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Au moment où ces intéressantes recherches paraissaient,
apportant de nouveaux faits concernant l’action des oxydants .
et des réducteurs sur les activités des ferments protéolytiques, nous nous étions proposé de chercher si ces actions de corps chimiques si divers ne pouvaient pas être rapportées à une variable unique, le potentiel d’oxydation-réduction. Nous cherchions à combler la lacune de la littérature, l’absence complète de mesures expérimentales de tels potentiels dans les milieux comportant une action enzymalique, en présence d’oxydants ou de réducteurs. Nous cherchions un système protéolytique permettant l’étude d’un aussi grand nombre que possible d’oxydants et de réducteurs et la mesure des potentiels obtenus. Des expériences faites sur la protéolyse de la gélatine par la papaine se sont révélées favorables et l'acüon d’un grand nombre de substances a pu être explorée (1935). Nous donnerons ultérieurement le détail des résultats obtenus. Nous avons pu conclure que le potentiel d’oxydationréduction est une variable décisive pour le fonctionnement des ferments protéolytiques et nous avons apporté les premières données numériques à ce sujet.
Cependant, des données sur l'activation ou l’inhibition des activités protéolytiques sans mesures de potentiel sont encore publiées. OREcHowITscH (1936) observe que la digestion de la gélatine par des extraits de Tétards normaux ou en régénération est activée par SH? et la cystéine. Cette activation est variable suivant les conditions. SH? active égaiement la catepsine de l’œuf de Poule incubé (GOLDSTEIN et GINTSBOUR&G.
1937). MAscrHMANN (1938) éludie Pactivité protéolytique d’un :
filtrat de culture de Bacillus perfringens ; elle est accentuée par la cystéine et le glutathion réduit. Dans un travail suivant (1939), ces résultats sont étendus par létude de laction des acides thiolactique, thiobutyrique, thiomalique et ascorbique el du sulfite de Na qui tous peuvent remplacer la cystéine dans lactivalion de dipeptidases extraites de plusieurs espèces microbiennes. L’acide bioglycolique agit dans le même sens, mais faiblement, bien que Mirsky et ANSON considèrent ce corps comme le réducteur le plus efficace des groupements -S-S protidiques ; l'acide thiolactique est sans action. L'auteur en conclut que lactivation n’est pas due à la réduction de groupements -S-S- du ferment, mais à létablissement d’un
potentiel d’oxydation-réduction déterminé, favorable à son ac-.
üvité lytique. KARRER et SrrAUS (1938) ayant étudié l’activalion d’une catepsine par des dérivés de dihydropyridine concluent que le rôle de ces substances pourrait être la fixaion d'un niveau d’oxydation-réduction adéquat ; les réducteurs naturels seraient cependant plus actifs que des produits
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chimiques Wexistant pas normalement dans lPorganisme vivant. BERGER et JOHNSON (1940) montrent que des dipeplidases de différentes origines exigent pour atteindre le maximum d'activité un complexe d'un sel métallique réducteur (Æe ou Mn bivalents) et de cystéine, glutathion réduit ou acide thioglycolique.
À partir de 1938, nous avons étendu le résultat obtenu sur la papaine à toute une série de systèmes protéolytiques et quelques notes préliminaires ont fixé les jalons de ces recherches. La notion de Pactivation de ferments de type catepsine par les réducteurs et leur inhibition par les oxydants était suffisamment établie et admise ces dernières années pour que ces actions aient pu servir à caractériser la présence d’une catepsine dans un complexe protéolvtique (FRUTON et BERG- MANN, 1939).
Nous nous sommes attaché à montrer que cette action de produits chimiques variés sur certains ferments ne tient qu’à Pétablissement d’un potentiel d'oxydation- réduction défini, hypothèse qui, à la suite de nos premières notes, avait été adoptée par BERSIN (1939) dans son traité didactique d’enzymologie. Nous avons été amené à nous demander si, dans l’échelle des potentiels d’oxydation-réduction, on ne trouverait pas des courbes d'activité (à optimum, par exemple) analogues à celles connues dans la gamme des pH; ou, en d'autres mots, nous avons cherché à étudier la variable potentiel d’oxvdationréduction pour Pactivité des protéinases comme on avait étudié la variable pH.
Pour donner une portée plus générale aux premiers résultats que nous avions obtenus, il importait de les étendre à un certain nombre de protéinases. Voici quelques considérations qui nous ont guidé dans leur choix. Les ferments protéolytiques les mieux connus sont les ferments digestifs du tractus intestinal des animaux supérieurs ; on les prépare à l'état pur, même cristallisés, et ils agissent sur des substances bien définies, voire synthétiques, dans des conditions faciles à préciser. Mais, au moins in vivo, aucune régulation de l'équilibre d’oxydation-réduction du milieu ne semble intervenir. Il y avait donc peu de chances que nous trouvions là une action du potentiel d’oxydation-réduction du milieu. Quelques expériences exposées plus loin ont d’ailleurs confirmé cette prévision. Les conditions sont radicalement différentes pour les protéinases intracellulaires. On doit les tenir pour responsables de l'augmentation de la matière vivante azotée au cours de la croissance de la cellule ainsi que de l'élaboration de certains produits de sécrétion. D’autre part, la possibilité d’une action lytique a été bien établie.
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Pour les végétaux, GoruP-BESANEZ a montré, dès 1874, la présence de ferments protéolytiques dans plusieurs graines ; GREEN à caractérisé une action trypsique dans des tissus de jeunes plantules en 1887. On peut admettre aujourd’hui la présence ubiquitaire de ces protéinases intracellulaires. Il en est de même pour les cellules animales après les premières recherches de MEsniL (1901), définissant une « actinoprotéase » dans les cellules des Actinies, celles de MouTon (1902) extrayant d’amibes un ferment de type trypsique et après de très nombreuses publications mettant en évidence des proléinases dans les leucocytes (ACHALME, 1899) et ensuite dans tous les tissus examinés.
Il doit donc y avoir dans toutes les cellules vivantes un système enzymatique (peut-être complexe) qui réalise soit la Synthèse soit la lyse des protéines. Son activité semble être orientée dans un sens ou dans l’autre par les conditions physiologiques ou celles de lexpérimentation in vitro. Il n'était pas absurde de penser que les équilibres d’oxydation-réduction intervenaient dans cette orientation. C’est à la suite de ce raisonnement que nous avons étudié l’action du potentiel d’oxydation-réduction du milieu sur les protéinases intracellulaires.