Revue de Paris , lev novembre 1918, p
l’action de BENOIT XV
d’une daine Irma Casier qui aurait reçu ses confidences; ce qui décide la querelle.
Au début de février 1917, Y Unità cattolica publia un article prédisant la ruine de la France, de l'Angleterre et de la Russie, tandis que F Italie serait sauvée par la papauté ; dans une brochure lancée en avril 1916, et intitulée : La formule de la paix, un avocat, nommé Enrico Bafile, affirme que la paix ne saurait venir, sinon d’un compromis sanctionné par une entité plurinationale, et que, pour s’y rallier, chaque Etat doit prendre conseil de ses seuls intérêts.
Enfin, dans son allocution du 28 juillet 1915, le pape invitait tous les belligérants à échanger des vues.
Que souhaiter de plus? Tous ceux qui ne concluront pas que Benoît XV mettait sa diplomatie au service de l’Allemagne victorieuse, ne sauraient être que des sots.
Tel est le bric-à-brac d’arguments avec lequel M*** pense étonner ses lecteurs, écraser Benoît XV, sauver l’Entente. Il est difficile de montrer plus de mépris de la logique et de l’honneur. C’est en rendant gratuitement le pape responsable de quelques brochures, de certains articles de journaux, d’interviews démenties et de papiers écrits à la machine, qu’on prétend l’inculper de duplicité, de mensonge, d’amoralisme.
S’il est vrai, comme on le murmure, que M***
PENDANT LA GDERRE
est démobilisé à Rome, pour travailler à la propagande française, voilà le gouvernement de la République royalement payé de ses faveurs, et notre pays servi avec une efficacité rare. Gela rappelle les belles conférences socialistes de certains de nos délégués officiels, à travers les Espagnes, afin, sans doute, d'amener les catholiques espagnols à devenir francophiles.
Catégorique dans ses conclusions, et ridicule, faible, odieux dans ses moyens de preuves : tel apparaît l’acte d’accusation dressé par M***. L’analyser, c’est le réfuter ; en attendant le Livre blanc que nombre de bons esprits souhaitent
voir publié par Rome (1).
Au surplus, M*** s’abuse étrangement sur la position même d’une question primordiale.
1. Tandis que je corrige les épreuves de cette préface, paraît le Temps du 8 décembre. En premier Paris, on y met avec colère le Vatican en cause, au sujet d’un article du Corriere dJItalia, sur la question du Rhin.
C’est le procédé cher à M***. En le faisant sien, le Temps donne le droit de craindre que le Quai d’Orsay et le palais Farnèse n’argumentent avec la fantaisie passionnée du rédacteur anonyme de la Revue de Paris. Si vraiment notre diplomatie en est à ce point d’arbitraire, il lui manque la clairvoyance, la justice et la courtoisie. Rien que cela.
Le Temps termine ses alinéas contre Rome, en observant que les deux articles de M*** « fourniraient une excellente base à la discussion » de la politique pontificale, « en attendant des déclarations plus complètes ». Si ces derniers mots ne sont pas vides de sens, ils annoncent une campagne de presse contre le pape. Nous verrons.
D’après lui, le pape devait choisir entre deux thèses : l’une, allemande, disant que la guerre de 1914 est un conflit d’ambitions comme il y en a eu tant ; l’autre, française, voulant que cette guerre soit une nouveauté dans l’histoire du monde (1).
Tout le monde le sait, les thèses se sont précisées, à mesure que les événements s’ajoutaient aux événements. La durée de la guerre, le besoin, pour les journalistes et les parlementaires, de formules simples afin de saisir fortement l’opinion, ont amené les essais de schématisation où se complaît l’esprit gnomique de M***. En 1914, il s’agit uniquement de savoir si l’Allemagne et l’ Autriche sont en droit de tirer l’épée plutôt que d’accepter la note serbe; sila Russie et la France ont raison de ne pas laisser écraser la Serbie ; si l’Angleterre doit permettre l’invasion de la Belgique.
Voilà les questions posées à l’origine du conflit. Et elles ne sont pas, quoi qu’en pense Aî ; '% « une nouveauté dans l’histoire du monde». Toujours on en est venu aux mains, parce qu’un plus fort voulait abuser de sa force ; cela a commencé avec la querelle tort lointaine de Caïn et d’Abel. De même M*** s’imagine que les « moyens » de guerre des Allemands sont nouveaux. Par la