‹ L'action française (volume 2)Chapitre 42 sur 180 · POUR VÉCOLE DE ROME · texte numérisé non relu

POUR VÉCOLE DE ROME

A monsieur Franquetot^ Scavant menuisier, dam Monique^ de Paul Bourget.

Il est fort naturel qu'un parlementaire au nom déshonnéte, qu'un collège d'esthètes, que M. Frantz- Jourdain demandent la suppression de TEcole de Rome, mais c'est un scandale qu'un Comité de la « Patrie française )>, avec l'aide de M. Baffier, pétitionne pour cette barbarie. Il vaut la peine de montrer leur erreur à de bons esprits égarés, étonnés de leurs alliés sans doute; profitons de cette rare occasion d'une discussion qui peut aboutir puisque, sur presque tous les éléments, notre accord est déjà fait. Lisons, démêlons quelques obscurités et quelques contradictions, dénonçons quelques erreurs et montrons, enfin, avec ses propres raisons, que H . Baffier aurait dû conclure comme nous.

MM. Bailler, ouvrier sculpteur et Pelecier, peintre, s'adressent à MM. les députés français en leur Chambre législative :

Quand on édifiait à Rome la colonne Trajane, alors que nos anciens arrière grands-pères subis-

saient le joug (i) de^ vainqueurs du monde, il y avait des raisons pour envoyer des Gaulois apprendre les arts dans la capitale alors célèbre ds V empire d'Occidsnf. Le prix de Rome, en ce temps-là, était rompre- /isnsible. Même au temps dupape Léon X, on pouvait expliquer le tour d'Italie pour des métis français, apprentiJi architectes, peintres, sculpteurs et muJiiciens, mais aujourd'hui Rome nest plus qu'une nécropole et il nous semble que, depuis un r^tain temps, lapatrie de Michel' Ange est plutôt au-dessous de In France, s il estpossible, pour la décadence des arts et V abaisseyyient moral, ce qui est tout un,, car il va sans dire que Vart n'est et ne peut être que le reflet de la imntalitè des peuples. Il faut avoir Ventendement faussé pour affirmer que Vart doit être en dehors de la sociologie et de la politique. C'est à peu près comme si on vous disait qu un corps humain peut vivre très bien sans estomac ou infestin,

L'Ecole de Rome date de 1664. Au contraire, elle était inutile aux temps dont parlent ces messieurs : l'échange entre la France et Rome était continuel. Sa création s'est imposée lorsque cet échange n'a plus été aussi suivi, aussi intime. Evidemment, quand l'Europe civilisée était italienne, il n'était pas nécessaire d'envoyer nos artistes en Italie; c'est quand l'hégémonie française eut remplacé celle de l'Italie (grâce à nos rois, de l'aveu même de M. Baffier, puisqu'il ne nie pas la grandeur de notre art de cette époque et que l'art grandit avec la bonne sociologie et la bonne politique) (2), que Louis XIV

(1) Plaisante façon de conter l'histoire des Gaules ! (3) Soulignons notre accord avec M. BafiBer. Il s'étend

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