‹ L'action française (volume 2)Chapitre 110 sur 180 · QUESTION DE · texte numérisé non relu

QUESTION DE

MÉDECINE SOCIALE (i)

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l"" De la nationalisation de Paris

C'est assurément un fait bien curieux que ce réveil de l'esprit national qui s'est naanifesté aux dernières élections municipales à Paris. Quiconque a assisté au dépouillement des bulletins dans les salles de vote a pu voir de quels sentiments étaient animés les électeurs : « nous entendons être les maîtres chez nous, nous ne voulons plus être gouvernés par une poignée de francs-maçons au service d'une bande d'Orientaux ]», tel était le cri général; il est possible que ce mot tt nationalisme » n'évoque pas encore en province une idée bien précise et ne paraisse qu'une simple étiquette politique qui^est venue s'ajouter à toutes celles qui existaient déjà; à Paris il aune signification nette; la capitale de la France veut redevenir une ville française; il y a longtemps qu'elle ne l'est plus et que les étrangers y régnent en maîtres.

Déjà au xvm® siècle, J.-J. Rousseau avait pu écrire dans son Emile : « Un Parisien croit connaître les hommes et il ne connaît que les Français; dans sa ville toujours pleine d'étrangers il regarde chacun d'eux comme un phénomène extraordinaire qui n'a rien d'égal dans le reste de l'univers. Il faut avoir vu de près les bour-

(i) M. le D** Boé est un des amis les plus fidèles de V Action française. Les idées très hardies et très originales qu'il développe dans cet article peuvent donner lieu à de sérieuses discussions. Nous ne les partageons pas toutes, mais il nous a paru intéressant de les soumettre aux réÛexions4e nos lecteurs. N. D. L. R.

geois de cette grande ville ; il faut avoir vécu chez eux pour croire qu'avec tant d'esprit on puisse être aussi stupide ». Le qualificatif est un peu dur, mais vraiment les Parisiens ne l'ont-ils pas mérité quand ils ont élevé à Fauteur de ces lignes, à un Suisse qu'une grande infirmité avait rendu profondément névropathe, une statue sur la place du Panthéon près du monument au frontispice duquel sont inscrits ces mots : « Aux grands hommes, la patrie reconnaissante » ; ils n'ont pas su réserver cette place d'honneur à un Français! et qu'avait donc fait ce Genevois? ïl avait écrit un livre, le Contrat social^ dont il disait lui-même, sur la fin de ses jours : « C'est un livre à refaire, mais je n'en ai plus ni la force, ni le temps, la douleur m'a fait perdre la raison avant la vie. » Mais Rousseau était étranger et c'est ce qui fit sa fortune parmi nous.

Connaissons-nous bien; nous sommes un peuple tellement Ugm- que rien ne pénètre en nous profondément^ ni vertu^ ni vice: tous les Français sont de grands enfants et surtout les Parisiens ; ils sont constamment portés, comme les enfants, à l'esprit d'imitation. « Un étranger qui quitte sa patrie pour vivre chez nous n'a aucun souci, dit Proudhon , de notre développemen t ; il ne nous apporte que son contingent de vices. C'estpar là qu'il sefait peu à peu notre maître et que, touten se présentant comme hôte,il agit à notre égard en exploitateur » ,11 exploite notre esprit d'imitation .

Si cette influence pernicieuse se faisait déjà sentir du temps de Jean-Jacques, quelques années avant la Révolution, combien devait-elle devenir plus pernicieuse encore quelques an-

nées plus tard alors que la Constitoante, le Comité de Salut public et enfin TEmpire poussant à Texcès le régime de la centralisation administrative créé par Richelieu et Louis XIV, organisant systématiquement la France comme un bureau, firent de Paris le grand centre d'attraction, le foyer de toutes les intrigues? La province prenant Paris pour modèle, Paris luimême prenant pour guide tous les rastas qui venaient s'asseoir à son foyer : c'était, dans un avenir plus ou moins lointain, la dénationalisation de la France tout entière, la fin de la véritable France.

Et sans doute c'était là la pensée qui hantait l'esprit du vieux Blttcher lorsqu'il arriva en 1814 avec Sacken sur les hauteurs de Montmartre. « Nous allons donc brûler Paris, dit Sacken. — Gardez-vouB-en bien, répliqua Blucher, la France ne mourra que de ça. »

En vérité, voici un fait étrange : les temps annoncés par BlUcher paraissent venus, le cosmopolitisme qui a eu facilement raison au xviii* siècle d'une noblesse, condamnée, il est vrai, depuis longtemps par le pouvoir central à la nullité politique et à l'inertie courtisanesque, vient d'avoir plus facilement raison au xix" d'une bourgeoisie formée à l'école de l'Université napoléonienne, dressée au servilisme bureaucratique, incomparablement « plus nullemicore dans la doctrine et dans les mœurs (1) », Il n'y a plus de classes dirigeantes françaiseset c'est le moment

(1) Blano de Saint-Bomnbt. La Restauration fran^ çaise.

où Tesprit national se réveille à Paris : qu'est-il donc arrivé ?

