‹ L'action françaiseChapitre 156 sur 189 · AU DIX-NEUVÏÈME SIÈCLE · texte numérisé non relu

AU DIX-NEUVÏÈME SIÈCLE

{Notes cThistoire contemporaine.)

Jadis les Juifs,-— nation tme êi mdmHblêytHt' mement attachée à sa religion et à ses traditions patriotiques, — étaient partout traités non en ennemis (comme on Ta très faussement prétendu), mais en étrangers. Ces nomades, qui demeuraient compatriotes en dépit des frontières, et se tenaient au contraire pour exilés parmi les peuples aryens, Toire même sémitiques (i), dont ils imploraient l'hospitalité, étaient l'objet d'une juste et universelle défiance* Chrétiens, musulmans ou païens, les gai/m de tous pays comprenaient vite qu'ils ne pouvaient traiter comme des gens « de chez eux » ni même comme des étrangers ordinaires ces intrus orgueilleux qui, se considérant comme « la première aristocratie du monde » (selon Texpression de Fun d'entre eux), regardaient leurs hôtes comme une plèbe taillable ei corvéable à mènd et eussent rougi de honte à la seule peusée de s'asseoir comme fils de la maison aux

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(1) Les Arabes, par ezempld*

foyers des infidèles. Gardant jalousement — sans nul esprit de prosélytisme — leurs croyances, eur morale et leurs lois, formant partout un Etat dans TEtat; affranchis de tous scrupules par des préjugés de race que consacrait le Talmud, — leur Evangile, leur Charte et leur Code civil à la fois, ^ d'ailleurs doués de dangereuses qualités qu'ils cultivaient et développaient sans relâche, ils seraient vite devenus le danger public qu'ils sont à présent, si Ton de* s'était décidé à prendre des mesures de défense nationale contre ces étrangers qui ne se reconnaissaient pas plus de devoirs envers un chrétien qu'un chrétien n'en pense avoir envers les animaux.

Jean-Jacques Rousseau et ses fils intellectuels . — Robespierre, l'abbé Grégoire et quelques songe-creux de même farine — vinrent changer tout cela vers la fin du xviii' siècle. Ces fats, ayant découvert un beau jour, par le seul effort de leur génie, la Vérité Absolue en politique comme en morale, estimèrent que l'expérience de dix-huit siècles et de cent peuples de toutes religions ne valait même pas d'être prise un instant en considération. Tous les hommes étant égaux, tous les hommes étant semblablei^ (ils l'avaient ainsi décrété], n'était-il pas puéril de :prétendre que le peuple juif avait son génie national, son tempérament héréditaire, qui, ren*

forcés par de millénaires traditions, le rendaient inassimilable et dangereux? En vain Tabbé Maary et quelques autres suppôts de l'ancien régime essayaient d'opposer à la toute-puissance de la très sainte et très pure Raison des arguments souillés du plus bas réalisme, qu*ils osaient demander à THistoire et aux faits observés chaque jour, — à l'expérience des ancêtres et à celle des contemporains. Les Constituants eurent vite fait de leur couper la parole (en attendant mieux] et de conférer aux Israélites, affranchis désormais de tous contrôles d'exception, les mêmes droits qu'à tous les citoyens français.

Les autres peuples suivirent ce noble exemple, moutons de Panurge qui, pris d'une belle émulation, sautaient à qui mieux mieux dans l'abîme par-dessus les bastingages traditionnels. Depuis un demi-siècle, la Russie, soucieuse avant tout de défendre les intérêts de ses enfants et de sauvegarder le patrimoine plus précieux encore de leurs traditions nationales, est le seul pays de l'Europe où les Juifs soient encore gênés dans leurs entreprises de pillage et de dénationalisation. (( A bas le tsarisme! » crient dans les rues de Moscou, de Kiev et de Pétersbourg quelques JuiFs nihilistes malheureusement flanqués de quelques étudiants russes. « A bas le tsarisme ! » répètent docilement, au quartier Latin, quelques jeunes sots qui se croient le droit et les moyens de mesurer la longueur desnagaïkas cosaques et de compter les coups qu'elles ont distribués aux assassins de Gorekelov et de Pobiédonotzev : n'ont-ils pas jadis — aux temps

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héroïques — calculé la portée du cmi-vingt cottrt et traduit en se jouant des dépécheBchiJSrées?

