LE NATIONALISME DE CH. FOURIER
régît tous nos rapports avec le monde extérieur; la. tendance au groupe^ d'où naît le lien avec Thumanité; la tendance aux séries, qui engendre le lien sociétaire. C'est dans cette dernière division que, pour combiner les hommes en une féconde diversité, agissent trois passions radicales : la cahaliste ou contrastante, la composite ou exaltante, \B,papillonne ou engrenante, 11 ne faut qu'entendre ce langage pour n'en point trop sourire. Depuis soixante aus on raille IhpapU- I/mne. Mais, dit l'un des docteurs fouriéristes, bien que « cette passion, sous le nom d'inconstance, soit généralement regardée comme un vice, nous verrons qu'elle est destinée à jouer plusieurs rôles essentiels ». Elle les joue, n'en doutons point; et, de toute cette psychologie, je crois bien que maint lecteur ou lectrice ne retiendra que ses leçons. Qu'importe? conclut Fourier : « le mécanisme harmonien qui emploiera les vices comme les vertus prouvera que Dieu a bien agi en créant nos passions » ! Le tout est d'utiliser secundum artem trois moyens : « les séances courtes et variées qui ont la propriété de favoriser le plaisir, les rivalités cabalistiques, le charme composé ». Au reste, sachez qu' « il faut pour le moins trente mille antipathies dans une phalange de grande échelle et des discords en bien plus grand nombre » ; après quoi, en tirer l'harmonie sera « facile comme jeu d'enfant » !
C'est sur ce mot qu'il convient de prendre congé de Fourier. Toute l'âme optimiste, tout le naïf orgueil de ce brave homme, par le prodigieux travail de sa vie enlière,aboutit à sécréter
celle perle. Avec plus d'innocence que Tanlique tenlaleur, il est venu nous dire : « Vous serez comme des dieux! d Nous n'avons poinl d'aussi mythologiques prétentions. La religion fouriérisle ne saurait être la nôtre ; mais sa politique méritait d'être remémorée. Nous l'honorerons tout au moins jusqu'à VEnnéarchie ou Califat. Elle est réaliste et traditionnelle, équitable et nationale; — elle est française!
Louis-N. Baragnon.
F. iS. ■— La plupart de mes lecteurs ont sans doute oublié les quelques pages publiées dans V Action française du lo mars sous ce ^titre Trois générations. Mais parce qu'une naturelle curiosité pousse les hommes à rechercher en tout des « clefs » mysiérieures, parce que certaines circonstances connues de quelques-uns ont fait croire que M. Pucelle et les siens avaient été exactement moulés sur la réalité, je déclare que j'ai voulu décrire, dans Troi^ générations^ des vies typiques nourries d'histoire, puis combinées et recréées selon la méthode du roman de mœurs.
£n particulier, il est faux que M. de la Roque soit identique à M. Numa Baragnon, membre comme lui de la commission des Neuf. Ceux qui ont connu mon père voient aisément en quoi les deux caractères et les deux vibs coïncident. Mais il est vrai que la lettre écrite de Bordeaux « le jour même que fut consentie Tamputation de la France » le fut par le représentant du Gard. J'en suis trop fier pour ne le pas avouer. L,-N. B.
Six heures du matio et déjà le soleil darde implacable. La petite gar& de Dakar paraît toute blanche dans un fouillis de verdure sombre. Sur la voie, dont le ballast se compose d'une multitude de coquillages accumulés, un train nous attend composé de wagons auxpersiennes closes, communiquant les uns avec les autres par des platesformes oti Ton peut venir respirer Tair fouetté parla marche rapide de la locomotive.
Le long du quai, prêts à partir, le gouverneur général, le gouverneur du Soudan, que les fonctionnaires et les personnages de la ville entourent et complimentent une dernière fois, puis des soldats, des officiers, nos camarades de voyage, tous en blanc maintenant, méconnaissables sous Tindispensable casque de liège.
