‹ L'action française (volume 2)Chapitre 48 sur 180 · PARTIE PÉRIODIOITB 35S · texte numérisé non relu

PARTIE PÉRIODIOITB 35S

sant, et vous voulez dire : sou intervenliou ne doit être que pour nous permettre d'exister. Faites-nous de la bonne politique, dites-vous à TEtat, nous vous ferons de belles œuvres. Vous êtes pour la république dans votre art comme au moyen âge ?nou8 sommes d'accord. Nous ne différons que parce que nous savons que cette république ne peut être qu'avec un roi et que vous ne voulez pas encore vous rendre à cette évidence.

L'Ecole de Rome est-elle contraire à cette conception ? N'a-t-elle pas été faite libre, souple, indépendante de la discipline de l'Etat, quoique dépendante d'une forte discipline d'art? M. Baffier n*ignore pas d'abord comment intervenait Louis XIV dans la construction de Versailles,il a lu les notes manuscrites alTichées dans l'une des salles du château, il sait aussi le mot célèbre et significatif de Charles X pour s'éclairer sur les interventions de la monarchie française dans Fart jusqu'à ses derniers rois. L'Institut qui choisissait les élèves de Rome était composé de trente-deux membres architectes (1), tous ceux de Tépoque célèbres par leur œuvre ou leurs écrits ; le nombre des peintres et des sculpteurs était illimité. Elle envoyait un élève à Rome, quand il lui plaisait, ce n'était point un droit que le prix de Rome, mais une faveur; et l'Académie put parfois envoyer même le second prix

(1) Aujourd'hui huit. Il n'était pas ainsi une consécration, la momification de quelques personnalités, mais une sorte de grande commission déléguée par le Roi aux choses qui n'étaient pas de sa compétence immédiate •

à Rome. Le séjour était de trois ans. L'élève allait non point regarder la couleur du ciel^ mais faire des a devoirs » : des mathématiques, de la perspective, la théorie et la pratique de la coupe des pierres, la mécanique appliquée à la construction (1). (Nous espérons ne pas trahir la pensée de M. Baffier : il est pour cette forte discipline, car pour y rêver seulement il serait en effef ridicule et inutile d! envoyer à Rome des jeunss gens subir Vinfluence de In coufmir du cieU Ce serait au moins peu de choses.) Où donc voyezvous l'intervention directe de l'Etat dans les affaires de TEcole de Home? Reconnaissez donc qu'il faut garder l'Ecole de Rome, M. Baflier. Eh, ouil un décret du 8 août 1793 a changé cela, il a suffi de la suppression du pouvoir royal pour que cette République fût supprimée et les résultats que pourrait donner l'école de Rome ne sont pas aussi constants, aussi évidents ; pour la peinture et la sculpture, ils sont presque nuls. Mais ce n'est point la faute de l'Ecole de Rome si la mauvaise politique a entraîné la déchéance de rArtfrançai.<i. M. Baffier n'est pas plus révolté que nous de l'intervention de l'Etat républicain, de l'adaptation de ses principes aux

(1) Peut- on dire que l'Académie ne soit pas assez indépendante des nuées à la mode ? ou qu'elle ne considère plus assez les élèves comme tels, mais plutôt comme des talents qu'elle consacre ? L'Ecole de Rome serait donc devenu plutôt un danger. Pas encore. Récemment un très brillant élère, Tony Garnier, que ses croyances républicaines avaient amené à dire des naïvetés qu'on ne lui demaudait pas a été vivement erondé et rappelé à ses devoirs .

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