— Les Juifs n'ont pas su se tenir.

Parmi les étrangers qui habitent Paris, un grand nombre, il faut le reconnaître, n'y sont venus que pour s'y amuser, le Français est un si joyeux compagnon et puis il a si bonne cuisine, si bon vin... et le reste ; la plupart des étrangers ne songent guère à se créer une patrie, ils en ont une déjà ; les Juifs ne peuvent calculer de la sorte, ils n'avaient pas de patrie avant la Révolution, ils en ont une depuis le 29 septembre 1791, et la fatalité les pousse à vouloir étouffer la race indigène, à vouloir faire perdre aux prolétaires eux-mêmes l'esprit de nationalité. Malheur à eux I ils ont blessé le sauvageon Français.

« Le plébéien, dit Proudhon, substitut ou succédané de Tantique esclave est toujours au fond ce sauvageon vivace qui, soit à la ville, soit aux champs, se conserve par sa sauvagerie même ei duquel se recrutent incessamment les classes supérieures décimées par le luxe, la mollesse, les voluptés et toutes les maladies de la civilisation. T>

Il ne fallait pas oublier que sous le Paris qui faisait la noce, il y avait le Paris travailleur.

« Quelque paradoxal que cela puisse paraître, dit M. Arthur Meyer, les Juifs qui ont Tesprit méthodique et calculateur n'ont pas la prévision ni le souci del'avenir.Comme tous les Orientaux ce sont des chimériques : ils jouissent de l'heure présente et n'entrevoient pas l'inévitable fin de leur prospérité

« Au frontispice du Panama trois Dbms inscrits ceux de Cornélius Herz, de Jacques de Reinach et d'Arton

(c L'affaire Dreyfus a déclassé tous les partis. »

Les Juifs ont blessé les sentiments intimes des masses populaires, les masses populaires ont ressenti profondément Toutrage fait au pays, quand elles ont vu les Juifs acheter les votes des députés et vendre lessecrets de la défense nationale.

Aprèsle Panama, hélas! après l'affaire Dreyfus, holà!

Il n'est pas étonnant que l'esprit de nationalité 3e soit réveillé plus vite à Paris qu'en province, le peuple de Paris sentant plus fortement peser sur lui le Joug insupportable d'Israël.

Aujourd'hui il ne s'agit plus que de savoir comment il pourra arriver à le secouer, comment sa ville pourra redevenir une ville française. Déjà son bon sens lui a dit qu'il n'y aura rien de changé aux prochaines élections législatives s'il envoie à la Chambre des candidats se disant nationalistes, il n'y aura de satisfaits que quelques intérêts personnels. Pour donner satisfaction à l'intérêt général, pour répondre aux sentiments intimes des masses qui ne savent jamais, hélas, les exprimer que d'une manière confuse, il faut suivre une autre voix, et c'est Proudhon qui va nous la faire connaître en quelques lignes :

a Paris, disait le grand écrivain il y a quarante ans déjà, avec l'existence factice que les temps lui ont faite, est en train de perdre sa nationalité. Paris n'est déjà plus qu'à moitié français; ce ne serait pas trop de la plus puis-

la morale. C'est sur les commandements de TEglise que s'assure leur idée de patrie. Mais si je ne suis pas un croyant?

Pour un certain nombre de personnes lo surnaturel est déchu. Leur piété qui veut un objet n'en trouve pas dans les cieux. J'ai ramené ma piété du cielsur la terre, sur la terre de mes morts.

Mon intelligence est tentée de toutes parts, tout l'intéresse, l'émeut et la divertit. Mais il y a au plus profond de nous-mêmes un point constant, point névralgique : si l'on y touche, c'est un ébranlement queje ne pouvais soupçonner, c'est une rumeur de tout mon être. Ce ne sont point les sensations d'un individu éphémère qu'on irrite, mais à mon grand effroi l'on fait surgir toute ma race.

.,, Douce Antigone^ vierge âgée de vingt ans, tu voulais te dérober, te réserver pour l'hymen. Mais, Antigone aussi vieille que l'illustre race des Labdacides, il fallut bien que tu protestasses.

Créon est un maître venu de l'étranger. Il dit : tt Je connais les lois de ce pays et je les applique. A C'est qu'il juge avec son intelligence. L'intelligence, quelle petite chose à la surface de nous-mêmes.

Antigone, au contraire, dans le même cas, intéresse son hérédité profonde, elle s'inspire de ces parties subconscientes où le respect, l'amour, la crainte non encore différenciés forment une magnifique puissance de vénération.

Sous cette puissance de vénération qu'elle est également prédisposée à ressentir, la cité

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