‹ L'action française (volume 2)Chapitre 46 sur 180 · PARTIE PÉRIODIQUE · texte numérisé non relu

PARTIE PÉRIODIQUE

moyen Âge que M. Baffier nourritdes sentiments et c'est seulement de cette tradition qu'il est rempli. » Il faudrait nier que môme les sources de cette tradition sont à Rome; mais lisez donc a^ec quelle amitié, malgré le qualificatif depotentat, échappé pour la seconde fois, il nous parle de Louis XIV, avec quelle haine de nos maîtres d'aujourd'hui.

Messieurs les députés,

Nous profitons delà circonstance pour vous dire que nous vivons sous un régime de conquête et de bon plaisir extrême. Le potentat Louis XIV disait : « L'Etat, c'est moi », mai^il était le maître reconnu et re.yonsabïe. Il y avait alors une foule de magistratures privées, encore c-apables , malgré leur décadence,, défaire contrepoids à ce pouvoir absolutiste. Il g avait des Etats- Généraux qu'on ne eonvoqiuiit pas souvent, mais les Etats des provinces rappelaient encore, de temps à autre, le roi au respect du droit sacré et imprescriptible de la Nation, De plus, unegrande voix, celle de Bossuet, pouvait s* élever et clamer à la face du Maître : « Diêu seul est grand / » (1)

Aujourd'hui^ l'Etat est une compagnie anonyme constituée pour l'exploitation des hommes et des choses du pays. Et cette puissance est sans aucun frein ni responsabilité. Ceux qui ne veulent ni Dieu ni maître ont parfaitement réussi à créer te plus infâme des arbitraires, la plus effroyable des tyrannies etlepliMigrufminieux des accroissements. Ce qui est

(i) Nous ne pouvons négliger de rectifier cette erreur, d'ailleurs sans importance : c'est Massillon qui dit ces paroles à Louis XIV couché dans le cercueil.

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ffrave au suprême degré^ cest que cette ploutocratie monstrueuse ne paraît pas même se douter qu'en désagrégeant les forces vives de la Nation^ pour satisfaire son appétit de lucre et sa soif de domination ^ elle décompose sa source dévie et marche à sa propre des* fraction.

El voici la fin, Messieurs les législateurs, dans touto société ordonnée selon une science d'observation basée sur V étude approfondie de la nature des choses y la puissance supérieure^ qu'elle soit royauté ou République doit être un pouvoir régulateur ^ et non dominateur. Le gouvernement ne doit pas faire laloi, il doit la faire respecter. En droit naturel, VEtat ne doit pas plus monopoliser la conscience humaine , Venseignenfient des sciences et des arts, queUs productions du soi.

Le prince doit régner et non subjuguer.

n résulte d'un examen attentif sur Us faits et les œuvres de notre temps, que VEtat gagnerait plutôt à apprendre qu'à enseigner, en général, et pour ce qui est du sujet spécial qui nous occupe ici, V intérêt bien entendu du gouvernement, à défaut de magnificence, serait simplement d'être un client judicieux et équifable. (Je croyais qu'aucune intervention n^était souhaitable.)

En conséquence {!), nous pensons que h prix de Rome est une anomalie et une immoralité comme renseignement officiel des arts et des sciences et vous devez, Messieurs, en voter la suppression.

Vous devez rétablir renseignement libre.

Vous devez voter la liberté d'association qui amènera la reconstitution de nos familles, de nos magistratures privées, lesquelles feront contrepoids à la

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