PARTIE PÉRIODIQUE
Les étapes de M. Deherme.
Que par tout ce quoi on peut jurer, divin ou humain, scelle ce que je vais dire : abolissez cette magistrature ; arrachez cette langue de la multitude; qu'ils ne lèchent plus le miel qui est leur poison. Jetez leur pouvoir dans la poussière.
[Corioian de Shakbspeare.;
Nous avons souvent mené rude guerre contre M. Georges Deherme. L'initiateur des universités populaires était pour nous un adversaire désigné. Mais c'était un adversaire estimable. M. Deherme est un cœur généreux qui a d'abord donné dans les illusions libertaires et adopté tous les articles de la foi démocratique. Cependant il étudie, il observe, il réfléchit et il comprend. Il a reçu les « incomparables bienfaits de la doctrine d'Auguste Comte ». Sa probe et ferme critique s'est appliquée avec suite aux premiers objets de ses croyances. M. Deherme put figurer quelquefois parmi nos fournisseurs de Nuées. Il nous donna pourtant des « rayons de soleil » comme on n'en trouve guère chez les nationalistes les meilleurs. Aujourd'hui,avançanlavec une méthode lente mais sûre, M. De-
herine, que Terreur marxiste lenail attaché à Tétude des phénomènes économiques et qui gardait un vieux fonds d'idéalisme révolutionnaire, examine enfin les institutions. Le suffrage universel, le parlementarisme ( s'il avait observé cet ordre au lieu du contraire, il se fât sans doute évité quelques erreurs) laissent voir un détestable résidu à l'analyse q.u'il en fait.
Traitant M. Georges Deherme comme un collaborateur (nous fîmes ainsi déjà pour M. Clemenceau et un rédacteur anonyme du Temps), nous allons le reproduire ici d'après sa Coopération des idées. On retiendra au passage d'excellentes vérités politiques.
Le suffrage universel.
<( Dix millions d'ignorances ne font pas an savoir. »
H. Tainb.
Dix millions de TOtes ne font pas une volonté.
La formule (du suffrage universel), certes, est
entraînanle. Elle peut déchaîner des émeutes. Mais examinons bien ce qu'elle recouvre, et nous connaîtrons qu'elle ne peut organiser un Etat, — *ni par rautorité, ni par la liberté. Le suffrage universel ne peut, au surplus, s'organiser soi-même; car, si le Gouvernement par plusieurs est une méprise, le Gouvernement par beaucoup est une folie, et le Gouvernement par tous est impossible. Il est donc, avant tout, une ficlion. Voici des chiffres :
Sur 38.961.000 habitants, en France, nous avons 11.787.000 électeurs. Sur ce nombre, il n'y eut aux