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mémoire intitulé tes Catholiques Français^ leurs bonnes œuvres et leurs devoirs XEtat (collection des brochures de propagande de la Société Le Play),doivent employer surtout à l'organisation d'un bon clergé le dévouement qu'ils disséminent trop souvent sur des œuvres mal conçues.
Parmi ces œuvres mal conçues il en est deux principales :
La première est de se mettre en fraispour faire réélire une droite parlementaire ralliée ou non,il ne faut pas plus de droite que de gauche parlementaire, il faut supprimer le parlementarisme institution anglaise et protestante.
La 2^ est de se mettre en dépenses pour soutenir des journaux qui se disent simplement catholiques : ce sont les plus dangereux, ils attisent les passions religieuses qu'il s*agit précisément d'éteindre : le trois-six cérébral que distille la presse catholique dite ralliée est spécialement toxique pour l'entendement; un ralliement à telle ou telle étiquette politique ne veut rien dire du moment que cette étiquette ne fait que masquer la centralisation administrative ; or, cette centralisation engendre la corruption systématique,seul moyen de gouvernement compatible avec les doctrines individualistes et judaïsantes des « Droits de l'Homme ». Des catholiques ne peuvent se rallier à un tel système de corruption systématique, ils doivent encore moins soutenir de leur argent des journaux qui prêchent un si singulier ralliement.
Le second grand devoir positif des catholiques est précisément d'abolir le système de cortion systématique en assurant à l'agriculture
par la décentralisation, la prépondérance sociale ; pratiquement, il consiste à prêter main forte aux médecins positivistes des campagnes pour arracher le pouvoir temporel aux avocats et le rendre aux agriculteurs. Ce n*est pas là une tâche aisée.
J'ai vu combien il a été difficile dans une élection sénatoriale (i) de faire voter les bons ruraux pour un des leurs; ils sont timides en diable, \a façon dês rhéteurs les trouble ; ils finirent cette fois par s'armer de courage,et rien de plus curieux, ont raconté des témoins oculaires, que le silence glacial dans lequel ils écoutèrent les belles périodes des quafre avocats qui se présentaient, et les applaudissements qui accueillirent le candidat agricole qui fut ensuite élu. Ce serait un exemple à suivre dans toutes les élections sénatoriales ; un Sénat composé uniquement d'agriculteurs n'opposerait certainement aucun obstacle à la décentralisation.
11 est plus difficile de trouver dans chaque canton un propriétaire résidant qui oserait se mesurer avec les avocats ; seul le médecin peut le faire, c'est presque toujours par une élection au Conseil général que les avocats commencent leur carrière politique, ils le disent eux-mêmes ils ne redoutent que les médecins; ils ne peuvent lutter contre liii ; on compte beaucoup de médecins conseillers généraux. Les syndicats médicaux dé chaque département doivent engager àd^ns tous les cantons où un avocat poserait sa candidature les médecins du canton à se porter contre
(1) Celle de Lot-et-Garonne du 25 noTembre 1900.
QUESTIONS DE MÉDRCliNE SOCIALE 897
lui ; il est probable que notre gouvernement d'avocats ferait la guerre aux syndicats médicaux; il faudrait s'en réjouir; la lutte de l'avocat contre le médecin, ce serait la lutte du pot de terre contre le pot de fer; l'important est qu'elle s'engage. Au Conseil général, les médecins feront voter des vœux pour la suppression des Chambres centralisatrices et leur remplacement par les Conseils généraux eux-mêmes réunis en Assemblées de région.
Aux élections législatives on ne peut demander que des médecins se présentent à la place des agriculteurs; ceux qui font partie actuellement de la Chambre et du Sénat s'honoreraient certes en se posant cette fois comme partisans de la suppression des Assemblées centralisatrices, ils ne le feront probablement pas ; il faut que cette idée soit mise en avant par des candidats de l'agriculture. On ne peut la présenter à des élections sénatoriales ; cela pourrait jeter de la confusion dans les esprits; les jacobins feindraient de croire qu'il ne s'agit pas de la suppression du Sénat, en laprésentant aux élections législatives il n'y aura pas d'équivoque possible \ ni Chambre, ni Sénat,pasdeparlementarisme,constitulionsd'assemblées régionales qui enverront des délégués techniques auprès de chaque Ministère du pouvoir central; les syndicats agricoles désigneront des candidats pour présenter ce programme et en dehors de tout esprit de parti.
