LE CAPITAINE MILLOT
Nous pleurons un de nos plus vaillants aniis. Le capitaine d'infanterie coloniale André Miliot, après avoir coopéré dans une large mesure aux succèsde la colonne Destenave dans la vallée du Chari, en qualité de chef d'état- major et du bureau politique, vient de tomber frappé d'une balle en pleine poitrine dans la brousse de Bir- Hallali (Kanem).
L^ capitaine André Millot appartenait à une famille de généreux serviteurs de la France. 11 était né le 2 novembre 1867, deuxième fils du général Gabriel Millot, mort à Versailles le 28 octobre 1887, en activité de service. Un fils du général Millot est mort en 1895, brigadier au 16^ chasseurs à cheval ; un autre, Talné, est lieutenant au 30*" dragons, et le plus jeune sert dans la marine comme enseigne de vaisseau.
Le capitaine André Millot entra à Saint-Gyren octobre 1887. Il en sortit en 1889 aifeclé comme sous-lieutenant au 77^ de ligne à Chollet. Lieutenant en janvier 1891 , son goût de ractivité et ridée qu'on est soldat pour faire la guerre, lui firent solliciter son envoi à Tétat-major des troupes du Soudan. Il réussit à partir en septembre 1894. D abord adjoint au commandant du cercle de Bafoulabé, il dut bientôt exercer luimême ce commandement important. 11 revint en
France en avril 1896, mais dès le mois d'oclobre, il repartait pour Kayes avec le colonel de Trenlinian. Cette foi:', il fut choisi pour faire parlie de lacolonne qui descendait sur Ségou et la Volta. Adjoint au capitaine Hugot, il fut grièvement blessé d'une Qèche empoisonnée qu'il reçut dans le bras droit dans le combat dn Mansara (23 avril 1897). Sa conduite dans cet engagement lui valut la croix. Le capitaine Hugot mourant, il dut organiser les postes du Gourounsi. Il rentraen France capitaine, en 1899, et fut affecté au 103"^ à Mamers puis au 51®à Beauvais.
H songeait à se préparer à TEcole supérieure de guerre, mais le bruit du canon qui tonnait en Chine l'attirait invinciblement. 11 fut des premiers à solliciter son départ et pour le faciliter permuta avec un camarade de l'infanterie coloniale. Cependant ce fut pour l'Afrique qu'il fut désigné, le colonel Destenave qui l'avait apprécié l'ayant demandé au bataillon du Chari.
Il partit en octobre 1900. Il aida le colonel Destenave à composer et à conduire cette vaillante colonne qui obtint, en passant à Fort Crampel, la soumission du scheik d'El-Koulî puis qui poursuivit et prit dans la brousse de Dikoa les deux fils de Rabah.
Le 29 octobre 1901, le colonel Destenave, avec à peine cinq cents hommes de troupe, quittait Fort-Lamy pour aller occuper le Kanem. Le capitaine Mlllot réclamait avec insistance le dangereux honneur d'éclairer la colonne dans ces plaines où le Mahdi Senoussi pouvait avoir groupé des forces pour s'opposer à notre marche