‹ L'action française (volume 2)Chapitre 144 sur 180 · PARTIE PÉRIODIQUE · texte numérisé non relu

PARTIE PÉRIODIQUE

bourg, UlmaDQ; les vues de Venise de Morrice; les œuvres de Griveau, de Whisller; la Belhsabée de C. Guérin ; ia Descente de Croix de M. Denis.

A. Besnard expose une immense décoration très agréable mais trop vide. On est retenu par les toiles de M. Fiandrin, Anglada, le portrait de M. Foache. Les œuvres de Henry de Groux sont d'une haute et ardente inspiration.

Nous avons évité autant que possible les laideurs habituelles; prévenu de loin, nous avons échappé à des Frappa, à des Dubufe, à Duran, mais M. Carrière irrite trop. Cette série d'études est certainementcequ'ily a de plus laid au Salon. M. Carrière peint avec son cœur pour de belles âmes. Croire exprimer quelque chose dans ces faces informes, c'est mieux encore pour un peintre qu'oublier qu'il y a de belles couleurs.

A l'exposition des dessins on verra les gestes de M . Deschanel notés avec ironie et avec force par M. Renouard, les aquarelles d'Auburtin, les gravures de Lepère, les déshabillés de Lucien Monod, trop peu voluptueux.

ATarchitecture et aux objets d'arts, l'étude de M. Armbruster d'après l'appartement des Borgia au Vatican, plusieurs restaurations intéressantes et les projets de MM. Plumet, Sauvage, Provençal, Collin. M. C. Guérin a peint pour la charmante décoration d'un salon de M. Tony Selmersheim trois panneaux exquis. Il est à souhaiter que l'on demande à cet artiste des œuvres analogues plus importantes, plus motivées, celles-ci sont parfaitement réussies. Ses

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vitraux ont les mêmes qualités. Citons avec les siens les quatorze panneaux dé M. Henri Coulier et ceux composés par M. Socard d'un goût parfait et ingénieux. Mme Diriks expose une série d'œuvres d'un grand charme, pleines d'enfance et de sentiment. Les grandes compositions de M. F. Garas méritent de retenir l'attention, malgré qu'on ne puisse les admettre, surtout après les explications de Tauteur.

Voici les grès de Bigot, la vitrine de Jean Baffier dont tous les objets sont si aimables, pleins de saveur et de verve. Il faut citer ici l'argument de l'artisan : Tous les ohjsts oni été conçus pour une salle à manger ordonnée m accùrd avec la nature des choses et des êtres ds notre pays de Francs^ dans le but d'exalter le culte de noire terre, les vertus constitutives et défensives de notre race fondamentale, en glorifiant Vagriculture qui est le premier et le plus précieux des arts.

Traversons de nouveau la sculpture pour nous arrêter h Bourdelle, Injâlbert et Constantin- Meunier.

Henri Mazet.

P.'S, — J'âT&is écrit dans la dernière chronique « révéler les mouTements d'art » et non releyer, « le goût du

sujet et des beaux titres » et non pas « le goût dn sujet et des beaux-arts ».

Mémoires d'un médecin par le docteur Vs- RESSABÎF, traduits par S. M. Persky (Ub. acad. Pet*rin).

Les personnes qui n*accordent pas à l'art de Galien l'aveugle confiance de notre siècle de lumière et qui ne reconnaissent pas à la médecine le droit absolu de tailler, de rogner, d'empoisonner et d*expérimenter mettront le livre sur la même tablette que les Morticoles. Le docteur russe n'a certes pas la verve, la fougue de M. Léon Daudet, mais les renseignements précis qu'il apporte, les nombreux et concluants exemples de l'ignorance des praticiens vulgaires et de la science médiocre des plus réputés désabuseront beaucoup de gens sur l'infaillibilité des médecins. Exceptis excipiendis, ce que le D' Veressaîef dit de ses confrères russes (et de lui-même, c'est pour l'originalité de ce livre que Tauteur s'accuse le premier de ce qu'il reproche aux autres) doit s'appliquera ses confrères français. SurTinsuflisante instruction des étudiants, il a des pages qui ne seraient que trop justes chez nous. Et il a encore trop raipon quand il nous montre les débutants réduits à parfaire sur le client leur science incertaine. Excellente surtout nous semble la critique que fait le D"* Yeressaîef de la méthode médicale qui apphque à tous les tempéraments d'une façon mécanique le même traitement pour toutes les maladies. Sachant bien que la haine des médecins est une chose démodée, on reste néanmoins pour le bon sens de nos pères qui appelaient le médecin quand ils étaient malad^'s, sans pour cela donner un blanc-seing à la Faculté.

Lie Labeur de la Prose, par Gustave Abel, préface par Camille Lemonnier (Stock, ôdit.).

