M. DE PRESSKNSÉ CONTRE LES M£CRÉA^TS
Nos mandarins s'oublient parfois. Ce n^en est pas la seule preuve. Enivres d'être admis dans une société qui leur impose, incapables de sentir la nuance méprisante de l'accueil fait À des champions de louage et que Taristocratie — sottement
hétérodoxes des Pèros ? Ironies ? Antiphrases ? Emissions de voix privées de sens ? Que vient faire en tout cas notre Renan parmi les Pères de cette risible église ? Et, si Ton tient à détourner Pautorité d*un libre esprit, pourquoi Renan plutôt que tel ou tel [autre de ceux que nous aimons à étudier? Quels sont donc enfin ces « dignes héritiers »?
Ces dignes héritiers sont ceux qui divulguèrent Tautre jour uno vieille conférence électorale d'Ernest Renan. Cette conférence parut admirable aux ligueurs des Droits de FHomme. Elle devint pour eux « la conférencô de Renan »» et ils s'empressèrent d'en multiplier les reproduc> tions. C'est qu'elle était démocratique, et parla contraire aux textes excellents que nous a légués son auteur. M.Ch. Maurras n'eut point de peine à montrer, dans le Soleil du 3 mai, qu'il ne s'agissait pour Renan que de se faire élire, que Renan dans toute autre circonstance, que Renan laimême, que Renan libre esprit ne condamnait pas moins les idées démocratiques et avant et après cette conférence, qu'il ne l'avait donc point voulu réunir à ses œuvres, et qu'on observe peu de piété filiale, ou un singulier fanatisme, chez les personnes qui la publièrent.
Cette démonstration, que je n'imagine point, où Ton peut se reporter, devait mettre de mauvaise humeur les bénéficiaires d'une audacieuse plaisanterie. M. de P. n'aima point cette démonstration. La réfutation qu'il en a tentée n'est point forte. Elle pouvait le paraître davantage aux lecteurs de V Aurore : ils ignoraient de quoi il était question, les arguments de M. Maurras, le journal où avaient paru les arguments de M. Maurras, et que M. Maurras les eût fait paraître.
Il y a des libéraux qui n'aiment point les références précises. Ils ont bien tort, aux yeux des esprits indépendants, qui se plaisent à comparer les opinions des hommes, et qui tiennent à remonter aux sources. Ces libéraux ont charge d'âmes; ils connaissent les séductions de l'hérésie.
contente d'elle-même — reconnaît quelquefois des égaux chez ses adversaires, jamais chez ses scribes, ils se donnent des airs de gentilshommes et tranchent du grand seigneur. Ames de valets dans des cprps de pauvres hères, ils ne se doutent pas, ils ne se douteront jamais du rôle ridicule des enfants du peuple traîtres au peuple et ^ la Hévolution iv)-
FfiANClS DB PaSSSEIISÉ,
On m'exeusera d'avoir réimprimé la pauvre chose d^ M. de Pressensé. J'ai cru pouvoir eo extraire des enseignemeota utiles. Il ne faut point perdre de vue les diminutions intelleotuelles que les ennemis de la raison voudraient nous imposer : misère logique, bassesse du goût, niaiserie pontifiante. M. de Pressensé est dans son parti un homme considéré. Qu'on juge ses intentions bonnes ou mauvaises, ce qui n'importe, son article correspond, tel quel, au3( mœurs intellectuelles des cerveaux les plus indigents. Le libre examen, l'esprit de méthode et de clarté, voilà nos meilleures armes contre les ennemis du nom français. Il faut avapt tout reconnaître cesennemis, conscients ou nop, médiocres ou non, ne dédaigner qu'à bon escient, sacrifier des répugnances. Ou le nationalisme en ce pays ne sera rien, qu'uo tumulte et des cris, ou ses théoriciens feront tout ce qui est en eux pour restaurer la raison nationale.
Lucien Mobbau,
(v) J'igDore si M. de Pressensé se doutera jamais de la gafté qui émane de ce dernier paragraphe. Il voudridt faire le méchantniais. II ne fait que le Janot fanatique. fH l'on s'en Teut de ne point s'attendrir davantage. On s'atteQdrit bien un peu. Mais il y a de plus grands iQtéréti.
LA JSTATION JUIVE