‹ L'action françaiseChapitre 124 sur 189 · SCIENCE ET RELIGION · texte numérisé non relu

SCIENCE ET RELIGION

ne sont que l'expression des besoins les plus nobles et les plus élevés de la nature humaine transformée lentement, au cours des âges, par Tamour et le sacrifice des pères qui ont fondé la famille, la caste, la patrie. Les traditions religieuses et morales de l'humanité forment le plus beau poème, le plus saint cantique , don t les paroi es , consac rées par des siècles d'agenouillement devant l'Éternel, puissent nous enchanter et nous ravir en esprit en ces pays de rêves, de croyances ancestrales, du Pater noster et de V Ave Maria de nos aïeules et de nos mères.

Pourquoi l'homme de réflexion, le savant athée, au sens antique du mot, ne se mêlerait-il pas à la foule de ses frères, ne s'agenouillerait-il pas sur la pierre de ce pavé des cathédrales où sa mère l'a conduit enfant? Pourquoi ne chercherait-il pas, avec les pauvres gens, ces vieilles hymnes de l'Eglise, d'une si pénétrante tristesse, où les lamentations et les sanglots de ceux qui sont morts en nous léguant la vie semblent remonter à nos lèvres? Plus l'homme de science sera savant, plus il aura conscience de son ignorance et de son néant, plus il trouvera digne de lui et de ses pères de s'incliner très bas sur les dalles de la vieille église, prostré dans un spasme de pitié, d'humilité infinies.

JlLES SOIRY.

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