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dans UQ débat où des Italiens n*avaient que faire. Et VAdriatieo de Taccabler d'injures nu nom de la Justice, de la Vérité et de la Solidarité internationale.
Si j'ai noté ce petit fait, c'est que presque tous les journaux conservateurs des divers pays de TËurope, quand ils ne se déclaraient pas contre Dreyfus, — et ils avaient raison de ne pas commettre celte indiscrétion, — gardaient du moins cette réserve de bon goût que j*admire chez la Gazzetfa ; au lieu que tous les journaux de gauche, hors la Fackel de Liebknecht et quelques feuilles irlandaises, prirent parti pour le Juif avec la même insolence que ce ridicule Adrmtieo.
La place me manque pour passer en revue ces partis antisémites qui, depuis une vingtaine d'années, se sont formés presque en tous pays. Je veux du moins saluer en passant le D' Lueger et ses amis autrichiens, dont j*ai conté les hautsfaits ici même ; les deux Zichy et Tabbé Mollnar, qui dirigent l'antisémitisme hongrois; en Allemagne, Ahlwardt et le pasteur SUicker (saluons bien bas ce protestant antisémite!); Lahovary en Roumanie; Edmond Picard en Belgique. En Russie les Juifs, grâce à Dieu, ne régnent pas, mais c'est un Juif, M. de Witle, qui administre les finances russes, et un autre Juif, M. de Cyon, sut naguère conquérir les plus hautes dignités. L'antisémitisme n'y est donc point superflu : Katkov et Aksakov, ces amis de
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la France qui, durant toute leur vie, luttèrent contre Israël, ont donc deux fois bien mérilé de la patrie. En Italie aussi Je ministre des finances est un Juif, le sieur Wollemborg; mais les llalieas, plus mortellement empoisonnés que tout autre peuple par le Ubéralùme maçonnique, ne semblent point se méfier de ce personnage, et les ouvriers de Milan ne paraissent point se souvenir que leurs frères et leurs compagnons sont tombés, il y a trois ans, sous les balles des soldats de Bavia-Beccaris parce qu*il avoit plu au jeune Juif américain Joseph Leiter de s'essayer à Taccaparement des blés (il s'y cassa d'ailleurs les reins). Les Anglo-Saxons, presque aussi dénués de scrupules que les Juifs et presque aussi bien armés qu'eux pour X^struggle for life^ ne semblent point non plus les redouter. Si des milliers d'Anglais se font tuer en Afrique, c'est pourtant pour enrichir des financiers d'Israrl et cet industriel accapareur de Birmingham, Kynoch, qui, grâce au concours intéressé des Chamberlain (1), réalise d'immenses bénéfices en approvisionnant toute l'armée d'explosifs... L'heure est proche, peut-être, où la populace londonnienne remplacera ses « No Popery! » démodés par de plus opportuns < No Jewryl » et où retentira de nouveau dans les rues des cités italiennes le vieux cri du rkor^
(1) Les deux seuU publict^tes aoglais qui (a ma codnaissance) aient montré, durant ces dernières années, quelque aversion pour les Juifs — Stead et Laboucbère — sont précisément les deux adversaires les plus acharnés de M. Chamberlain et de sa politique.
LA NATION JUIVK AU XIX" SIKCLK 821
gimmio : « Dehors les étrangers! Fuorigli stranieri! »
Les Juifsne se font point d'illusions. Ils avaient rêvé de devenir les rois d'une plèbe sans patrie et sans traditions; ils comprennent aujourd'hui qu'ils se sont trompés, que le goy était attaché à la terre et aux morts ^ suivant le mot de Barrés, par des liens dont ils ne soupçonnaient point la force. Fatalistes, ils attendent sans trop de crainte que sonne l'heure inévitable où il leur faudra rendre gorge comme aux temps de Philippe- Auguste et de Colbert. Sans or, ils ne seront plus rien; mais cet or, ils sauront le reconquérir. Confiants dans l'avenir de leur race, encouragés par cette prodigieuse épopée qu'a vécue leur nation au xix* siècle, ils se remettront aussitôt au travail, au grand œuvre de là conquête du monde...
Octave de Barral.