‹ L'action française (volume 2)Chapitre 143 sur 180 · LES SALONS · texte numérisé non relu

LES SALONS

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Exposition de la Société Nationale

On parcourra vainement les deux salons pour trouver de la peinture, lis n*ont d'autre intérêt que de montrer rabaissement ou la stagnation de notre art. Il parait bien inutile de parler de cette cohue. Les rares artistes que nous rencontrerons méritent mieux que des notes hâtives et ce n'est point uniquement sur les toiles qu'ils donnent là qu'il faudrait les étudier. Le chemin est admirablement tracé pour la seule besogne utile. Qui donc appliquera à notre art l'analyse de Charles Maurras et fera pour les beaux-arts ce qu'il a fait pour la politique? Reynolds a créé une école anglaise. Il y a moins à faire : il n'y a qu'à définir à nouveau l'école française et à l'enseigner. On entend nier dans Tordre politique les exemples les plus certains, ici lesdémonstrations s'accompagneraient d'images de preuves irréfutables. On n'aurait point à vaincra les « forces de sentiment », elles sont toutes pour le passé. Les talents ne manquent point etles promesses abondent, nous avons déjà signala une bienfaisante réaction.

11 est donc vain de s'insurger et de dire son irritation contre cette foire, cette accumulation insensée d'œuvres sans art. Feut-étre il faut y tenir. Nos contemporains auraient-ils encore le goût des arts, si le concours hippique ne le ramenait chaque année après lui? Il est certain

que ce n'est pas au salon que se manifestent les meilleurs efforts, mais au moins il reste pour Tartiste une raison de produire et la chance du client.

. On est arriUé dès l'entrée par un buste de Rodin. L admiration passionnée qu*inspire ce grand artiste n'est pas sans mélange. Comme il arrive pour Hugo, dont l'image qu'ildonne est magnifique, on est inquiet dès qu'on ne subit plus l'œuvre. Le buste est placé très hautet les trois figures pareilles qu'il expose ailleurs sont haussées sur unéchafaudage.Oncomprend qu'elles sont ainsi placées pour nous faire connaître qu'elles furent voulues pour cette hauteur. Mais pourquoi donc le seul souci de nous les montrer à leur place par rapport à nous? On devine aussi bien qu'elles tiennent à un ensemble qu'on ne nous montre pas. Est-ce de rironie,du battage, de la faiblesse? Qu'avons-nous bCvSoin de connaître les manies, les essais, l'incertitude de Rodin? .

M. Cottet expose une des meilleures œuvres que lui ditinspiré la Bretagne, et, au-dessus, une étude poignante. Voici les portraits de J. Blanche, qui a su traduire la belle expression d'un regard d'enfant plein d'attention et de gravité. Plus loin M. Pierre Moreau donne deux panneaux décoratifs, deux « jardins français », dont on jugerait mieux les qualités dans des lambris.

Efforçons- nous de ne pas voir MM. Loubet, Victor Napoléon et Waldeck -Rousseau peints par M. Gervex; allons aux paysages de René Ménard, aux toiles de Simon. Les larges études et le paysage à la fresque de M. Baudoin arrêtent encore, puis les études de MM. Lagarde,Le-

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