‹ L'action de Benoît XV pendant la guerreChapitre 4 sur 33 · Revue de Paris , 1er novembre 1918, p · texte numérisé non relu

Revue de Paris , 1er novembre 1918, p

l’action de BENOIT XV

belge, de ne point exposer sa dignité aux hasards d’une polémique.

M*** n’est pas assez hardi pour passer sous silence les déclarations du cardinal Gasparri à M. Vanden Heuvel ; il fait lui-même une allusion à la Note de Benoît XV dans laquelle est revendiquée « la pleine indépendance politique, militaire, économique de la Belgique vis-à-vis de n’importe quelle puissance » . Ces textes ont contenté le cardinal Mercier ; il l’a dit publiquement à son peuple. Ils ne contentent pas M*** qui, évidemment, se connaît en bravoure mieux que l’héroïque archevêque de Matines. N’osant toutefois faire la leçon au prélat, M*** attrape M'. l’abbé Octave Misonne, un prêtre belge, docteur de Louvain, qui a défendu Benoît XV dans une brochure récente ; sans sourciller, notre justicier anonyme déclare que cette brochure prouve, « avec la droiture de l’ouvrier, sa parfaite ignorance de la politique pontificale » .

De tels procédés de discussion disqualifient un homme. M*** en est si fier qu’il les répète sans se lasser.

2° Il pense avoir « démontré, à la rigueur dçs termes », que Benoît XV « refuse d’admettre que l’Entente ait pour la justice plus de respect que les Impériaux » .

Personne n’a le souvenir que le pape ait jamais hasardé cette comparaison. M***, qui est subtil,

prouvera qu’il l a hasardée sans la hasarder. On va juger de sa démonstration (1). En face de la formule de prière pour la paix rédigée par le pape en janvier 1915, notre gouvernement s’effa roucha, fit saisir la formule ;il est vrai, BenoîtXV déclara à l’évêque de Nice qu’il avait en vue la paix par la justice dont avait parlé le cardinal Amette ; mais, observe M*** d’un air entendu, qui sait ce que Benoit XV appelait justice ? Ne sait-on pas que, dans le grossier pamphlet, signé Benedetto Governa, le cardinal Àmette et le cardinal Mercier sont injuriés, pour le fait de vouloir subordonner la paix à la réparation des iniquités commises?

Pour étayer ces raisons fort branlantes, M*** ne trouve rien de mieux que rénonciation des faits suivants: le 19 février 1917, en adressant la parole aux prédicateurs du Carême à Rome, le Souverain Pontife a dit que les fléaux publics sont une expiation des fautes par lesquelles les nations se sont séparées de Dieu ; dans une allocution du 1er décembre 1916, à l’occasiom de la béatification future d’un Français, le vénérable Garicoïts, BenoîtXV a invité nommément la France à comprendre qu’il n’y a point de vie chrétienne sans amour de Dieu ; par ailleurs, le nonce Àversa, en remettant ses lettres de créance au roi de Ba-

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