Se fîgure-t-on vraiment les avantages immenses que l'agriculture et la Société française tout entière retireraient de cette transformation de notre organisme social; les agriculteurs
matlres incontestés par le nombre dans les Assemblées régionales, vont s^appliquer à supprimer les emplois inutiles qu'avaient créés dans un intérêt électoral les politiciens; ils dégrèvent les charges qui pèsent sur la terre ; ils peuvent, ayant moins d'impôts à payer, améliorer leurs champs de cultures; les ouvriers ruraux n'ont plus besoin d'aller à la ville chercher du travail, les campagnes se repeuplent, la question sociale est résolue.
Ce que deviennent au milieu de cette transformation profonde le maître d*école, le médecin de campagne et le curé de village, on le devine.
L'instituteur qui n'a plus à craindre les politiciens est mieux rémunéré ; cela ne tient passeu^ lement à ce qu'il a un plus grand nombre d'élèves, cela tient encore à ce qu'il est chargé de leur enseigner par l'observation des faits et par l'histoire que l'agriculture doit occuper le premier rang parmi les professions, puisqu'elle fournit à la patrie ses hommes d'Etat les plus qualiGés, et ses plus robustes défenseurs.
Le médecin de campagne qui a vu améliorer les conditions matérielles de son existence, se rend bien compte maintenant de l'importance de son rôle économique; le vainqueur de l'avocat veille à ce que l'esprit légiste dont il a été luimême si longtemps victime,ne fasse plus revivre dans une société de travailleurs et pour le seîdl profit c^une profession^ la haine et la discorde; en maintenant l'esprit d'association, l'esprit cor-' poratif, il exerce un véritable sacerdoce, il est le professeur de la véritable morale laïque.
Le curé de village qui enseigne la morale in-
dividuelle, ne sème plus ses paroles au Tent; elles tombent sur un terrain tout préparé. On comprend sa mission et il n'y a plusde « mauvais esprits » dans sa paroisse, a Thèse admirable a dit Montesquieu, la religion chrétienne qui ne semble avoir d'objet que la félicité de Tautre vie, fait [encore notre bonheur dans celle-ci. » Une morale qui prescrit aux riches la charité et la justice pour qu'ils se concilient l'affection et le dévouement des pauvres ne peut que servir à faire l'union des cœurs chez des gens rapprochés déjà par une communauté d'intérêts; l'union des cœurs rend la police moins nécessaire, il y a moins de frais généraux, plus de bien-être par conséquent pour tous ceux qui, se trouvant au bas de l'échelle sociales,sont obligés de supporter tout le poids des charges publiques par le fait de cette loi fatale de la répercussion à laquelle la science des légistes n'a jamais pu remédier.
Lorsque la décentralisation sera faite et que des associations particulières feront vivre le clergé, ce seront les classes populaires qui en formeront le principal contingent; autant aujourd'hui avec cet instinct infaillible qui est pour elles une sauvegarde, elles s'éloignent d'un corps sacerdotal domestiqué à la solde d'un £tat sans nom, cosmopolite reposant sur les principes judéo-protestants des <c Droits de l'homme », c'est-à-dire des « Droits de l'égoïsme >, autant elles se rapprocheront d'un clergé connaissant et pouvant pratiquer $t enseigner les principes de la vraie morale catholique.
Pauvre pays ! plus de deux cent cinquante ans
de centralisation administrative, plus de cent ans de compression systématique de l'esprit national par le cosmopolitisme ont tellement troublé son cœur et sa raison qu'il a peine à reprendre le cours de ses destinées.
C'est dans les: campagnes qu'il doit d'abord commencer à s^ refaire. Gela devrait être l'œuvre combinée des instituteurs, des curés et ' dés médecins. ' >
La - centralisation administrative paralyse ; l'action des instituteurs et des curés, seul le médecin est libre.
11 doit guider les travailleurs et commencer d'abord par les délivrer des politiciens si habiles À les détourner de leurs véritables intérêts en soulevant toujours dans les réunions électorales des questions de conscience et de religion ; il faut enlever le pouvoir aux avocats et arriver par la suppression du parlementarisme et la décentralisation à le rendre aux agriculteurs.
Lejouroù la prépondérance sociale de l'agriculture sera établie, l'instituteur et le curé se joindront au médecin pour assurer d'une façon définitive cette première assise d'une France nouvelle ; tous les trois verront alors la fin de leurs communes infortunes.
D' F. BoÉ.
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