Dans des fourgons les employés noirs achèvent d*enta$ser les innombrables caisses de 25 kilogrammes, les cantines et les malles. Nos boys, des négrillons d*àge imprécis, bizarrement accoutrés, rangent dans le wagon que nous avons choisi nos menus bagages.
A six heures et demie, le train part. Nous
longeons la côte pour gagner RuHsque, un port de coramerce et un marché d'arachides important, situé en face de Dakar, sur la baie que forme le cap Vert en s'avançanl^ dans l'Océan.
Par delà les dunes de sable roux nous apercevons la mer se confondant avec l'azur du ciel, et Thorizon ressemble à une toile de fond très bleue sur laquelle se découpe la gigantesque silhouette de quelques baobabs. Bientôt nous longeons des bois de rosnier8,une surprenante forêt où, très éloignés les uns des autres, des arbres se dressentassez semblables à d'immenses plumeaux de zinc qui seraient fichés en terre par l'extrémité de leur manche.
A Rufisque nous entrevoyons,derrière la gare, les toitures de tuiles des nombreuses factoreries. Sur le quai, des fonctionnaires galonnés et aussi toute une bande de femmes noires portant sur leur tète leur demi-calebasse, où s'entassent des noix de kola, des oranges ou des régimes de bananes.
Après Rufisque nous nous écartons de la côte pour remonter vers le Nord. Nous retrouvons les rosniers, entre lesquels nous courons vers Thiès, nous arrêtant seulement à Sebi-Kotane et à Pout.
Elles produisent une impression étrange, ces forêts du Sénégal, bien différente de ce recueillement qu'inspire la sombre voûture de nos hautes futaies. La succession monotone de ces arbres isolés, qui ne portent leurs grandes feuilles en éventail qu'à l'extrémité de leur haute tige, a sa beauté, beauté aride et sèche, faite surtout de l'impassibilité de cette flore mille-
naire se dressant droite entre ce sol desséché et ce ciel brûlant.
 quelque cent mètres de nous, dissimulés par la brousse, courent les troupes de singes au pelage roux, les gazelles aux pattes fines, et sur le fil télégraphique, le long du chemin de fer, se perchent de précieux oiseaux dont les plumes, sous le soleil, prennent des reflets d*émeraude, de rubis ou de saphir : les bengalis, les chasseurs d'Afrique, les gendarmes, les veuves, une espèce de merle dont les ailes et le dos sont noirs, le ventre rouge et la gorge d*un jaune d'or.
Entre Pout et Thiès, le bois change d'aspect : des fourrés, des brousses, où les mimosas s'emmêlent aux acacias, sous les faux gommiers étendant la carcasse blanche de leurs branches dénudées. Nous traversons un ravin que les gens du pays appellent le <c Ravin des Voleurs », puis c'est Thiès.
Gomme à Rufisque, des fonctionnaires s'empressent autour du gouverneur général. Le résident présente je ne sais quel chef du Gayor; un beau nègre drapé dans le manteau vert des rois ou des croyants qui ont fait le saint pèlerinage de la Mecque. Il porte, retenu par un cordon à sota épaule, le sabre indigène à la poignée d'ébène rehaussée de cuivres, au fourreau de cuir minutieusement travaillé et terminé en fer de lance; ses grisgris pendent autour de son cou. Il a des bottes marocaines en cuir jaune, enrichies de dessins, étoiles et croissants, brodés en soie bleue. Il tient à la main, comme un sceptre.
un paraplaie de coton. Que^ues noirs en boubous blancs Tescortent.
Il y a l& aussi un magnifique spahi indigène, taillé en hercule, un n)aréchal-des-k>gis, intrépide sacripant. lia fait la guerre au Gayor, sur le fleuve, au Dahomey, il est venu à Paris pendant l'Exposition de 89. Il y a eu de prodigieux succès et il garde de son voyage d'invraisemblables souvenirs.
