergé national comme de stricte justice ou de toujours impérieuse nécessité. Admettons que, dans cette mosaïque de peuples qui cou\Tent le sol américain, il n'est point toujours facile de satisfaire dans l'espèce aux prétentions capricieuses ou même aux revendications légitimes de tant de groupes divers. Mais ne méprisons pas non plus l'un des plus dignes sentiments du cœur humain; ne souhaitons point le nivellement des frontières; ne mettons point l'égahtarisme brutal et l'homogénéité inerte, là où là nature et la Providence veulent l'organisation et la variété de ce qui est vivant ; n'essaj-ons point de réduire tant de peuples différents à une xmiformité qui répugne et qiù ne peut être que de la confusion; ne prenons point le change: le catholicisme n'est ni l'internationaUsme ni aucun impériaUsme. de quelque couleur que ce soit. Souvenons-nous plutôt qu'au ciel, pour
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adorer l'Agneau, il y aura des élus ex omni tribu, et lingua, et nalione, de toute langue, de toute race et de toute nation, et que l'Église d'icibas forme le prélude, la figure, le principe, la base et la pierre d'attente de l'éternelle Jérusalem des cieux." — P. H.