‹ L'action française (volume 2)Chapitre 108 sur 180 · SCÈNES ET DOCTRINE DU NATIONALISME · texte numérisé non relu

SCÈNES ET DOCTRINE DU NATIONALISME

8*ébraiile, se réconcilie autour d'Antigone.

Et voici qu*à son tour, Créon, recevant d*un deuil plus que de ses raisonnements, tombe sur ses deux genoux.

Ainsi la meilleure dialecligue et les plus complètes démonstrations ne sauraient pas me fixer. Il faut que mon cœur soit spontanément rempli d'un grand respect joint à de l'amour. C'est dans ces minutes d'émotivité générale que mon cœur me désigne ce que je ne laisserai pas mettre en discussion.

Long travail de forage! Après une analyse aiguë et profonde, je trouvai dans mon petit jardin la source jaillissante. Elle vient de la vaste nappe qui fournit toutes les fontaines de ma cité.

Ceux qui n'atteignent point à ces réservoirs sous-jacents, ceux qui ne se connaissent pas avec respect, avec amour et avec crainte comme la continuité de leurs parents, comment trouveront-ils leur direction ?

C'est ma filiation qui me donne l'axe autour duquel tourne ma conception totale, sphérique de la vie.

Tant que je demeurerai, ni mes ascendants, ni mes bienfaiteurs ne seront tombés en poussière. Et j'ai confiance que moi-même, quand je ne pourrai plus me protéger, je serai abrité par quelques-uns de ceux que j'éveille.

Ainsi, je possède mes points fixes, mes repérages dans le passé et dans la postérité. Si je les relie, j'obtiens une des grandes lignes du classicisme français. Comment ne serais-je point prêt à tous les sacrifices pour la protection de ce classicisme qui fait mon épine dorsale?

Je parle cTépinê dorsale et ce n'est point une métaphore, mais la plus puissante analogie. Une suite d'exercices multipliées à travers les siècles antérieurs ont fait l'éducation de nos réflexes.

lin'y apas même de liberté de penser. Je ne puis vivre que selon mes morts. Eux et ma terre me commandent une certaine activité.

Épouvanté de ma dépendance, impuissant à me créer, je voulus du moins contempler face à face les puissances qui me gouvernent. Je voulus vivre avec ces maîtres, et en leur rendant un culte réfléchi, participer pleinement de leur force.

D'autres se décomposent par l'analyse ; c'est par elle que je me recompose et que j'atteins ma vérité.

4. Qu'est-ce que la vérité ? — Ce n'est point des choses à savoir, c'est de trouver un certain point, un point unique, celui-là, nul autre, d'où toutes choses nous apparaissent avec des proportions vraies.

Précisons davantage. Combien j'aime cette phrase d'un peintre qui disait : a Corot, c'est un homme qui sait s'asseoir. »

Il me faut m'asseoir au point exact que réclament mes yeux tels que me les firent les siècles, au point d'où toutes choses se disposent k la mesure d'un Français. L'ensemble de ces rapports justes et vrais entre des objets donnés et un homme déterminé, le Français, c'est la vérité et la justice françaises ; trouver ces rapports, c'est la Taison françcùse. Et le nationa-

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