Thiès tient son importance d'un pénitencier agricole dont les Pères du Saint-Esprit ont la direction, ils ont bâti là une vaste ferme où Ton élève quelque bétail, des moutons, des bœufs à bosse, des volailles. Les Pères ont tenté de perfectionner un peu le.H procédés de TagriGulture sénégalaise. Us possèdent une charrue aveo laquelle on laboure la fine poussière qui constitue le sol du pays. Mais malgré leurs peines les Pères n'ont pu arracher à ce sol infertile d'autres produits que l'éternelle arachide ou le mil. Dans un jardin cultivé avec des soins incroyables, ils sont arrivés à faire pousser quelques légumes, quelques arbres fruitiers d'Europe et à améliorer les fruits d'Afrique. Louables efforts dépensés en pure perte devant Tobstination de cette terre inhospitalière à demeurer un désert, à conserver son caractère de dureté et de désolation.
Après Thiès, les bois vont s'éclaircissant jusqu'à Tivavouane. une station importante où nous nous arrêtons pour déjeuner. C'est une course au pas gymnastique du wagon vers le primitif buffet de bois et de torchis où nous enlevons nos places d'assaut, car nous sommes
aujourd'hui si nombreux que tout le monde ne trouvera pas à se caser. Le déjeuner s'achève vile. Nous jetons un coup d'oeil sur les vastes hangars qui s'étendent derrière nous et où viennent s'entasser, durant la traite, les arachides de la contrée.
Sur une sorte de grève, le long de la voie ferrée, tout le village est réuni : les hommes en boubous blancs, les chefs en manteau vert. Des guerriers armés de vieux fusils tiennent par la bride des petits chevaux du Gayor, d'ardentes bètes de la laille et de Tallure d'un poney. Les « digaines » ont mis leur beau pagne multicolore et sur leur tèle leur foulard le plus éclatant. Des griots sont assis devant leurs tam-tams, des troncs de rosniers creusés et recouverts d'une peau de poisson. Ils en tirent un roulement monotone, un peu sourd, que rythment les claquements de mains des femmes. Elles chantent d'une voix grêle et traînante des paroles que nous ne comprenons pas. L'une d'elles se détache du groupe pour danser. Le griot se lève, et, précipitant la cadence, il l'excite de quelque chanson obscène. La femme trépigne, balance son corps, agite ses bras, crie et va tomber exténuée sur le sable. Nous demeurons désorientés devant la plastique bizarre de ces danses. Mais la couleur intense du tableau nous ravit.
Nous n'avons pas le temps d'ailleurs de nous lasser de sa monotonie : — un coup de sifflet et le train se met en marche. Alors, tous à la fois, les guerriers noirs poussent ui^grand cri et,sautant sur leurs petits chevaux qu'ils lancent au
galop, ils déchargenten Tai rieurs fusils chargés jusqu'à la gueule. Les chevaux, dans la brousse, galopent à fond de train, balançant leur tête, les boubous volent au vent, les noirs s'excitent à l'odeur de la poudre, à leurs cris, à la vitesse de la course, et c'est quelques minutes autour du train qu'ils poursuivent une fantasia endiablée. Mais les cavaliers disparaissent vite, et nous fuyons maintenant dans les plaines nues, à travers des sables couverts d'une brousse brûlée, d'herbes roussies, de quelques faux gommiers sans feuilles, squelettes d'arbres semblant mourir de l'implacable sécheresse en tordant leurs bras décharnés sous l'étreinte dévorante du soleil.
La ligne serpente au milieu de ce désert sans beauté ni grâce, mais d'un sentiment violent et indéfini qui prend toute Tàme. Et c'est bien là le mérite propre que nous découvrirons chaque jour à ces dures contrées sénégalaises : n'offrir rien de médiocre à nos sensations.