La nouvelle du décret de la Constituante tinta aux oreilles des Juifs de l'Europe entière comme une sonnerie de boute^^selle. La nation juive comprit que son jour était venu, elle devina confusément que les peuples qui se liguaient alors contre la France n'allaient guère tarder à adopter ces principes qu'ils combattaient, que le règne de la bienfaisante Ëgalité était proche, qu*en tout cas la série de guerres et de révolutions qui venait de s'ouvrir serait lente à se fermer^ qu'il ferait bon pécher dans cette eau trouble, et,

Gomme un vol de gerfauts hors du charnier natal,

les nouveaux « conquérants de l'or » partirent en croisade,

<( Sonnez^ rixdales ! Sonnez^ doublons ! » Tandis que la Mort moissonnait à grosses gerbes dans les armées de l'archiduc Gharles^deKoutousov et de Napoléon, Israël faisait, lui aussi, de fructueuses récolles; et, le soir de Waterloo, Bklcher et Wellington n'étaient pas seuls à chanter victoire : un Rothschild venait de doubler sa fortune en jouant intrépidement à la baisse au Stock- Exchange de Londres. Aux plus hardis la plus belle part de butin ! Ces Rothschild étaient partis en guerre des première : « ban-

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quiers de la Sainte- Alliance », prêtant à gros intérêts des sommes considérables aux souverains besogneux, ils étaient allés jusqu'à garder en gage la couronne du landgrave de Hesse, un de leurs débiteurs ! CTest ainsi que se fonde une bonne maison.,. Etendu sur son lit de mort, le vieil Amschel Rothschild, u Tancêtre, le grand homme », partagea TEurope entre ses cinq fils : Naples, Paris, Londres, Vienne et Francfort furent les camps retranchés assignés à ces cinq patriotes éclairés ; tel on vit Alexandre mourant partager TEurope entre ses généraux...

L'un après l'autre, les pays allemands,gagné$ parla contagion libérale^ affranchirent les Israélites. Quand l'Autriche, à son tour, — c'était en 1848, — rompit les derniers liens qui entravaient leur essor, l'allégresse régna parmi les douze tribus. Ce gâteau magnifique, longtemps grignoté du bout des dents par le bon million de Juifs qui peuplaient les États des Habsbourgs, était enfin happé tout entier ! Les bonnes gens eurent trente ans de paisibles ripailles avant que personne songeât sérieusement à troubler la fête; mais ils furent imprudents et se préparèrent un terrible réveil.

Les Juifs de France,au contraire, sous L'habile et paternel gouvernement du baron James et du baron Alphonse, usaient sans en abuser des leftres de marque que la Constituante leur avait octroyées pour faire la course en pays chrétien, n'origine portugaise pour la plupart, moins gloutons et plus affinés que les Juifs allemands, ces hardis corsaires savaient évaluer parmi les coups de Bourse, les faillites et les accapare-

menis; et, tel Gama doublant le cap des Tempêtes, la plupart d'entre eux savaient côtoyer la Cour d'assises et la Correctionnelle sans venir s'y briser.

Tout changea après la guerre de 1870. La France, vaincue et décapitée, parut une proie qu'on pouvait désormais déchirer sans vergogne. L'Autriche, trop avidement rongée, commençait à s'appauvrir; l'Allemagne lançait parfois de mauvais regards sous le bandeau qui lui couvrait encore les yeux; même aveuglée, d'ailleurs, elle flairait le Juif à l'odorat : désarmée par ses législateurs, elle ressentait, à la seule approche d'Israël, une sorte d'horreur physique qui l'avertissait du danger et l'en gardait un peu. Et puis on était trop nombreux au banquet: toutes les bonnesplaces étaient prises, et des milliers d'aventuriers faméliques allaient faire une réalité de ce fantastique proUfariai juif sur lequel s'apitoient parfois nos députés socialistes. Aussi, dès 1871, les Juifs d'Allemagne et d'Autriche se ruaient-ils par milliers à l'hallali de la France agonisante. Les politiciens leur ouvrirent nos portes à deux battants, et la grande saturnale commença.

Les pauvres Juifs portugais furent presque submergés sous cette avalanche de Prussiens et de Viennois: ainsi, — dit Drumont, — la vieille race de nos rats d'égout, gent haïssable assurément, a été, dans le cours du dernier siècle, détruite et remplacée par des bandes de rats norvégiens mille fois plus sales et plus voraces encore que les premiers...

