SCÈNES ET DOCTRINE DU NAT10NALISUE
s'ébranle, se réconcilie autour d'Antigone.
Et voici qu'à son tour, Créon, recevant d'un deuil plus que de ses raisonnements, tombe sur ses deux genoux.
Ainsi la meilleure dialecliqvê et les plus complètes démonstrations ne sauraient pas me fixer. 11 faut que mon cœur soit spontanément rempli d'un grand respect joint à de l'amour. C'est dans ces minutes d'émoti\ité générale que mon cœur me désigne ce que je ne laisserai pas mettre en discussion.
Long travail de forage! Après une analyse aiguë et profonde, je trouvai dans mou petit jardin la source jaillissante. Elle vient de la vaste nappe qui fournit toutes les fontaines de ma cité.
Ceux qui n'atteignent point à ces réservoirs sous-jacents, ceux qui ne se connaissent pas avec respect, avec amour et avec crainte comme la continuité de leurs parents, comment trouveront-ils leur direction ?
C'est ma filiation qui me donne l'axe autour duquel tourne ma conception totale, sphérique de la vie.
Tant que je demeurerai, ni mes ascendants, ni mes bienfaiteurs ne seront tombés en poussière. Et j'ai confiance que moi-même, quand je ne pourrai plus me protéger, je serai abrité par quelques-uns de ceux que j'éveille.
Ainsi, je possède mes points fixes, mes repék rages dans le passé et dans la postérité. Si je
les relie, j'obtiens une des grandes lignes du classicisme français. Comment ne serais-je point prêt à tous les sacrifices pour la protection de ce classicisme qui fait' mon épine dorsale?
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santé organisation municipale pour combattre les influences cosmopolites qui l'assiègent (i). »
« Paris, dites-vous, est le cœur et le cerveau de la France. Rendez donc à Paris son indépendance municipale, sinon Paris, ville impériale, ville cosmopolite, ville de plaisir, de prostitution et d'intrigues, Paris avec tout son luxe n'est qu'une Babylone et finira comme Babylone (2). »
a La France est à créer; il n'y reste que des appétits, des vanités, des instincts, des vices; la France se façonne de plus en plus à l'instar de Paris qui n'est plus Paris, mais le caravansérail de l'Europe (3). »
« Il faut en prendre son parti... Paris ne peut jouir à la fois des honneurs de capitale et des prérogatives pourtant si faibles laissées aux municipalités. L'un est incompatible avec l'autre (4). »
a Paris, de capitale devenant ville fédérale, n'a rien à perdre dans cette transformation, il y trouverait au contraire une nouvelle et meilleure existence. L'absorption qu'il exerce sur la province le congestionne si j'ose ainsi dire ; moins chargé, moins apoplectique, Paris serait plus libre, gagneraitet rendrait davantage (5). »
« Les provinces ne pourront se soustraire à la domination de Paris qu'en rendant comme en Suisse l'autorité fédérale pour ainsi dire no-
(1) La Fédération et l'unité en Italie,
(2) Id.
(3) Le Représentant du peuple.
(4) De la capacité politique des classes ouvrières,
(5) Du principe fédératif.
made et lui assignant pour siège tantôt Rouen ou Nantes, tantôt Lyon, Toulouse ou Dijon, Paris une fois seulement tous les dix ans (i). »
« La tradition n'est pas contraire à la décentralisation, ôlez de Tancienne monarchie la distinction des castes et des droits féodaux, la France avec ses États de province, ses droits coutumiers et ses bourgeoisies n'est plus qu'une vaste confédération, le roi de France est un président fédéral (2). »
ce Un homme qui travaille à assurer sa dynastie, qui bâlit pour, l'éternité, est moins à craindre que des parvenus pressés de s'enrichir et de signaler leur passage par quelque action d'éclat (3). »
<c Supposez, à la place de lous ces souverains à grande centralisation, la Convention, Napoléon, les Bourbons, Louis-Philippe, une unité fédérale, expression d'un pacte d'assurance mutuelle entre quinze ou dix-huit souverainelés provinciales : croyez-vous que la conspiration irait s'attaquer à une pareille unité fût-elle représentée par un homme qui se dirait roi(4j. i»
a Pour que Paris redevint quelque chose, il faudrait qu'il recommençât avec conscience et résolution un mouvement en sens inverse (de la centralisation), qu'il déposât avec sa couronne murale sa couronne de ville capitale et arborât le drapeau delà fédération (5). »
(1) De la capacité politique des classes ouvrières.
