AVONS-NOUS UN GOUVERNEMENT
nerie. Ce qui permet à ces derniers d'affirmer t ce 11 y a une affaire Dreyfus. — Il y a une ques* tion sociale », car ils sont en état de résoudre et question et affaire. Seulement, quand ques*tion et affaire sont résolues par eux, il y a grande chance pour qu'elles le soient tout à rencontre des intérêts français.
Un effort pour résoudre questions et affaires dans le sens des intérêts français, voilà ce qu'est le nationalisme. Or cet effort n'aboutira que si le nationalisme arrive k prendre figure de gouvernement. S'il reste seulement une coalition de forces sentimentales, il pourra peut-être, il est vrai, arracher le pays au gouvernement antinational qui précipite sa perte ; mais il ne l'arrachera pas à la lente décadence — avec intermède d'anarchie quand le pays tombe dans un cuvier quelconque — qu'est Tabsence de gouvernement et le règne de l'administration.
Or pouvant prendre actuellement en France figure de gouvernement nous ne voyons que deux choses : une dynastie ou un corps capable de remplacer l'aristocratie absente en se perpétuant par une sorte d'hérédité spirituelle. Si donc le nationalisme veut gouverner, ou plus proprement si nous voulons un gouvernement national, il faut nécessairement ou que le nationalisme s'incarne dans une dynastie, ou qu'il s'organise autour d'une idée qui lui assure la durée, aussi fortement qu'est organisée la franc- maçonnerie. Ajoutons que, du reste, même organisé ainsi,le nationalisme aura plus de difficulté à s'emparer du pouvoir et à gouverner que n'en a eu la francmaçonnerie, car il aura précisément à lutter con->
ACTION FRANQ. — T. IV. 51
tre la franc-maçoniierie, alors que cette dernière n'a trouvé jusqu'à présent d'opposé à elle aucun corps organisé, sauf l'Eglise catholique, mais qui semble lui avoir offert peu de résistance. Donc s'assurer une hérédité naturelle en se fondant dans une dynastie, ou alors se créer une hérédité artificielle comme le fait la franc-maçonnerié et comme le fait toute église, par une sélection minutieuse des adeptes d'une même idée, je ne vois pas d'autre alternative pour le nationalisme s'il veut atteindre son but, si du moins il poursuit un autre but que l'absence de tout gouvernement.
Léon dis Montesquiou.