M. COURTELINE ET M. LE PRÉSIDENT MAGNA UD
Ainsi, chose pitoyable, la philosophie indi Tidualiste des Droits de V Homme méconnaît la natare même des individus. Yoilà la supériorité de Tabsola et de la transcendance sur la coutume et la tradition !
Qu'on aille entendre le bouffon procès de La Brige. Qu'on lise, sans trop s'impatienter de certains considérants, les arrêts que donne à la jurisprudence le tribunal de Château-Thierry. On en rapportera la condamnation expresse du légalitarisme et Ton sera mieux disposé à accepter, avec leurs conséquences, l'arbitraire du juge et l'arbitraire du pouvoir, limités et soutenus à la fois par les « mœurs ». C'est ta double leçon que donnent et M. Court eline et M. le président Magnaud.
Jacques Bain ville.
FŒTOR JUDAICUS (I)
HENHf HEINE
[Suite et fin.)
DEl'X YKUX POl'R UN CKIL, DIX DKNTS TOUH UNK DENT.
Après cet acte pourtant il eut plus d'euneoiis encore, les fidèles de Jéhovah dénonçant sa palinodie, les autres n'estimant pas que l'ablution subie Teût métamorphosé en Allemand . Mais plus que le dépit de ses frères, plus que l'horreur des goym pour son sang, l'acrimonie de son humeur et sa susceptibilité faisaient le vide autour de lui. M. Maurice Talmeyr une fois formula plaisamment cette vérité : le bon Juif d'un seul est toujours le mauvais Juif des autres. Henri Heine fut l'exécrable pour tous ceux qui le connurent. Ses parents et ses proches les plus dévoués, ses intimés et ses admirateurs les plus fervents durent tous quelque jour s'en éloigner. Il n'est pas jusqu'à ce pauvre Mosès Moser, le confident et le préteur désintéressé des heures difficiles, dont la constance à la fin n'ait été mise en déroute par ce caractère acerbe qui pour lui seul admettait le droit de parader, de railler et de se plaindre.
On le froissait d'autant plus aisément que son orgueil s'étalait plus immodéré. C'est une chose habituelle que la superbe du Juif dans la
{{) Voir V Action française du !••" janvier 1901.
prospérité ; ce qui stupéfie, c'est de le voir besogneux, dépenaillé, se lever et se draper dans ses baillons, non pas pour mendier en suppliant, mais pour se vanter à tue-téte et jeter aux passants Tordure de ses apostrophes. Tel se montrait Heine, théâtral en sa misère, trompettant l'éloge de sa valeur et donnant à d'autres mission de la prôner. Sans fausse honte il le dit : <r II me faut aviser à ce qu'on chante mes louanges et je puis le faire en bonne conscience. » Cest,en effet, une justice à lui rendre qu'il croyait fermement à son génie, se reconnaissant égal en tous les genres, poésie lyrique et dramatique, satire, philosophie, politique même et jurisprudence. Quand il passa les épreuves du doctorat en droit, l'examinateur ne lui marqua-t-il pas son ébahissement « qu'un grand poète fût aussi un grand juriste » I II rapporte le mot sans rire et souhaite bien qu'on le répète. Au besoin, quand on ne devine pas son désir, il est peu timide à le mieux exprimer; par exemple : « Fais donc insérer dans n'importe quel journal que j'ai fait mon doctorat à Gœttingue. > En vue d'agrémenter sa légende, il force la réalité, anoblit sa mère en lui prêtant pour nom celui de la province de Gueldre dont elle était originaire, et, voulant passer pour le premier homme de son siècle, retarde d'une quinzaine de jours jusqu'au 1^' janvier 1800 la date de sa naissance. D'ailleurs, il a confiance; il regarde au loin dans Tavenir et se découvre une survie radieuse en la postérité. Nouvel Homère, les villes se le disputeront; le propriétaire de sa maison natale se fera de fabuleux
revenus avec les seuls pourboires qu'y laisseront les troupeaux de misses en pèlerinage.