Dans ce livre qui témoigne de grandes leclares et se lit avec agrément, le dessein de l'auteur n'apparaît pas avec beaucoup de netteté. A-t-il voulu dire que le métier de l'homme de lettres n'est comparable qu'à celui du galérien? Ou que c'est au métier du galérien que Thomme de lettres digne de ce nom doit égaler le sien ?M. Abel nous confie que ses goûts « le portent avant tout vers le style nerveux aux arêtes vives, d'une originalité qui fulgure à chaque ligne, et dont les pensées sont d'autant plus nombreuses et étinceiantes qu'elles sont renfermées en des phrases brèves. » Ceci s'éclaircira quand nous aurons dit que M. Abel admire infiniment Flaubert, au moins autant les (joncourt, et Léon Cladel plus encore, s'il ett possible. Et il nous décrit les soufrances de ces stylistes pour atteindre une perfection qu'ils confondaient trop (du moins les trois derniers] avec roriginalité. Mais M. Abel, qui est scrupuleux, devient très vite incertain de l'utilité de ce labeur. Flaubert, par exemple, n a-t-il pas perdu bien du temps à rechercher d'impossibles harmonies ou à en trouver qui ne sont sensibles pour personne? M. Abel, qui est aussi optimiste, paraît conclure qu'après tout il faut bien qu'il y ait des écrivains qui comprennent leur art de cette façon. Son livre, composé un peu à la mode de M . Albalat, est à Tusage des Jeunes gens qui ré vent d'entrer dans la profession littéraire : les travaux de la chioarme décrite par M. Abel les détourneront peut-être d'un projet insensé.

L'Impérialisme allemand par Maurice Lair {librairie Armand Colin).

11 faut recommander la lecture de ce livre aux personnes qui se font des illusions sur la u paix

allemaade ». M. Maurice Lair, dont la spécialité a est pas les armements, ni la stratéf^'ie, ni même la diplomatie, ne nous met pas en garde contre nos voisins enénumérant leurs régiments et leurs forteresses nouvelles. Economiste, il nous montre le prodigieux développement industriel de l'Allemagne que la surproduction menace d'arrôter. Pour ouvrir de nouveaux marchés à ses fabricants, l'Allemagne doit songer à étendre son iulluence : de là les sacrifices qu'elle a faits pour sa flotte, de là son intervention en Chine. Mais cela même ne lui suffit pas ou ne lui paraît pas assez sûr : c'est en Europe même qu'elle songe à se créer une clientèle par la constitution d'un ZoUevereiji nouveau qui comprendrait la Hollande, et peut-être même les Ktats Scandinaves, jusqu'à l'Autriche et à la Suisse elle-même La claire exposition de Tauteur, rehaussée de parlantes statistiques, montre l'urgence de cette nouvelle union douanière pour la prospérité du commerce allemand. On reproche seulement à M. Maurice Lair d'avoir laissé si longtemps dans l'ombre (il n'y arrive qu'à la page 317) l'action du pouvoir monarchique dans cet impérialisme utilitaire et d'un intérêt presque vital. Le sentiment le plus fort que laisse son livre, après celui du danger que constituerait poumons le succès de ces grands desseins, c'est Tadmiraiiou d'un gouvernement qui peut et qui sait prévoir, vouloir et agir pour le bien commun. Un livre sur le nationulisiue français, c'est l'analyse d'une /létré», d'un tumulte^ comme dit M. Maurice Barrés. Un livre sur rimpérialisme allemand, c'est l'historique d'efforts bien dirigés, et féconds. L'ouvrage de M. Maurice Lair montre, et c'est sa moralité, les désavantages qu'il y a, dans l'univers de 1902, à être Français et en démocratie.

puisque quintes il y a — sont souvent de l'effet le plus profondément expressif. Ajoutons que M. Debussy ne cherche jamais la curiosité harmonique pour elle-même, mais uniquement la vérité, l'acuité de l'expression. S'il pouvait dire ce qu'il sent en accords consonnants, ils n'en emploierait pas d'autres.

Je ne rappellerai le drame dont nos lecteurs ont pu lire déjà des analyses que très brièvement. Le prince Golaud, veuf sur la quarantaine, une quarantaine grisonnante, épouse une jeune fille, Alélisande, dont l'origine reste inconnue. Il la trouvée eh chassant dans la forêt. Et comme il ne sait d'oti elle vient, elle lui vient comme d'un rêve. Il la ramène au château oCi règne son grand-père le vieil ArkeL Golaud a un jeune frère, Pelléas, né du second mariage de sa mère. Un amour, innocent et inconscient d'abord, naît entre lui et Mélisande. Golaud soupçonne, avertit. Il surprend des caresses qu'il est bien difficile de tenir pour jeux d'enfants. Le petit Yniold, fils qu'il a de sa première femme, l'affole par les récits qu'il lui fait des conversations de Mélisande et Pelléas, sans pourtant lui apporter la certitude de leur complète culpabilité. Pelléas doit partir en voyage, et ce serait peut-être la fin de cette situation dangereuse. Mais avant de partir, il a le soir dans le parc un dernier rendez-vous avec Mélisande. Us s'attardent. Pour la première fois, ils se sont dit les mots décisifs. Les portes du château se ferment. Ils se sentent perdus quand Golaud survient, perce Pelléas de son épée et blesse Mélisande, que

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