Durant les vingt années qui suivirent la guerre franco-allemande, la nation juive parvint vraiment à l'apogée de sa puissance. Hors la Russie, l'Europe entière était en son pouvoir; l'antique rêve d'Israël était réalisé, la première ariMocratù du monde foulait aux pieds les peuples esclaves et s'enrichissait de leurs travaux.

Les descendants du vénérable Amschel restaient à la tète du peuple de Jéhovah : pairs d'Angleterre, barons du Saint-Empire ou commandeurs de la Légion d'honneur, objets du respect, presque du culte universel, ils voyaient les souverains mêmes mendier leurs faveurs. Cette famille, demeurée aussi unie qu'aux premiers jours, riche maintenant de quelque dix milliards, puissante presque à l'égal des Bourbons, des Habsbourgs ou des Bonaparte en ce temps où toute puissance procède de l'Or, formait (et forme encore) une sorte de Conseil des Dix, — TEtat Rothschild, dirait Maurras, — dont les décisions importaient au monde entier. Sous le sceptre de ces nouveaux Empereurs d'Occident, mille aventuriers de haut vol écumaient à leur fantaisie la France surtout, beaucoup aussi l'Autriche, l'Angleterre et l'Italie quelque peu. A Berlin, Bleichrœder s'était taillé un empire indépendant. Hirsch piratait à Constantinople, aidé d'aigrefins dont Edwards le père n'était pas le moins adroit. Les Sassoon avaient rançonné ilnde, les Havemeyer accaparaient

les sucres des Elats-UDÎs, Barnato allait bientôt explorer le Sud- Africain.

Quant aux Juifs français (si j'ose m'exprimer ainsi), dirai-je leurs noms, déjà légendaires comme ceux des maréchaux de Napoléon? Rappellerai-je les batailles financières où ils se sont illustrés, les procès fameux où leur réputation s'est encore accrue, — leurs Austerlitz et leurs Waterloo? Panama, chemins de fer du Sud, mines d'or, métaux. Comptoir d'Escompte, Union Générale... Je n'en finirais pas.

Si les Juifs ne s'étaient illustrés que dans la finance, leur omnipotence eût été de courte durée. Dénoncés par la presse, détestés des bourgeois qu'ils ruinaient, haïs des ouvriers qu'ils dépouillaient, une coalition formidable d'intérêts et de rancunes les eût bientôt tenus en échec. Mais les gens de Bourse, bataillon sacré de l'armée conquérante, étaient éclairés et flanqués par des corps auxiliaires très actifs. Dès les premières escarmouches financières, ils avaient apprécié l'influence déjà énorme de la presse, ils avaient pressenti sa toute-puissance à venir. L'avoir entre les mains était pour eux question de vie ou de mort ; elle leur était en effet indispensable d'abord pour lancer les grandes affaires qu'ils montaient^ pour amorcer le public; puis pour les défendre et les justifier quand une volte-face de l'inconstante Fortune les montrait soudain en fâcheuse posture ; à la

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presse aussi revenait le soin de créer lentement autour des noms de ces grands voleurs une légende de bonté, de m3.gnanimité en même temps que d* a amour éclairé des arts » (selon la formule] : un Laurent de Médicis mâtiné de saint Vincent de Paul, voilà ce que chacun de ces pirates souhaitait qu'on le crût; et seuls les journalistes sauraient leur fabriquer cette auréole, en même temps qu'ils travailleraient à les lancer dans le monde distingué^ comme ils disent. Pourtant le peuple pouvait finir par s'alarmer, la vérité pouvait se faire jour jusqu'à lui : il fallait distraire son attention, le désintéresser des affaires sérieuses; de cela aussi la presse se chargerait : elle l'amuserait en l'avilissant, par sa basse littérature et ses nouvelles scandaleuses; quand pourtant l'excès de misère le rappellerait trop brutalement à la réalité, elle l'égarerait sur de fausses pisles, détournant le flot de ses colères aveugles sur la religion et sur l'ordre social.

