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Les expériences sur la pepsine montrent à la fois l’insensibilité au potentiel de cet enzyme et l’absence de toute action toxique des réactifs utilisés. En présence de ces réactifs la pepsine a, en effet, la même activité que dans les témoins. Les Corps ajoutés agissent manifestement dans nos expériences par le niveau de potentiel qu’ils fixent dans le milieu, car les points expérimentaux se rangent sur les graphiques suivant le polentiel atteint et non suivant la nature chimique du réactif ayant servi à modifier le potentiel. La même quantité de réactif peut, dans deux séries d'expériences, réaliser des potentiels différents: le rendement de la protéolyse correspond au potentiel. En plus, les résultats obtenus par fermeture en absence d'air des tubes, par introduction d’un activateur physiologique et qui est un réducteur en même temps, tel l’acide ascorbique ou encore par addition d’un réducteur minéral se confondent. C’est en raison de ces constatations ‘que nous nous sommes cru aulorisé à considérer le potentiel d’oxydation-réduclion comme variable intervenant en premier lieu dans nos expériences à pH constant. Les phénomènes sont donc analogues à ce qui se passe dans l'échelle des pH où également la nature, de l’acide ou de la base n'intervient pas, au moins en première approximation. Il est probable qu'une analyse plus fine, mais qui est impossible avec nos résultats, montrerait pour les potentiels la même complication que pour le pH par la superposition d'actions spécifiques.
On peut se demander, en diseutant nos expériences, par quel mécanisme l’action du cyanure aboutit dans certains cas au même résultat qu'une activation Par abaïssement de potentiel bien que le cyanure ne soit pas un réducteur dans le sens chimique du mot. Certaines données nous apportent peut-être une explication: le potentiel caractéristique d’équilibres bien définis comme le système ferri-ferrocyanure est déplacé en présence de cyanure (MaAsakr et IKkATAT) . La fixation de CN sur la méthémoglobine abaisse le potentiel d'équilibre d’oxydation-réduction de ce corps de 303 mV (BARNARD). Mais peutêtre le cyanure agit-il aussi par des phénomènes secondaires, il joue en effet un rôle important dans certaines réactions enzymatiques d’oxydation et de réduction.
On constate que nos valeurs expérimentales ne définissent: une courbe qu'avec une certaine approximation. Nous r’attribuons pas ce flottement à un manque de précision de la technique: des dosages de contrôle exécutés maintes fois nous ayant loujours confirmé une exactitude très satisfaisante. Nous croyons plulôt que les résultats obtenus dans différentes séries ou même dans les différents lots d’une série ne sont pas absolument concordants en raison de la difficulté qu’on éprouve
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à fixer les différentes variables intervenant dans le décours d’une réaction enzymatique en milieu complexe. La réaction étudiée elle-même, et surlout d’autres réactions évoluant en même temps peuvent faire varier le pH, le potentiel d'oxydation-réduction et d’autres caractéristiques du milieu. Ces réactions parasites sont évidemment spécialement importantes dans des expériences d’autolyse et ont maintes fois gêné des recherches même plus simples que celles que nous avons entreprises (voir par exemple KLEMEN et Srucin). Il ne faut pas oublier, en outre, que les ferments des tissus ne sont pas des systèmes fixes. GOLDSTEIN qui à consacré une recherche aux protéinases extraites de différents tissus note expressément que leur activité varie suivant les conditions, y compris l’âge de l'animal, la saison, etc... Et suivant les cas, les activateurs agiraient différemment, comme d’autres auteurs (par exemple ORECHOWITSCH, WeiL et RusseLL) l'ont également constaté. Nos résultats obtenus sur le veau, et le Bœuf ne se superposent d’ailleurs pas.