Au bout d'une demi-heure environ, dans un sentier gris qui coupe la voie, nous apercevons un noir en boubou bleu poussant un àne devant lui, puis quelques champs de mil aux tiges très hautes. Trois ou quatre négrillons regardent passer le train et se précipitent en criant à sa suite. Des cases de roseaux aux toits en pyramides, quelques greniers à mil élevés sur des pilotis pour les mettre à l'abri des termites font songer à d'immenses ruches d'abeilles. C'est Pire-Goureye. Trois quarts d'heure plus tard nous nous arrèticuis à N'gaye-Mekhé.
Pire-Goureye, ffekhél Ces noms-là sonnent
tristement aux oreilles de nos camarades les officiers de spahis! Je me rappelais, moi, le funèbre toast qu*un soir de fête, à Saint-Louis, portaient les spahis de Loti :
« Â ceux qui sont tombés à Mekhé et à Bab« diarah ! n
Ils restaient graves en ce moment, nos joyeux amis du bord, au souvenir évoqué de leurs anciens tombés dans ces plaines, de ceux dont les os blanchissent sur le sable, au grand soleil du désert.
Mourir dans la brousse ! Désolante perspective et qu'on ne saurait envisager sans frémir.
« Jean était très brave pourtant, écrivait Loti ; il n'avait pas du tout peur de se battre. Mais il n'était pas maître de cela. Cette image venait le glacer comme un son de voix de chacal, elle avait fait courir un frisson dans sa chair... »
Et quand ce fut passé, ce petit frisson, quand nous eûmes laissé flotter notre souvenir admiratif et respectueux autour de ces héros de Pire- Goureye et de Mekhé, nos camarades, des braves qui couraient avec désinvolture vers d'aussi terribles destins, reprirent leur gaie conversalion et rirent aux éclats d'une histoire que contait avec sa verve accoutumée leur capitaine.
Cependant je me disais tristement la fin du chapitre de Loti :
a ... Pauvres garçons, riez, chantez, soyez bien gais et bien fous, profilez de l'instant joyeux qui passe I... Mais les chants et le bruit sonnent faux sur cette terre du Sénégal, et il doit y avoir encore là-bas dans le désert des places marquées pour quelques-uns de vous !... »
àOTIOM FRAKÇ. — T. lY. 52
Kellel le môme village noir perdu dans la brousse. Au dessus de nos wagons surchaulTés darde le soleil d'après-midi. L'air commence à manquer à nos poitrines. Vainement nous allons nous asseoir sur les marche-pieds des wagons, nous faisant éventer à la vitesse du train. Du sable, de la poussière soulevée nous cingle la figure, mais pas un souille d'air frais ne nous vient aux lèvres...
Nous nous laissons aller à Taccablement de cette atmosphère étouffante. Plies sous cette domination impérieuse du soleil, nous comprenons la torpeur et la paresse du noir. A quoi bon lutter? C'est ici que toute notre agitation ressemble bien aux gestes d'un noyé qui frappe Peau en désespéré pour se soutenir une minute. En ce pays-ci la vie trop lourde s'enfonce d'un mouvement monotone et imperceptible vers la tombe toujours béante.
El c'est biea ce désir débilitant de repos, d'anéantissement, cette lassitude de nous disputer à la mort qu'il faut regarder comme la plus dangereuse et la plus terrible des fièvres...
Ici Ton ne saurait s'engourdir sans péril. L'Afrique pousse son intensité jusqu'à Tépuisement. L'âpreté de ces contrées reste faite pour les seules âmes héroïques capables de se heurter à tous les périls sans que s^émousse leur ardeur ou se détende leur volonté.
Le désert, c'est un champ de bataille où continuellement dépenser un trop plein d'activité.
A N'Dande on s'arrête quelques minutes. Il y a un buffet où l'on déjeune lorsqu'on vient de Saint-Louis. Quand nous repartons, nous sommes
salués d'une salve de coups de fusils et les cavaliers du pays débouchepl en fantasia du village, nous accompagnant comme à Tivavouane au galop de leurs petits chevaux.