Les Juifs arrivèrent vite à leurs fins : en peu d'années, ils furent les maîtres de la presse européenne presque entière. Le programme qu'ils avaient arrêté fut exécuté de point en point par des plumitifs souvent inconscients. De temps à autre, — comme les généraux aiment à passer des revues pour se rendre compte de là belle tenue de leurs troupes, — Israël organisait quelque scandale à sensation où il faisait donner le ban et l'arrière-ban de ses mercenaires. Il s'agissait en général de défendre les Droits d'Homme et de Citoyen de quelque coreligionnaire : qu'un trafiquant juif-anglais se prétendît

iésé dans ses intérêts par cei tains procédés du gouvernement hellénique ; que Pie IX refusât de laisser élever dans la religion juive un jeune Israélite qu*une servante trop zélée avait baptisé en cachette; que le Parquet d'un comitat hongrois osât traduire en cour d'assises un Juif sur qui pesaient les plus graves présoniptions d'assassinat ; qu'un jeune condottiere israélite, ayant pris du service dans l'artillerie française, fût inquiété pour avoir fait de documents intéressant la défense nationale un trafic peut-être indélicat, — au coup de baguette de ce che f d'orchestre invisible dont parlait naguère le secialiste allemand Liebknecht, la presse des deux mondes entrait en danse, et bientôt, grisés, affolés, ses lecteurs se passionnaient de bonne foi pour quelque coquin dont l'affaire — fût-il même innocent — ne les regardait en aucune façon.

Si les JuiTs appréciaient à sa juste valeur cette arme meurtrière dont ils s'étaient saisis, ils savaient bien, pourtant, qu'elle ne suffisait pas à leur assurer la victoire : l'influence de la presse est incontrôlable, et le lecteur d'un journal juif, un moment trempé par d'adroits sophismes, peut — la feuille à peine repliée — rentrer dans son bon sens. Israël sentit le besoin d'enchaîner plus solidement ses dupes et de ne les plus perdre de vue sitôt qu'elles se seraient données à lui : il trouva en la Franc-Maçonnerie ce lien solide qui devait, rivé à son poignet, maintenir derrière lui le troupeau de ses complices, tant conscients qu'imbéciles. Que la Maçonnerie soit d'origine juive, beaucoup de

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gens rafDrment, d'autres le nient, aucun n'apporte à l'appui de son assertion des preuves vraiment convaincantes; mais que les Juifs en aient pris la direction exclusive depuis plus d'un demi-siècle, qu'ils en aient fait un des grands instruments de leur politique internationale, voilà ce qu'il serait bien difUcile de nier. Une bonne moitié des hauts dignitaires sont circoncis, et si les autres ne briguent pas Thonneur d'être ainsi baptisés, c'est pure lâcheté sans doute, — un bon maçon tient à sa peau. Le grand-maitre actuel s'appelle Nathan : cê nom seul^ je pense.,. Son prédécesseur, qui avait nom Lemmi, n'était pas moins bon Israélite que lui, et le restaurateur et premier grand-maitre du Rite Ecossais, vers le milieu du dernier siècle, fut l'avocat politicien Grémieux. Ab ilUs dtsce omnes.

La Maçonnerie fut toujours une association essentiellement bourgeoise; elle l'est encore, malgré les efforts du F.-. Chauvière et de quelques autres rouges. Or il fallait mater la populace. On la lançait à l'assaut des églises; mais elle pouvait, un beau jour, se lasser de ce jeu, 'chercher des victimes plus dignes de sa colère que les inoffensifs rafichons. il fallait parera ce danger; trois Juifs s'en chargèrent. Ils s'appelaient Lassalle, Karl Marx et Engels; ils inventèrent, vers 1860, le collectivisme internationaliste et \a. guerre de classes. Quelques coreligionnaires se chargèrent de propager leurs théories : le Juif Singer organisa le parti socialiste allemand, le Juil Adler rendit le même service aux Autrichiens; les Français, dupes incurables,

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n'altendirent même pas l'arrivée d'aoe ambassade juive pour « organiser chez eax le prolétariat en parti de classe ».

Et les Juifs, étemels prédicateurs de guerres civiles chez les autres, venaient de rendre leur union plus étroite encore en fondant 1* « Alliance israélite universelle »...

