‹ L'action française (volume 2)Chapitre 61 sur 180 · PARTIE PÉRIODIQUE · texte numérisé non relu

PARTIE PÉRIODIQUE

coDScience, malgré son désenchantement universel, malgré les défaillances successives de ridéal qu'il a poursuivi, assez de raisons supérieures pour se croire des devoirs envers ses semblables et s'y attacher. Il croit aux intérêts de sa patrie. Il agit, au moins, comme 8*il y croyait, puisqu'en faisant reine des Amaras la Fille Sauvage, il veut rattacher ce royaume à l'influence française. Il se garde d'inquiéter les âmes croyantes, dans leurs convictions. S'il arrache à son exaltation mystique sa pupille, c'est pour la détourner du cloître, qui la soustrairait à la grande mission qu*il lui a destinée. Et il est lui-même un exemplaire accompli de noblesse morale, puisque, sans foi religieuse, il est stimulé k Tabnégation de lui-même, par son orgueil stoïque,par son besoin de rendre sa vie utile, encore qu'il ne soit plus très sûr de l'utilité de quoi que ce soit.

Toutes ces hautes idées sont exprimées, en une langue éloquente, claire et somptueuse, qui est un des délices propres à toute l'œuvre dramatique de M. François de Curel.

De ce vaste sujet au Luxê des autres^ il y a toute la distance des idées générales à l'analyse d'une situation de la vie ordinaire. Et si les spectateurs de M. de Curel ont de la difliculté à le suivre sur les sommets où il se meut à l'aise^

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ceux de MM. Paul Bourget et HenriAmien'ont à faire aucun effort pour s'intéressera leur œuvre. Elle est aussi près que possible de l'exislence commune.

On a lu le trop court roman qui a fourni la matière de la comédie de TOdéon. Toute Témotion délicieuse que donne le livre se retrouve dans l'action dramatique de cette œuvre d'un charme si douloureux. Et si le théâtre avait le pouvoir de corriger, réellement, les mauvaises mœurs, les vices et les travers qu'il nous donne en spectacle, la grande majorité des Parisiens devrait accourir au Lvxe des autren^ pour y embrasser,tout d'un coup ,les inconvénients fâcheux de leur besoin d'ostentation et des écarts entre leurs ressources et le train qu'ils se donnent, pour paraître plus qu'ils ne devraient.

C'est, au fond, une leçon d'économie domestique,à laquelle M.Paul Bourget,aidé de M. Amie, n'a pas dédaigné de descendre. Et il se tient encore par là dans le domaine de la reconstitution de la vie de famille, dont il fait un des éléments essentiels de sa collaboration générale à notre renaissance française.

Cette famille Le Prilleux, le père, la mère et la jeune fille, a toutes les apparences d'une heureuse famille. Le père est un de ces écrivains laborieux et probes, qui alimentent de leur copie toujours distinguée vingt publications périodiques. Il aurait pu être un écrivain créateur. Le besoin de gagner beaucoup d'argent pour que sa jolie femme, qu'il adore exclusivement, depuis vingt-cinq ans de vie conjugale, puisse avoir sa part à la fête perpétuelle de la grande

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