UNE SUITE
Nous voudrions ajouter à l'article, si plein de faits et qui suscite tant de pensées, de M. Cabana quelques brèves réflexions sur un sujet connexe.
L'administrateur-général de la Sauvegarde montre, pa^ des exemples choisis dans le domaine de ses observations propres, avec quelle facilité, et quelle dangereuse efficacité ! nous laissons tourner au profit de nos concurrents une arme qui nous appartient, qui devrait servir à nous fortifier.
Nous faisons la même chose tous les jours, dans un autre domaine.
La connaissance des deux langues est un facteur économique de premier ordre, qui représente d'ailleurs une dépense de temps et d'argent considérable. Si les choses se passaient comme, normalement, elles devraient se passer; si Anglais et Français se servaient habituellement, quand ils s'adressent à leurs fournisseurs, de leur langue maternelle, nous tirerions de ce facteur le maximum de bénéfices; car, en règle générale, nous sommes les seuls bilingues. Mais, comme les choses ne se passent pas normalement, nous tournons à l'avantage propre des Anglais qui n'ont pas su, ou pas voulu, apprendre le français, notre connaissance des deux langues.
Une historiette que l'on nous racontait dernièrement illustre ce point de façon topique.
Un jeune homme se présente dans une maison anglaise. Il essaie de se faire entendre en français. Inutile. Il s'adresse alors au patron et lui dit, en anglais: Ne croyez-
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vous pas qu'il vous serait utile d'avoir ici quelqu'un qui comprenne le français? — Pourquoi? — Mais vos clients français, vous en avez — je connais personnellement l'un d'entre eux, M. X. — devraient être heureux de vous parler français. — M. X. ?. . . Il fait toujours ses commandes en anglais. . . Et le jeune homme dut quitter la maison, désarçonné.
— Ainsi, nous disait M. X., de qui nous tenons ce fait, j'ai, par mon usage intempestif de l'anglais, fait refuser de l'emploi à un Canadien-français qui l'aurait probablement eu autrement. Le mauvais usage que j'ai fait de ma connaissance des deux langues a empêché ce compatriote de tirer de son instruction supérieure le bénéfice qu'il avait le droit d'en attendre. Ma supériorité personnelle, mal utilisée, permettait à mon correspondant de n'employer que des unilingues, d'écarter dédaigneusement les services des Canadiens-français. . . On ne m'y reprendra plus ! -
Mais combien de jeunes Canadiens-français pourraient, avec quelques variantes, refaire l'histoire de ce jeune employé? Combien de situations, qui devraient normalement leur revenir, sont attribuées à des unilingues parce que nous nous sommes, à temps et à contre-temps, servis de l'anglais, dispensant ainsi nos compatriotes de langue anglaise d'utihser les services d'employés bilingues ?
— Notez bien que nous ne prêchons là aucun exclusivisme : nous avons vingt fois répété que le client a le droit d'être servi dans sa langue; nous voudrions simplement que le Canadien-français usât de ce droit comme l'Anglais, qui fait cela si naturellement que personne n'a besoin de le lui rappeler, et que personne ne songe à le lui reprocher.
Si nous suivions sur ce point l'exemple des Anglais
— il convient souvent de les imiter — le nombre des fonctionnaires pubhcs et des employés de race française aug-
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menterait rapidement, et nous n'entendrions plus ceux qui occupent actuellement ces fonctions nous raconter d'extraordinaires histoires : celle, par exemple, de l'avocat canadienfrançais de Montréal qui écrivait en anglais au ministre canadien-français des Postes.
Prenons donc, une fois pour toutes, cette résolution, d'élémentaire bon sens, de ne point tourner contre nous nos propi'es armes.
Omer Héroux.
NOTRE ALMANACH
Notre Almanach se prépare tranquillement el les commandes commencent à arriver. Nous en avons même deux de mille exemplaires chacune.
L' Almanach, cette année, sera d'un caractère plus populaire que les années précédentes. Il contiendra des informations, des recettes, des conseils pratiques que l'on n'avait pu insérer dans les éditions précédentes. On s'efforcera en même temps de lui conserver les meilleures de ses caractéristiques anciennes.
Nous prions nos amis de songer tout de suite à la propagande. Les conditions de vente la rendent facile: 15 sous l'exemplaire, $10 le cent, S75 le mille. Beaucoup de patriotes dévoués, prêtres et laïques, peuvent placer autour d'eux une centaine d'exemplaires, d'autres peuvent faire bien davantage. A preuve les deux qui ont déjà commandé un millier d'exemplaires chacim. Qui sera le premier à marcher sur leur traces?
Quelques marchands ont déjà pris l'habitude d'offrir l' Almanach en hommage à leurs clients. C'est im exemple à suivre.
On peut tout de suite adresser les commandes au secrétariat de la Ligue des Droits du français, Immeuble La Sauvegarde, biureau 32, à Montréal.
Les premiers arrivés seront les premiers servis.
PARLONS MIEUX