Les financiers israélites pouvaient travailler en paix. Les Arton et les Cornélius Herz leur achetaient des parlements, les Albert Wolf célébraient leurs vertus et leurs goûts artistiques, les Crémieux elles Nathan domestiquaient dans les Loges la bourgeoisie libre^pensêuse^ les Marx et les Lassalle prêchaient la guerre de classes aux ouvriers affamés, les Mayer et les Sigismond- Lacroix ameutaient la rue contre les curés : Israël, que nul ne surveillait plus, put enfin placer sur sa tête orgueilleuse la couronne d'empereur du monde, pendant que les Halévy et les Offenbach chantaient sur le boulevard : ^Evohé! Bacchus est roi. . . »

Celte période de domination incontestée, cet âge d'or, qui fut aussi, par excellence, 1* « âge de rOr », ne dura pas longtemps. Les Juifs voyaient enfin réalisées ces prophéties où ils avaient voulu voir de? promesses de domination terrestre. Grisés par le triomphe, il leur plut d'humilier des vaincus qui si longtemps les avaient fait trembler; peut-être aussi, doutant encore de leur toute-puissance, conçurent-ils

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le dessein d*en abuser quelque peu pour mieux se convaincre qu'elle était sans limites. Comment expliquer autrement qu'une nation si prudente jadis et si politique se soit puérilement amusée à des jeux aussi dangereux pour elle que le fut, par exemple, l'affaire Dreyfus? Ses principes de solidarité n'y suffiraient certes pas, non plus que le désir d'amoindrir une armée qui, hélas! s'était toujours si peu occupée d'eux. Quos vuU perdere Jupiter dementat, . •

Deux coups de tonnerre annoncèrent la tempête sous laquelle ils se débattent maintenant : la fondation du Reformverein antisémiteàVienne, en 1882; l'apparition de la France juive^ à Paris» en avril 1886.

L'antisémitisme faisait appel à tousceuxqui, soit dans leur conscience, soit dans leur honneur national ou privé, soit dans leur fortune, soit même dans leur bon goût ennemi A\x puffisme autant que du muflisme, avaient été blessés par Israël: c'est dire qu'il recrutait ses bataillons parmi toutes les chasses de la société, depuis Touvrier longtemps berné par les collectivistes jusqu'au gentilhomme longtemps retenu soit par l'attrait des chasses et des fêtes que lui offraient les barons de nouvelle- date, soit au contraire par rinstinclive horreur de toucher de pareilles gens, fût-ce avec sa canne ou le bout de sa bottine... Toutefois, c'est parmi les conservateurs qu'il recruta ses premiers et ses plus nombreux adhérents : ceux qui avaient le culte des traditions nationales et ne pensaient pas que l'histoire de leur pays commençât en quarante-huit ou en

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quatre-vingt-neuf ne pouvaient se laisser bien iongtempsduperparcesmotssonoresd'uégalilé»

de « droits deThomme » et d'à immortels principes » dont les Juifs jouent à tout propos; ils devaient s*indigner plus que d'autres de ces entreprises de décatholicisation ti^Q dénationalisation qu'a savamment « montées » le peuple conquérant. Les protestants et les libéraux librespenseurs, tous férus d'individualisme et rebelles à l'autorité de la tradition en religion comme en politique, sont au contraire, par principes et par vocation, les fidèles valets d'Israël.

Qu'il me soit permis de noter, à ce propos, un souvenirpersonnel :Me trouvant à Venise, en septembre 1899, — pendant le fameux procès, — il m'arrivait souvent, comme bien on pense, d'acheter etMe parcourir quelques-unes des feuillesde choux qui poussent là, hélas! aussi bien qu'en terre ferme ; je pus ainsi suivre une intéressante polémique qui mettait aux prises — à propos de l'Affaire, ai-je besoin de le dire? — un certain Adriatrico QixxïiQ Gazzetta £?» Fm^^ria quelconque. Celui-là — radical et anticlérical — reprochait violemment a celle-ci — vaguement conservatrice — la scandaleuse indifférence qu'elle affichait à l'égard de la « Grande Innocence ». La pauvre Gazzetta^ recevant ses informations de quelqu'une de ces Agences dont la cynique partialité se donnait libre cours en ce mois historique, se proclamait^r^y/k^Ks^^autantquuneautre; elle refusait pourtant de rompre de» lances en faveur du « capitaine )> : ce procès français ne devait intéresser que la France, et la feuille conservatrice ne se croyait pas le droit d'intervenir

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