‹ L'action française (volume 2)Chapitre 55 sur 180 · CONFÉRENCE DE L APPEL AU SOLDAT · texte numérisé non relu

CONFÉRENCE DE L APPEL AU SOLDAT

loin d*aiderau développement d'une nationalité qui datait de dix ans à peine (la guerre de l'indépendance est de 1881], devait lui porter un coup fatal, comme à une jeune plante la brûlure d*un précoce été; on a donc demandé au TransvaaL un « progrès électrique » et exigé d'hommes qui étaient d'anciens pasteurs des compréhensions ultra-rapides et des décisions « américaines ». Faute de les obtenir, on a résolu leur perte, la perte de « l'hôte ». Voilà les faits.

Par malheur, cette crise de Tor ne devait pas seulement apporter au Transvaal la guerre, mais un danger pire, la corruption. Aussi, quand les Anglais ont reproché au gouvernement d'être pourri, au Volksraad d'être corrompu dans la presque totalité de ses membres, la vérité exige de dire que, dans toute autre bouche que celle des corrupteurs eux-mêmes, ces reproches seraient justifiés. Les goldmen ont employé tous les moyens. Des fermiers ont été couverts d'or, que rien dans leur passé ne préparait à la rencontre de ces... écueils de la vie politique. C'est ainsi que l'Afrique du Sud a assisté à ce triste spectacle de la corruption partielle d'un peuple, avant que la civilisation ait eu le temps de l'atteindre. Triste exemple, dira-t-on, pour les deR<:endants des indomptables religionnaires : l'histoire est souvent sceptique.

Les Boers avaient pourtant eu, ce que je persiste à croire, l'avantage de posséder en leur président un homme exceptionnel, non seulement type curieux et symbole élevé de la race, mais de ce petit nombre d'élus doués d'un génie naturel. 11 a mis au service des siens, ce paysan

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génial, une compréhension remarquable du présent, une grande et juste divination de Tavenir un mélange curieux de ruse et d'énergie, enfin cette obstination, que les Anglais appellent «de chien », des vieux de sa race. Les histoires sur Krager sont innombrables. Par horreur des Anglais, il ne voulait jamais parler leur langue, quoique la sachant parfaitement. Un jour, parmi ses nombreux visiteurs, un interprète lui amène un lord anglais. Krttger se montre, comme de coutume, peu affable et se contente de répondre aux questions par oui et par non, fumant et crachant en cadence. « Dites-lui, dit le lord à l'interprète, que je suis d'une des plus grandes familles d'Angleterre. » KrUger ne parait pas impressionné : « Dites-lui qu'il y a deux ans j'étais vice-roi des Indes. » Même silence : « Dites-lui bien qu'il y a deux ans... » — Diteslui, interrompt le président, qu'il y a dix-huit ans je gardais les vaches, i»

Cependant telle est la puissance salissante de l'argent que la calomnie, qui l'a attaqué sans pouvoir entamer le bloc du vieux fanatique, n'a pas épargné les siens. Or Paul KrOger a eu l'imprudence de se laisser souvent aller aux facilités du a family-government ». Il a mécontenté les uns, scandalisé les autres, et les .siens, peu scrupuleux, ne lui ont donné que des conseils inspirés de leurs propres intérêts.

Profonde dans les sphères du gouvernement, celte campagne démoralisatrice a malheureusement trop vite effleuré les gens des campagnes. De nouveaux besoins ont été enseignés, vite imposés à des gens qui, hier encore, vivaient de

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