Et c'est, autour de nous, toujours la même brousse, qu'anime seul quelque vautour planant dans le ciel bleu. De temps à aulre des champs, des « lougans », que signalent des envolées de mange-mil, les moineaux voraces du Sénégal. Des cases de roseaux et de paille, toutes à peu près identiques, les unes cubiques aux parois de la hauteur d'un homme, au toit pyramidal à la mode ouolofe, les autres rondes, aux parois très basses, au faîte conique et très élevé à la manière de certains Peuhls : ce sont les villagCH de Kebemer et de Goumbo. Nos yeux semblent se dessécher à n'entrevoir jamais que ces landes désolées.
Lottga, N' Guick, M* Pal, syllabes rugueuses et frustes comme ces bourgades isolées qui se dressent derrière les petites gares blanches du chemin de fer. »
Nao-Poundioun et nous ne sommes plus qu'à 1 7 kilomètres de Saint-Louis.
Nos boys nous ont fait une sorte de cabinet de toilette dans un compartiment où c'est une joie inapprécîale que de se rafraîchir la figure à l'eau douce, se débarrasser de la lourde poussière dont nous a enduits le voyage. Que ne pouvonsnous faire le geste de secouer ainsi tout ce sable qui nous entoure !
Le soir qui vient ne nous amène guère de fraîcheur. La chaleur semble s'immobiliser dans l'air. Cependant le soleil décline, l'azur du ciel
pâlit, se lame d'argent à Thorizon. Des effluves marins nous arrivent, tout chargés de fièvres, que nous respirons cependant avec délices.
Entre les dunes jaunâtres, les premières lagunes nous apparaissent. Puisc*est Leybar, un tout petit village noir sur la rive d'un grand marigot entouré delà verdure sombre des palétuviers.
A côté de la voie, attendant notre passage pour nous suivre sur le grand pont de fer qui traverse le marais, une caravane de ces petits ânes gris d'Afrique, à la tète fine, aux yeux volontaires, s'est arrêtée au pied de maigres cocotiers.
Derrière ce groupe, au delà de la ligne des sables, sur notre gauche, le soleil se couche, incendiant Thorizon, promenant des reflets métalliques sur la surface lisse des eaux dormantes.
Et voici la plaine de Saint-Louis, la brousse encore, mais limitée par cette bande verte, presque noire, que tracen| les palétuviers.
Des tourterelles s'envolent. Un baobab étend ses branches chargées de pains de singes. Une piste ovale avec des baraquements de bois : le champ de courses I Puis, parallèlement au chemin de fer, une allée bordée de tulipiers et de figues de Barbarie, le long de laquelle s'alignent des jardins, de grands bouquets de lauriers roses, d'acacias blancs surmontés par la gerbe immense des palmiers.
Sor : un village noir autour duquel les habitants de Saint-Louis se sont construit des villas et cultivent à grand peine des jardins.
Le jour tombe avec la rapidité propre aux pays tropicaux, et quand nous arrivons devant la gare de Saint-Louis, il fait presque nuit...
Nous avons mis là heures pour franchir 263 kilomètres. C'est bien long si Ton compare cette marche à la rapidité de nos trains européens. Mais ici on est étonné d'avoir été si vite. Il n'y a pas cinquante ans, c'était une telle expédition et si dangereuse que celte traversée du CayorI Le chemin de fer garde encore quelque chose de monstrueux, de point à sa place au milieu de ces sablea...
Nous avons l'impression d'avoir traversé le plus désolé des déserts. Et le Cayor cependant est un pays riche et productif si on le compare aux plaines de sable qui commencent au delà du fleuve , à ce « pays de la soif » qui s'étend pendant des milliers de lieues depuis Saint- Louis jusqu'au cap Noun...
Lucien Corpecuot.
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