(2) Du principe fédératif.
(3) Création de Vordre dans Inhumanité.
(4) Théorie du mouvement constitutionnel.
(5) De la capacité volitique des classes ouvrières.
« Je reste convaincu au fond même de mon àme que le moment approche où, après une dernière crise à Tappel de nouveaux principes, un mouvement en sens inverse commencera. Alors et seulement alors, mais sous des formes et des conditions nouvelles, nous retrouverons nos libertés (i). »
Les temps annoncés par Proudhon sont accomplis ; nous n'en sommes plus, Dieu merci ! au terrible malentendu de 1789, ni au malentendu plus récent et plus pénible encore de 1871. L*idée qui donna naissance à la Commune de 1871 fut une idée fédéraliste, bien différente de celle qui fit naître la Commune de 1793 et qui fut elle, une idée jacobine. Le mot Commune fit peur aux bons ruraux de TAssemblée de Versailles, ils craignirent de voir se former un Etat dans TElat et pas un instant la pensée ne leur vint que Paris était trop grand pour ne constituer qu'une commune, qu'il pouvait constituer à lui tout seul une région et qu'il n'y avait plus qu'à diviser également la province en plusieurs régions à peu près égales en population à celle de Paris; aujourd'hui nous trouvons étrange que cette idée ne soit pas venue à une Assemblée composée en grande majorité d'agriculteurs; ils ne songèrent ; hélas ! qu'& confier la direction des affaires publiques à un avocat journaliste (2), césarien dans l'âme, qui
(1) De la capacité politique des classes ouvrières.
(2) M. Thiors, a dit, Le Play, est celui de nos gouvernants qui par la vivacité de son esprit, le charme de son esprit et le prestige de sa parole, a le plus contribué à régaroment et à la décadence actuelle de ses contemporains.
avait trouvé moyen d'écrire vingt volumes sur Napoléon sans le comprendre et qui , en créant une fausse légende au premier Empire, avait fait venir le second. Un tel chef du pouvoir exécutif ne pouvait rien comprendre aux questions de décentralisation, et ses collaborateurs, les tristes épaves du gouvernement dit de la Défense nationale, les Jules Suisse dit Simon, les Picard, les Jules Favre, devaient y comprendre encore moins.
Bien loin de dissiper les malentendus, de tels hommes ne pouvaient que rendre encore plus profond le fossé qui allait se creuser entre Paris et la province. On sait le reste : pendant que des deux côtés des barricades le sang français coule, pendant que Paris brûle, Gambetta, suivi de sa séquelle juive, se promène sous les ombragesde Saint-Sébastien attendant son heure...
Profitons enfin, il n'est que temps, des leçons du passé. Parisiens de France, ne nous divisons plus sur des questions d'étiquettes et de formules creuses; nous nous adressons directement aux masses populaires; avec elles on ne doit pas perdre son temps en thèses, dissertations, longs discours.
Le peuple de Paris veut secouer le joug du cosmopolitisme en général et des Juifs en particulier; pour cela :
i° Il faut aux élections municipales ns nommer que des industriels et des commerçants d'origine française. Le conseil général de la Seine ne devra être composé que d'agriculteurs^ d'industriels et de commerçants d'origine française,
2* Il faut, aux électi-om législatives poser la ques^
lio7i de la suppression de la Chambre et du Sénat. Celui-là seul devra être considéré comme nattonaliste aux prochaines élections législatives qui voudra cetle suppression : le parlementarisme n'est pas une institution nationale, il est d'importation anglaise, il faut donc Vabolir, il faudra voter sur le principe de cettelaholition,
3^ Le conseil général de la Seine déléguera des hommes spéciaux auprès de chaque ministère, ils se-font les représentants des intérêts de la région pari' sienne.
Lorsque ces mesures auront été prises, Paris sera rendu à lui-même, ' Paris redeviendra une ville française.
Dr F. BoÉ.
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