‹ L'action de Benoît XV pendant la guerreChapitre 30 sur 33 · Le 6 juillet 1915, le cardinal secrétaire · texte numérisé non relu

Le 6 juillet 1915, le cardinal secrétaire

l’action de benoit xv

d’Etat déclare par lettre publique à l’ambassadeur belge auprès du Saint-Siège, que l’invasion de la Belgique, reconnue d’ailleurs par le chancelier d’Allemagne comme une violation du droit international, se trouve comprise dans la condamnation générale des injustices prononcée dans l’allocution du 25 janvier.

27. Un peu plus tard (28 juillet), le pape reprend ce thème. Le pangermanisme fait alors de la confiscation définitive de la Belgique un dogme de la politique allemande.

« Qu’on y prenne garde! observe le Pontife romain. Les nations ne meurent pas; humiliées, opprimées, elles portent en frémissant le joug qu’on leur impose ; et elles se transmettent de génération en génération un triste héritage de haine et de vengeance. »

28. Le 4 décembre 1916, à l’occasion de la promulgation du nouveau Code canonique, Benoît XV prononce ces graves paroles :

« La folie de cette guerre qui ravage l’Europe ne proclame-t-elle pas quelle énormité de désastres et de ruines peuvent survenir, lorsque sont méprisées les lois éternelles qui régissent les relations internationales? Quel spectacle s’offre à nous dans ce bouleversement général du monde ! Les choses d’Eglise profanées; les hommes d’Eglise indignement traités, même quand ils

sont d’une haute dignité, et en dépit des lois divines et du droit 4es gens qui devraient les rendre inviolables ; des citoyens pacifiques éloignés de leur foyer, au milieu des larmes des mères, des épouses et des enfants; des villes ouvertes et des populations sans défense livrées

* en proie aux raids aériens ; sur terre et sur mer de tels méfaits multipliés que l’âme en est remplie d’horreur et comme déchirée... Nous déplorons

* tant de maux accumulés; toutes les injustices perpétrées dans cette guerre, nous les réprouvons de nouveau, quels qu’en soient le théâtre et les auteurs. »

29. Il ne saurait échapper à personne que dans toutes les occasions où Benoît XY a élevé la voix pour la protection de n’importe quelle liberté — et nous avons énuméré ces occasions dans le paragraphe précédent — il a proclamé, par là même, l’inviolabilité du droit tout court et de la justice éternelle.

l’action de benoit iv

Y.— Caractères de la paix voulue par le Saint-Père.

30. Dès le 8 septembre 1914, quelques jours à peine après son élection, BenoîtXV a fait entendre sa voix au milieu du fracas de la guerre, pour dire aux chefs d’Etat :

« Nous les en prions et conjurons ardemment, qu’ils songent dès aujourd’hui à sacrifier leurs discordes au salut de l’humanité. La vie mortelle est remplie de trop de misères et de larmes pour qu’il faille y ajouter encore. »

31. Dans sa première encyclique (1er novembre 1914), le pape renouvela ce vœu, dans le langage le plus pressant :

« Qu’ils nous entendent, nous les en prions, ceux dont les mains portent la fortune des États. Si des droits ont été violés, il est, pour les réparer, d’autres moyens que les armes. Qu’on recoure à ces moyens, dans l’intérim d’un armistice, avec une entière bonne foi et une volonté sincère. »

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