Peut-on bien concevoir Texaspération de cette vanité sous le coup d'un sarcasme? La névrose suraiguë (i) dont il est atteint lui vaut une extrême impressionnabiiité. Malheur à qui hasarde un trait contre lui I Certes, en y répliquant, il a regret d'immortaliser le faquin ; mais le plaisir est si grand de terrasser son homme et de lui faire expier par les tortures la témérité de ses attaques ! Vive Shylock, Tidéal amant de a Vengeance, le fanatique dont la passion ne s'assouvirait que par la mort de Fétre abhorré ! Si l'Israélite moderne était conforme à ce type sublime! Mais il a peur, se dissimule, n'ose porter la barbe à la mode nationale ; il ne sait pas observer le talion ni souffrir pour ses rancunes. Eh bien, s'il ne doit plus y avoir qu'un fils de Juda capable de soutenir l'honneur du nom, Henri Heine sera ce héros unique. L'Âmalécite peut bien recruter des mercenaires; il agira de même. Et « l'encre coulera » ; « je vous assure, promet-il, que je ne tirerai pas en l'air .» Il a le goût des termes guerriers; la médisance et la calomnie, voilà son c bruit des armes », et dans ce sens c'est à bon droit qu'il se qualifie de c brave soldat. »
Afin de n'omettre aucun de ceux qui ont voulu lui nuire, il inscrit leurs noms et consulte ses listes quand il rédige les BeisehUder. Très sérieusement il revendique le rôle de bourreau; c'est la rage concentré de cent générations qui
(1) Il moanii d'ane affection de la moelle épiniéreé
se libère. Il jouit tant de ce ministère, qa*après s;'ètre servi lui-môme, il offre aux camarades de leur être utile, ayant l'indépendance qui con- YÎent pour un tel office. De tous ceux contré lesquels il se tourna» c'est encore le comte de Platen qui fut le plus mal arrangé ; ses meurtrissures écœurèrent l'Allemagne ; elle le signifia d'un murmure qui troubla le féroce exécuteur.
Faut-il se fier à ses assertions l'univers contre lui se liguait et conspirait à le perdre. £n Angleterre comme à Paris, comme à Gênes, on guette sa venue pour l'assommer ou le poignarder. Des gens l'en avertissent, parait-il, quelquefois la police elle-même. Mais nulle part cette hostilité n'est si véhémente qu'à Hambourg : toute la Juiverie du Steinweg lui hurle roca; sur la place, en plein jour, un individu de la colonie le bàtonne d'ignoble façon; aucune sécurité pour lui dans cette ville. Si le soir, enfermé dans sa chambre, son ami Campe l'appelle de la rue, vite il souffle la lampe, croyant à l'assaut des barbares.
n est certain que ses maux de tête le tourmentaient et que la folie de la persécution n'était pas éloignée.
L'abjecte nature I soupireront de saintes veuves et plus d'un jeune homme chrétien. C'est à ces derniers que nous répondrons. Non, mystiques Pierrots/ adorateurs de la Lune humanitaire, non, ce méchant ne fut pas si vil ; car son lot c'était l'énergie, l'âpreté, qui ne sont pas,
savez-vous, qualités négligeables. La répulsion qu'il nous inspire ne nous vient pas de ce qu'il défendit sans mansuétude la tradition du Judaïsme et se dévoua jusqu'au sacri6ce au triomphe de sa nation. Bien, au contraire, n'était son parfum de gbelto, nous le fréquenterions sans doute.
Touchantdélire,mes doux messieurs, que votre modérautisme obstiné, votre partialité pieuse en faveur de notre plus perfide prochain /dans votre débordement de charité, vous craignez de trop avantager les vôtres, et rejetez les obligations envers la Patrie. Priez pour nous qui préférons à pareille vertu Timpatience virile et la prudente brutalité. Notre pays, en son âge naïf, produisit d'honnêtes et bons diables assez habiles à combiner leurs devoirs de Français et de chrétiens. Ils rendaient un splendide hommage au Créateur en prouvant très fort leur santé de corps et de jugement. Ils n'étaient pas bénévoles à l'excès, suivant l'exemple même de Jésus qui ne se commit pas avec les marchands du Temple et qui, sur le point d'expirer, n'accorda la céleste prime qu'au plus propre de ses compagnons.
Robert Launay.