EXPÉRIENCES PERSONNELLES
N'ayant pu ni fournir à la papaïne son substratum physiologique ni disposer de préparations fraîchement extraites, nous avons opéré de la façon suivante. La papaine utilisée est une préparation Byla (titre 80) obtenue par dessiccation de sucs purs provenant de l’exsudation des fruits de Carica papaya de Ceylan. Dans la plupart de nos séries d’expériences, nous l’avons utilisée telle quelle, dans d’autres nous l’avons purifiée d’après WiLLSTAETTER et GRASSMANN : 3 grammes de la préparation brute sont délayés dans 200 cm° d’eau, additionnés de 0,75 gr. de cyanure de K et laissés trois jours à l’étuve ; ensuite on amène la préparation à une teneur de 80% d'alcool, on centrifuge, le culot est dissous dans de l'eau et filtré. Au lieu d'évaporer cette solution dans le vide, nous l'avons utilisée directement. Cette préparation produit, exactement comme la préparation brute, les phénomènes d’hydrolyse et de condensation que nous allons décrire.
Bien que nos essais aient montré qu’une activation spécifique n’est pas indispensable dans les conditions de nos expé-
ED
riences ou plus exactement qu’elle est obtenue par un potentiel d’oxydation-réduction du milieu suffisamment bas, nous avons souvent ajouté à la papaine au moment du délayage du cyanure de K ou du ferrocyanure de K (une goutte d’une solution concentrée pour 0,1 gr. de papaïne) que nous avons laissé agir pendant une demi-heure environ et qui active comme le cyanure. La concentration de papaine dans le milieu de digestion à été le plus souvent de 1 p. mille.
Le substratum est de la gélatine Coignet (étiquette or) à 10%. En amenant tous les lots au même volume final, nous avons réalisé une concentration du milieu de 5%. La stérilité est assurée par une addition de toluène.
Les témoins sont des lots placés à la glacière électrique: réglée à 0° et qui sont dosés en même temps que les lots ayant séjourné à l’étuve. Cette façon de faire n'offre pas une garantie absolue. Des dosages de contrôle avant et après séjour à la glacière ont montré un très léger début de digestion (effectuée peut-être avant le refroidissement du milieu). Des témoins conservés à la glacière après addition d’une substance inhibitrice ou plongés immédiatement dans un mélange réfrigérant ont par contre donné toute satisfaction.
Les digestions sont effectuées pendant 3 heures à 370. L’augmentation de l’azote formoltitrable est rapportée à celle obtenue sans addition d’oxydants ni de réducteurs après 6 heures de séjour à l’étuve, délai après lequel un équilibre est atteint dans les conditions de l'expérience. Nous tirons donc de nos dosages dans chaque série les valeurs de rendement. Pour établir ce rendement, il faut d’abord retrancher de la quantité d'azote formoltitrable trouvée dans le lot expérimenté celle préexistante avant la digestion, puis rapporter cette valeur à la quantité maxima d’azote formollitrable dégagé au terme d’une digestion complète. Ce rapport sera exprimé en p. cent de la valeur maxima. Cette double opération peut être symbolisée par la formule suivante où N représente l’azote Tormoltitrable.
N lot expérimenté — N lot glacière N lot digéré totalement — N Jot glacière”
Rendement — 100
Les valeurs ainsi obtenues restent comparables d’une expé-
rience à l’autre même si les conditions varient légèrement.