PARTIE PÉRIODIQUE
le député à réaliser le programme qu^il a signé au temps des surenchères. Mais il est grand néanmoins. Le fonctionnarisme absorbe toute activité sociale. Il nous habitue à considérer TEtat comme un butin, dont le parti le plus fort peut s'emparer...
Avoir le pouvoir, c'est disposer des places et de Tinfluence qui se vend cher. Par des places et des rubans on se fait des partisans, on fait taire les oppositions. Les autres espèrent. C'est gouverner. Mais il y en a qui, impatients, pontent sur d'autres couleurs. Et ce sont les partis, c'est-à-dire la guerre civile chronique. Le suffrage universel, c'est la guerre civile. Or la guerre qui ruine, qui démoralise, ne fonde rien. Ce qu'un politicien cherche dans une réforme, ce n'est pas plus de justice, plus de liberté dans la société, mais plus de force pour le parti qui le soutient, pour l'Etat qu'ail exploite, et assurer sa réélection. Il n'est pas une des réformes. qui, à l'heure actuelle, sont discutées au Parlement, qui ne puisse être réalisée plus promptement, plus sûrement par les associations ouvrières, si on y dépensait une partie de l'argent et de l'énergie qu'on gaspillera à la prochaine bataille électorale.
Tous les éléments de reconstitution sociale qui se sont développés depuis quelques années : coopératives de consommation, de production, de crédit, syndicats, universités populaires, etc., sont sortis d'abord de la seule initiative privée. Quand ces associations sont des forces, plus tard, les partis ne s'y glissent que pour les dissoudre ou les dénaturer. Ils sont pour la guerre, et non pour l'action organique.
Il s'est ainsi constitué, dans la nation, une corporation de 50.000 politiciens, membres de comités électo-raux, dont linténH professionnel est la division des citoyens français. Les réformes ne sont pas un but, mais un moyen de ces divisions dont ils vivent. On
fessionnel, et Pintérêt individuel sur rintérêt de classe. Ils ont oublié surtout que TEtat n'est pas la somme de ces intérêts antagoniques. Il me paraît que nous avons assez de partis politiques sans susciter encore des partis économiques. Si c*était vraiment mettre un peu d'ordre dans l'exercice du suffrage universel que de l'organiser par corporation, ce serait aussi accroître le désordre profond où nous sommes, en compliquant la lutte civile politique d'une lutte civile économique. Le suffrage universel n'est pas un but. Ce n*€St pas son organisation qui importe, mais celle de la société {{),
On nous propose aussi la représentation proportionnelle, pour faire la part des minorités ; or, nous Tavons vu, il n'y a, en fait, que les minorités qui soient représentées. Et puis, ce serait encore fortifier les partis, au détriment de la démocratie. Nous n'avons pas à organiser la guerre, mais à la supprimer.
Nous voyons bien que tout système électif nécessite les partis, c'est-à-dire, en somme, la guerre intérieure. Sans partis, le parlementarisme serait encore plus corrompu. Mais, en France, les partis sont trop nombreux, et il n'est même plus possible de régler leurs luttes...
La réforme d'une institution sociale, dans une démocratie, consiste à la généraliser et à la faire plus efficace. En généralisant le suffrage universel et en le rendant plus efficace, on multiplie ses vices, on augmente ses dangers, on. creuse la plaie. Il n'y a pas de réforme possible. Même s^il était parfait, et exactement ce qu'il veut être, et pur^ il ne serait encore quune mystification.
Voici ce qu'il faut opposer au fétichisme marthé- ;i) Eh! Eh! M. Charles Benoist ! (N. D. L. R.)