Nous ne revenons pas sur la valeur de la formoltitration comme méthode d'investigation. Nous croyons avoir établi, dans un chapitre précédent, sinon sa supériorité, au moins ses avantages du fait de sa précision, de sa fidélité et de la signification fondamentale de l'azote formoltitrable pour nos recherches. Mais nous devons nous demander ce que signifie la variation de l’hydrolyse des liaisons peptidiques que nous mesurons. Il ne s’agit pas d’une modification de l’équilibre final, mais d’une variation de vitesse de réaction, car dans aucune de nos séries l’équilibre final n’était atteint dans les lots ayant servi à l’établissement des courbes de rendement en fonction du potentiel. Nous avons toujours vérifié que la digestion n’était pas achevée au moment de nos dosages en série. Nous avons consigné des données à ce sujet À Etre la partie expérimentale de notre exposé. Le taux atteint a d’ailleurs été variable suivant les systèmes étudiés. Nous avons pu approcher de l’équilibre final avec la papaine pour laquelle l’inhibition est complète au-dessus d’un certain potentiel ; nous en sommes resté plus loin (au tiers du rendement total possible, par exemple) avec d’autres systèmes pour éviter les phénomènes plus compliqués que la détermination d’un équilibre final aurait entraînés.
‘IL faut encore se demander quel est le mécanisme des inhibitions dans les milieux à potentiels extrêmes. S'agit-il d’une inhibition dans le sens strict du mot, c’est-à-dire d’un phénomène réversible par retour aux potentiels optimaux, ou s'agit-il d’une destruction irréversible ? On sait en effet que dans l’échelle des pH les deux mécanismes existent. Nous citons
ET Tes
comme exemple l’étude de la tyramine-oxydase par HARE: la chute d'activité aux pH bas est une inhibition réversible par retour au pH optimum, alors qu’au-dessus de pH 10, le ferment se détruit irréversiblement ; les deux branches de la courbe en cloche donnant l’activité en fonction du pH n’ont donc pas la même signification. En ce qui concerne l’intervenlion des phénomènes d’oxydation et de réduction, nous savons déjà que l’action de certains oxydants est réversible. Cependant les auteurs n’avaient pas précisé quel potentiel ils avaient atteint dans leurs expériences. Nous avons donc éprouvé la réversibilité des actions inhibitrices des, potentiels extrêmes que nous avons observées.
Voici une expérience faite avec du cristallin de veau mis en suspension et amené à pH 6,5. Un lot témoin de la suspension est conservé à la glacière, un autre porté à l’étuve. Une troisième portion est additionnée de ferricyanure et répartie en plusieurs lots dont l’un est placé à la glacière, un autre à l’étuve, le reste de la suspension oxydée est placé trois heures à l’étuve, ensuite réduit à l’hydrosulfite et réparti en plusieurs lots conditionnés de différentes façons et remis à l’étuve. Voici les résultats de cette expérience :
Cristallin de veau, pH 6,5.
Potentiel final Formoltitration en mV cm3 NaOH n /25 pour 2 cm3 19 Témoin glacière. . S 1,10 20 Témoin étuve.... + 174 07 1:22 Lots oxydés au ferricyanure à + 460 mV :
80 Glacière... ...... — 428 0,52 El LOU vVEUIS,.,. Se + 370 0,58 1,07 Lots oxydés et ensuite réduits :
59 Etuve, lot ouvert. + 260 0,60 1,20 60 Etuve, lot fermé. + 115 0,63 1,23
L'action du ferricyanure ayant maintenu la suspension pendant 3 heures à 400 aux environs de +450 mV et ayant bloqué toute hydrolyse dans le milieu (lot 4) est donc réversible, par simple réduction et malgré la présence du ferrocyanure qui en résulte. Les lots aïnsi obtenus (5 et 6) montrent, en effet, la même lyse que celui (2) qui avait été placé à l’étuve sans autre addition.
DTA
Un autre exemple de réversibilité a trait à l’hydrolyse du corps vitré qui avait été inhibée par l’eau oxygénée.
Corps vitré de veau filtré et amené à pH 7.
Potentiel final Formoltitration en mV em3 NaOH n/25
pour 2 cm
19 Témoin glacière. . + 270 | 0,04 0,25 20 Lot oxydé par H202, étuve. .... —+ 402 0 0,28
Lots oxydés (comme 2) maintenus 2 h.
1/2 à l’étuve à 400 et ensuite réduits à l’hydrosulfite :